A Deirt en
6. La famille de Balthasar Gérard, originaire de Vuillafans (Frânche-Comté), reçut en 1589 des lettres de noblesse de Philippe II. Le diplôme leur assigna les armes suivantes : Taillé d'argent sur gueules an lion de l'un en Tautre, lampassé de gueules, armé d'azur, tenant un foudre d'azur. Nous avons trouvé dans la famille du brasseur Frédéric Gerhardt, la seule habitant encore Frankenthal, des armoiries attribuées à la famille Gerhardt sans que nous' ayons d'autres preuves que leur possession par cette famille, de leur exactitude ni du droit de les posséder. Elles se lisent: de gueules à un cygne éployé d'or becqué et patte de sable; au timbre formé d'un heaume dont le cimier est un cygne éployé d'or, à lambrequin azur et or. La pièce du cygne se trouve dans les armoiries d'une famille Gerhard d'Allemagne. {Armoriai général de J.-B. Rietslap).
des archives du Palatinat durant les guerres de Louis XIV, Tend bien difficile d'élucider cette intéressante question. Quoi qu'il en soit, et il importe de le constater, Tobservation sur Fextranéité du type des Gerhardt nous a été faite par des personnes considérables de la ville de Frankenthal elle-même, qui avaient toujours été frappées de ce que les membres de cotte très nombreuse famille portaient un nom allemand, si visiblement en désaccord avec leur apparence physique plutôt latine*.
Le brasseur Cari Gerhardt était d'un caractère très dur, intransigeant et emporté; c'est de lui sans doute que son fils Samuel tenait son tempérament absolu, qui rendit si pénibles les premiers pas de son petit-fils dans la vie.
Toutefois, le brasseur n'était pas un homme ordinaire : son énergie avait pour base une sévère loyauté, Tamour du droit chemin et un sentiment profond de ses devoirs. Malgré la tourmente révolutionnaire et les troubles que les guerres de la Révolution et de l'Empire français déchaînaient sur l'Europe, il avait tenu à donner à ses enfants la meilleure instruction possible, et c'est grâce à lui que son fils Samuel dut de manier la plume avec autant d'aisance en allemand qu'en français ^ d'avoir un esprit très cultivé et d'être un grand amateur des sciences et des arts ; bref, de dépasser de beaucoup en connaissances le niveau de ses contemporains.
Lorsque Samuel Gerhardt quitta son père en 1802, celui-ci lui écrivit sur une page de son Album de Vamilié^ que chacun tenait à cette époque, les conseils suivants : « Mon fils^ vise lotijours la vérité^ aime toujours la loyauté et garde la vertu ^ suis le chemin de la justice et n oublie pas ton Créateur; invoque-le dans ta prière pour qu'il te donne l'énergie et les forces néces-
1. Nous avons fait des recherches sur d'autres familles Gerhardt appartenant depuis longtemps à la ville de Strasbourg, notamment sur celle de M. G.-A. Gerhardt, prix de Rome, architecte du Collège de France à Paris. Elles ont abouU à reconnaître que ces familles dérivent d'une souche unique habitant au xvi« siècle le village de Graffensladen, où existent encore des descendants du nom. Elles n*ont aucune relation de parenté avec les ancêtres de Gerhardt, originaires de ^Frankenthal. Le seul point commun, c'est que les familles du même nom habitent la vallée du Rhin et les vallées aboutissantes; c'est ainsi que nous en trouvons non seulement en Alsace et dans le Palatinat, mais aussi à Francfort-sur- le-Meio, Mayence et Cologne.
2. Samuel Gerhardt, malgré son origine allemande, se servait toujours du français dans son intérieur : la correspondance, que nous possédons, avec son fils Charles Gerhardt, est exclusivement en cette langue.
ORIGINES DE SA FAlfILLE 9
saires pour suivre le chemin de la vertu. Enfin, n'oublie pas tes devoirs envers tes parents, auxquels in dois le Jour, et que la bénédiction divine t'accompagne : c'est le vœu de ton père dévoué, Berne, le 19 avril 1809. »
M"** Samuel Gerhardt, qui joignait à sa beauté et à ses dJ^ia^ne qualités du cœur une vive intelligence, à laquelle tous les matemeiio. siens rendaient hommage, était la digne fille d'un homme qui avait joué un certain rôle pendant la Révolution dans les affaires de la ville de Strasboui^.
S'il est vrai que les qualités éminentes d'un ancêtre peuvent concourir dans une certaine mesure à expliquer le développement de certaines facultés dans Tun de ses descendants, il n'est pas sans intérêt pour l'histoire de ce dernier de présenter avec ses traits saillants la physionomie de cet ancêtre. Or, Samuel Regnard Weber, grand-père maternel de Charles Gerhardt, était doué d'un tempérament de penseur et d'homme d'action qui se retrouve dans son petit-fils à un degré suprême, qui s'est développé sur un tout autre théâtre, il est vrai, mais dont on ne peut dénier la parenté.
S. Regnard Weber, fils de Jean-Geoffroy Weber*, architecte de la ville, était docteur en droit de l'Université de Goettingen, licencié en droit de celle de Strasbourg. Passionnément épris de toutes les grandes questions politiques, sociales et religieuses qui agitaient les hommes instruits de son tômps, il s'était de bonne heure lancé dans les affaires de la ville, où il se faisait remarquer par ses connaissances juridiques aussi bien que par sa culture des mathématiques, qui était sa science de prédilection. Dès 1789, sous Tancien régime, il fait partie du collège des échevins, et, à ce titre, il est administrateur de l'église Saint-Picrre-le- Vieux*; au corps municipal, comme conseiller permanent de la bourgeoisie, sous la présidence du baron de Dietrich, commissaire du roi, il fait partie de la chambre des finances', dont il est le rapporteur dans le dernier état des finances de la ville fait sous
1. S. Regnard Weber (1747-1829). — Jean-Geoffroy Weber (1711-1795). — Voir en appendice la généalogie de la Tamille maternelle de Gerhardt.