‹ Charles Gerhardt; sa vieChapitre 92 sur 274 · Cette lettre est perdue · texte numérisé non relu

Cette lettre est perdue

2. Rechercties sur les combinaisons melloniques, par MM. A. Laurent et Gti. Gerhardt. Comptes rendus de l'Académie, 1846, 16 mars, p. 4o3.

3. Cette lettre, remise par Laurent à Gerhardt, figure dans la collection des lettres de Liebig, possédée par Gerhardt.

4. Dans le pamphlet de Liebig contre Gerhardt, l'accusation d*avoir voulu brouiller Chevreul avec Liebig était des plus graves, car elle mettait devant le public Gerhardt dans une position des plus fâcheuses : grâce à Laurent, le coup fut paré.

€ Que serait devenu M. Gerhardt. dit ce dernier dans sa réponse [Revue de Quesneville, t. VIII, 2° série, p. 300 et suivantes), si ma présence à Paris ne m* avait permis de prendre des renseignements suffisants pour confondre son accusateur? Oui, je le reconnais avec douleur, le libelle de M. Liebig a été accueilli

LUTTE CONTRE IJEBIT. 131

Laurent à Gerhardl, opinion

des ohimistcs ,^ . « . . . ^ ^ sur Laurent

Pans, 3 avni 1846. etOerhardt.

Je nai pas pu lire lundi dernier la note sur Téther nitreux... Je vous dirai que je ne puis à peine travailler dans le laboratoire du Collège de France. Je n'ai ni alcool, ni éther, etc. J'ai pris hier deux litres d alcool sur le compte de la Faculté de Montpellier chez Rousseau. Si vous voulez que je continue l'étude sur le mellon, il faut que vous m'autorisiez à prendre pour 20 ou 30 francs de marchandises chez Rousseau...

On m'engage à aller faire une douzaine de leçons à l'École pratique de médecine pour exposer mes idées. Je ne sais si je dois le faire, je laperais furieusement sur la chimie ordinaire...

Je crains de vous engager à venir à Paris, mais je le désire de tout mon cœur. En tout cas, il faut que la chose soit secrète jusqu'à ce que vous ayez obtenu un congé. J'aurais beaucoup de confiance dans notre réunion, et si j'étais assuré de pouvoir vivre pendant deux ou trois ans, et d'avoir des frais de laboratoire, je serais très content.

Soyez bien persuadé de ceci : il n'y a pas beaucoup de personnes qui vous veulent du bien ici (il n'y a pas grand mal à cela pour le moment).

On ne sait trop si nos idées sont bonnes ou mauvaises ; à cause de cela, on nous ménage un peu. Mais on voudrait que le tout ne fût que de la blague.

Dumas est un homme habile et rusé ; il ne vous appuiera jamais que s'il y va de son intérêt. J'ai appris un trait de lui envers Chancel qui peint l'homme tout entier — avis : ne vous fiez pas à lui — et conduisez-vous envers lui de manière à ce qu'il croie que vous ne désirez rien de lui. Laissez la critique de côté, c'est-à-dire la partie qui peut s'adresser à l'homme, mais ne bronchez pas sur l'appréciation du mémoire. On vous reproche de traiter beaucoup de chimistes par-dessous la jambe. Quand même vous ne faites que rendre ce que Ton vous a donné, laissez donc cette manière de côté.

avec faveur par plusieurs personnes ^ et même plusieurs amis de Af. Uer hardi m'ont dit : Il est permis à tout le inonde de commettre des erreurs^ mais M, Gerhardt n'est pas pardonnable d'avoir ainsi brouillé M. Chevreul avec Af. Liebig. Oui, sans les précieuses découvertes que j'ai faites, M. Gerhard t était un homme perdu, son avenir ruiné, et tout cela pour avoir fait une critique purement scientifique du travail sur le mellon! Je reste stupéfait devant de pareilles calomnies!.., »

Du reste, pas de faiblesse, car ce ne sont pas des conseils de modération que je vous donne, mais de politique.

En regard de sentiments peu bienveillants que Laurent signalait ainsi, de la part des chimistes de Paris, il est consolant de trouver quelques rares amis qui les encourageaient de leurs suffrages, mais leur influence était faible :

Si je ne vous ai pas écrit, dit Malaguti *, je n'ai pas moins pensé à vous, à vos travaux, à votre gloire, et j'ajouterai à vos chagrins. Cette lutte acharnée contre Liebig doit certainement beaucoup vous chagriner, quoiqu'elle soit pour vous et pour Laurent 'une source très riche de considération et de renommée. Ce qui me réjouit dans tout ceci, c'est l'avantage incontestable que la science en tirera. De quelque côté que soit la raison, toujours est-il que la vérité sera mise au grand jour, et, sous ce rapport, la chimie y gagnera incontestablement.

Revendication

de Gerhardt

à l'égard

(le Dumas.

Gerhardt à Laurent,

Montpellier, 9 avril 1846.

Prenez chez Rousseau tout ce que vous voudrez pour le compte de

la Faculté Ne faites pas imprimer la note que je vous ai envoyée.

11 vaut infiniment mieux attendre que je sois à Paris, pour que nous

nous entendions de vive voix Nous verrons, en attendant, ce que

Liebig va faire. Hofmann insinue que c'est lui qui avait eu l'idée des anilides (l'annonce de son urée anilique), et que je Tavais exploitée ensuite. Si vous avez par hasard mes lettres de la fin de 1844 ou du commencement de 1845, voyez donc si je ne vous ai pas communiqué Toxanilide avant de connaître son urée anilique : je sais du moins que je la ruminais déjà, bien avant de connaître le travail de Hofmann sur les chlores et les bromures d'aniline.

Faites toujours les leçons à l'Ecole pratique, cela ne peut pas faire de mal — et tapez

Il a paru sur nous un long article dans V Epoque^. Cet article est évidemment fait ou dicté par Pelouze. En somme, il nous est favorable. Mais on me' donne quelques tapes, à propos de Berzélius et d autres chimistes que j'aurais attaqués avec violence, et on dit que

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