‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 89 sur 274 · LIEBIG ET GERHARDT · texte numérisé non relu

LIEBIG ET GERHARDT

Menaces de Liebig. — Pamphlet de Liebig contre Gerhardt et Laurent. — Réponse des deux amis, du 23 janvier 1846. — Lettre de Liebig à Laurent, du 11 février 1846. — Conseils de Laurent à Gerhardt. — Rédaction d'une note commune à l'Académie. — Opinion des chimistes sur Laurent et Gerhardt. — Revendications de Gerhardt à Tégard de Dumas. — Article de Pelouze sur Gerhardt, dans le journal V Époque, du l*»" avril 1846. — Injustice des attaques de Berzélius.

— Assertions de MM. Favre et Silbermann. — Gerhardt perd sa mère, 20 avril 1846. — Les homologues de Gerhardt. — Suite de la. lutte contre Liebig. — Laurent et Dumas. — Gerhardt et Vlndépemiant de Montpellier. — Appréciation de Laurent par Gerhardt. — Gerhardt se rend à Paris par Châtilîon-sur- Seine. — Démarches pour obtenir un congé. — Gerhardt fait venir sa famille à Paris, août 1846. Refus du congé. — Profonde déception. — Gerhardt propose à Laurent de venir à Montpellier. — Laurent ne peut accepter. — Liebig jugé par un savant allemand. — Liebig et Berzélius. — Gmelin adopte la classiûcation de Gerhardt. — Mort de Samuel Gerhardt, mars 1847. — Accalmie dans la lutte avec Liebig. —Laurent, mis en demeure do retourner à Bordeaux, refuse.

— Nouvelle lutte entre Laurent et Dumas. — Les doclrines de Gerhardt sont adoptées au Canada.

Lorsque Gorhardt était rentré, au mois d'août 1843, à Mont- Menaces

,,. . 11.*^® Liebig.

pellier, après sa première entrevue avec Laurent, les deux amis, avons-nous dit, s'étaient entendus pour reprendre h fond la question si controversée des mellonures, qui restait la pierre d'achoppement de leurs doctrines vis-à-vis des défenseurs de la théorie des radicaux et surtout de leur chef Liebig.

Gerhardt s'était vu arrêté, par une forte grippe, vers la fin de septembre, et ne s'était remis complètement qu'après un séjour d'une quinzaine avec sa famille, au château de Lonac, où M"" veuve Mares exerçait une large et cordiale hospitalité.

A cette époque, il reçut de son ami Emile Kopp*, de Stras-

1. Kopp (Emile), né le 3 mars 1817, à Wasselonne, professeur de sciences, en 1839, à lÉcole des instituteurs de Strasbourg, agrégé, en 184 S, à la Faculté des

il8 LA VIE DE CHARLES GERHARDT

bourg, Tavis qu'une foimonialion très vive agilail le laboi-aloire (le Giessen*, qu'on y traitait tous les chimistes français de voleurs, de plagiaires, de brouillons, et que Liebig réservait à (îerhardt un petit savon de sa façon, dans sa prochaine publication.

Ot avertissement ne fit qu'exciter davantage au travail les deux amis, et nous avons vu que Laurent se hâta de lire à l'Institut, le 22 septembre, les n'^sultats d'analyses qui confirmaient leurs vues.

Cette communication eut le don d'exaspérer leur adversaii'e au delà de ce qu'il est possible d'imaginer, et au moment, en décembre, où Gerhardt recevait du Conseil académique de Montpellier une récompense disciplinaire pour avoir trop chaudement pris le parti de ses collègues dans une affaire administrative, la tempête éclata dans toute sa fureur, sous forme d'une brochure intitulée : M. Gerhardt et la chimie organique, lancée par Liebig dans le monde savant.

La Revue scientifique de Quesneville s'empressa d'en donner une traduction dans son numéro de décembre et de lui donner la plus large publicité possible ^

On ne peut s'empêcher d'un sentiment de tristesse quand on de Liebig voit \u\ homuie de la valeur de Liebiff s'abaisser jusqu'à manier

contre Gerhardt |,. . i, .

et uurent. l injurc personnelle avec autant d âpreté qu un manœuvre sans éducation; mais cette tristesse se change en indignation loi'sque, descendant des hauteurs sereines où devraient toujours rester les discussions de la science et de la vérité, on le voit se servir des armes de la calomnie et de la haine pour accabler des adversaires qui ne s'étaient jamais départis envers lui de la plus parfaite courtoisie, et dont l'un d'eux n'avait jamais cessé de lui témoigner l'affection de l'élève au maître.

Quelques extraits de cette brochure sont nécessaires pour

sciences; nommé professeur de toxicologie et de physique à l'École de pharmacie de celte ville, eu 18il, puis remplaçant de Persoz en 1848. Nommé député à rA^semblée nationale; condamné pour participation à Tinsurrection du 13 juin 18 19, il s'enfuit en Suisse, où il professa à Lausanne et à l'École polytechnique de Zurich, où il mourut en novembre 1815.

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