LES HOMOLOGLES DE GERHARDT
que j'ai reçue, celle de la mort de ma mère*. Elle avait été souffrante depuis longtemps et nous prévoyions ce dénouement, mais cela fait toujours bien de la peine.
Cet événement, sans changer mes projets d'émigration, pourrait cependant les faire ajourner, voici pourquoi : mon père est très souffrant, il a des rhumatismes dans les jambes qui rempéchent de marcher. Je lui ai proposé de venir dans le Midi : le beau soleil le rétablirait ; il a encore sur le dos une fabrique dont il a besoin de se débarrasser d'abord. Je ne sais pas ce qu'il va faire, et s'il est disposé à accepter ma proposition. J'aurai sa réponse dans quelques jours, et je saurai alors ce qu'il y a à faire ; s'il me fallait aller en Alsace pour quelque temps, je passerais dans tous les cas par Paris.
Que dit Dumas de ma réclamation ? Et ne trouve-t-on pas à Paris que j'ai tort de l'avoir faite ?
Votre article sur Liebig m'a valu des applaudissements. J'ai fait une leçon là-dessus pour l'ouverture du deuxième semestre.
Laurent A GerhardL
Paris, 7 mai 1846.
Je partage vivement la douleur que vous fait éprouver la perte de votre mère. Que sont les tribulations que nous éprouvons dans notre métier auprès de ces malheurs ! Mais ils sont inévitables et il faut se résigner.
Je n'ai toujours rien. Je vais me décider à aller trouver le ministre. Pouillet me fait espérer que je pourrai obtenir quelque chose pour faire les analyses du fameux programme de Payen pour les chevaux. Je me promets bien de ne pas en faire une seule.
Vous ne sauriez croire combien je désire pouvoir travailler avec vous. Je suis très mal ici. Je n'ai rien pour faire une expérience ; je manque de tout.
Persoz est très mécontent que j'aie pris votre défense. Il me dit que tout le monde me blâme, que cette affaire ne me regardait pas, que Liebig ne m'avait pas attaqué, etc. Je crois tout bonnement qu'il y a plus d'une personne qui est vexée de voir que j'aie pu trouver des arguments pour répondre à Liebig... En avant! et ne bronchons pas. Si j'obtiens une indemnité, un laboratoire, il faudra que vous veniez ici. Rappelez-vous ceci : personne n'est pour nous ; tout ce que nous pouvons dire, c'est que Pelouze n'est pas contre nous. Quant au reste, les Dumas, Balard, Thenard, Regnault, Chevreul, ils désirent nous