‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 90 sur 274 · PAMPHLET DE LIEBIG · texte numérisé non relu

PAMPHLET DE LIEBIG

montrer à quel degré d acuité la lutte était parvenue, Teffet qu'elle devait produire sur les esprits prévenus contre les deux amis, et la position véritablement pénible dans laquelle ils restèrent jusqu'à ce que par leurs travaux ils eussent mis h néant les accusations que trop d'adversaires étaient disposés èi considérer comme fondées :

Depuis Tannée dernière, dit Liebig, deux chimistes français se sont associés ensemble pour exercer une nouvelle espèce de judicature. La part de mérite que leur faisait le public n'était pas assez grande... Un journal estimé, celui de pharmacie, leur ayant ouvert dernièrement une large porte, le moment me paraît arrivé d'établir, par une série de faits parlants, et la valeur des hommes qui se sont placés sur le nouveau trône et celle des vues qu'ils veulent introduire dans la science.

Liebig cite alors un certain nombre d'expériences de Gerhardt sur la brucine, l'indigo, dont il conteste l'exactitude, et lui reproche de dénaturer celles des autres chimistes.

De là Liebig part pour traiter Gerhardt de menteur éhonté.

Puis il attaque les procédés d'analyse sur la quinoléine, le mellon, etc., et conclut : L'ami dont j'ai paillé soutient^ d'après cela, que^ sciemment et contrairement à mes propres paroles^ M. Gerhardt cherche à induire les chimistes en erreur eu égard à mes assertions.

Au sujet du Précis de chimie organique, il dit : Si Ion élague de ce livre les belles pensées que M. Persoz a développées il y a quelques années dans son ouvrage, ce qui reste comme appartenant en propre à fauteur est un monument de déceptions et d^ arbitraire tel qu'on n'en a jamais vu en littérature.

Comme conclusion à seize pages sur le même ton, où Laurent, tourmenté par le besoin incessant de domination et d*envie, est, de son côté, traité de héros de théâtre couvert de clinquant, qui ne crée que dans le but unique de rapetisser les autres, Gerhardt est assimilé à un voleur de grand chemin *.

Tel était l'étrange discours, tissu de grossières injures lancées aux deux jeunes savants, et sous lesquelles ils bondirent d'indignation. Sans doute ils auraient pu se souvenir que de pareils procédés sont monnaie courante en Allemagne

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