‹ Charles Gounod, sa vie et ses œuvresChapitre 6 sur 22 · LE MÉDECIN MALGRÉ LUI · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN MALGRÉ LUI

Bès le début de sa carrière dramatique, Go s'appliqua à mettre en musique des pièce Molière. Bans son numéro du 18 janvier 18J Gasette musicale annonçait qu'une non version du Bourgeois gentilhomme, ave Cérémonie et les Divertissements, avait donnée au Théâtre Français. Gounod avait chargé d'accommoder la musique de Lull; g-oût du public contemporain ; mais, non coi

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de faire des retouches, l'auteur de Sapho avait "otnposé des airs nouveaux, notamment l'air de anse des garçons tailleurs, qu'il avait substitué la mélodie primitive. Le public, les connais- Burs mSme, avaient applaudi cette composition riginale. Ils croyaient applaudir Lully, et c'est Gouuod quïls faisaient honneur.

Outre le Bourgeois gentilhomme, Gounod a lis en musique deux comédies de Molière, Le Médecin malgré lui et Georges Dandin. Cette econde partition n'a pas encore vu le jour.

Sans parler de l'immortel Don Juan de Moart, le théâtre de Molière avait déjà inspiré uelques musiciens. Enn92, Désaugiers, le père :vL célèbre chansonnier, fit représenter, au Théâre Feydeau, le Médecin malgré lui, qu'il avait dis en musique sur un livret adapté par son fils, ['après Molière. Dans un entr'acte, on intercala e Ça ira, hors-d' œuvre révolutionnaire qui ne appelait en rien le style de Lully. Mais le Ça ra était au goût du jour. On le mettait à toutes auces.

Pourceaugnac a été musique, pour nous ser- 'ir de l'expression ancienne, par Mengozzi, et lussi par Jadin.

Les Précieuses ridicules ont été transformées !n opéra-comique par Devienne.

Tels sont les principaux essais de ce genre [ui ont paru avant le Médecin malgré lui de ïounod. La première représentation eut lieu le

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15 janvier 1S58, jour de l'anniversaire de la n: sance de Molière, au Théâtre Lyrique.

Quand on vit Molière affiché en plein bon vard du Temple, avec l'annonce d'une tradi tion en musique, c« fut un événement ! Moli en musique ! Quelle audace ! Four une parei entreprise, disait-on, il faut plus qu'un music inspiré, il faut un artiste chez qui le bon goût tact, le sentiment littéraire parlent aussi i quelesensmusical.Mettre l'orchestre au aerv de la littérature; emboîter le pas avec Molii sans lui marcher sur les pieds, voilà, disait encore, une rude tâche, pleine de périls, et se demandait si Gounod était capable de l'i complir.

Doute injuste, car la partition du Méde^ malgré lui est une œuvre remarquable. Elle d( la critique. Aussi, tout en faisant uae anal; rapide de la partition, nous abstiendrons-nous reproduire, par extraits,les feuilletons parus ap la première représentation. A quoi bon réédi quelques articles inspirés par la malveillance, milieu du concert d'éloges dont fut accueilli !'( vrage. Le blâme a glissé, et sans pouvoir l'i teindre,sur ce petit chef-d'œuvre musical, qui la meilleure partition de Gounod au point de ^ de l'homogénéité. C'est an ensemble aussi pi fait, aussi bien coordonné que possible. Tous détails sont rendus avec le soin le plus minutiei avec toute l'élégance, toute la finesse, tout charme que comporte le sujet. L'œuvre enti

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est empreinte d'un caractère de douce galté. La verve comique est suffisante et dig^ne du maître. L'auteur se garde bien de descendre jusqu'à l'opérette, et la partition se maintient , sans aucune défaillance, dans les hautes régions de l'art. Gonnod a su habiller la pièce de Molière, et, quoiqu'on ait pu dire, il a mis dans son opéra autant d'esprit que de bonne humeur. Les parties d'orchestre forment un travail symphonique dea plus intéressants. C'est l'orchestre de Mozart. Pas de trombones, pas de bruit. Les timbales, dans toute la partition, ne se font entendre qu'une fois ou deux. De temps en temps, le basson, avec sa sonorité goguenarde , vient rappeler l'instrument à piston, si cher à M. Purgon ; et la petite flûte laisse couler de légères traînées de notes, pour imiter certaines incontinences , auxquelles la comédie de Molière aime à faire allusion.

Le tout est traité avec tact, sans trivialité et sans excès. Ce n'est qu'une adaptation,qu'un pastiche, une imitation, a-t-on dit ! Mais ce pastiche , où Gounod a mis son cachet d'originalité, oii il a fait preuve de tant de goût et de tant de science, est charmant d'un bout à l'autre. Ke fait pas un pastiche qui veut,et surtout un pastiche aussi réussi. Le style de Lully est-il reproduit dans Le Médecin malgré lui ? Soit ! Gounod cependant ne s'est pas montré, dans cet ouvrage , un compositeur servile ; il est resté indépendant. C'est que l'auteur n'était pas un débutant. Le Médecin malgré lui a été composé, sinon représenté, après lapar-

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tition de Faust. Gounod avait déjà, en portefeuille, ses lettres de noblesse (1).

— Toat est Joli, piquant, frais, facile, dans cet opéra-comique, a dit Berlioz; il n'y a rien de trop, il n'y manque rien. —Le feuilleton de la Revue des Deux-Mondes, toujours malveillant contre l'auteur de Sapko, avait passé des mains de filaze de Bury aux mains par trop fantaisistes de Scudo, et le Médecin malgré lui n'avait pas plu à Scudo : — Nous sommes forcé de dire, écrivait-il, que M. Gounod n'est pas encore complètement sorti de la pénombre qui voile, depuis dix ans, sa jeune renommée. Scudo qui, ce nous semble, devait son autorité de critique à la Revue dans laquelle il écrivait, était bien difficile I

Le Médecin malgré lui, nous le répétons, est une œuvre des plue remarquables. Elle marque une étape dans la carrière du musicien. Combien il est regrettable que l'ouvrage ne soit pas rétabli au répertoire de l'Opéra-Comique ! Au mois de septembre 1866, il fut repris au Théâtre-Lyrique de la place du Châtelet. Ismaël remplissait le rôle de Sgaaarelle que MeiUet avait créé au Boulevard du Temple. L'opéra reparut plus tard, et pour un instant, à la salle Favart. On ne le donne plus à rOpéra-Comique ; on invoque l'argument sans réplique : le Médecin malgré lui ne fiiit pas

(1) La partition du Miieein maigri Ivi fut composée en cinq mois. Noua verrons, à un autre chapitre, dans quelles circonstances elle fut écrite et exécutée.

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d'argent I C'est malheureusement vrai, et cette indifférence n'eat pas à l'éloge du public, qui, trop souvent, préfère aux choses fines et délicates les œuvres bruyantes et les sonorités confuses. 11 faut croire que la partition de Gounod n'est pas faite pour la foule, et qu'elle s'adresse aux musiciens d'élite. Nous avons assisté aux représentations du Médecin malgré lui, lors de la reprise à la salle Favart, et, chaque fois, la salle était peu remplie ; mais, aux fauteuils d'orchestre, on voyait tous nos maîtres. Les sommités de l'art musical venaient entendre l'œuvre de Gounod, et y prenaient autant d'intérêt que de plaisir. Cette assistance plus brillante que nombreuse témoignait, sans réserve, âon estime et son admiration (1).

Les acteurd de la création étaient : MM. Lesage (Géronte) ; Froment (Léandre) ; Meillet (Sganarelle);Leroy(M. Robert), Wartel fValÔxe), et Girardot (Lucas). M"" Cayé (Lucinde) ; Faivre (Martine); Girard (la nourrice Jacqueline).

Le livret est arrangé en opéra-comique par MM. Jules Barbier et Michel Carré. Les morceaux de musique s'accordent bien avec le texte de Molière.

L'ouvrage est précédé d'une véritable ouverture. Là, le compositeur pose qualité. Le chant large qui conmience, et qui sert de péroraison, à

(1) SouB ce titre : le Docteur Itock, la pièce obtint au s'iî auccèa k Londres.

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quelque chose d'historique et rappelle les y' Ions du Roi. Le milieu de ce j)rologue insti mental est varié par un morceau d'un style pi moderne, où les douleurs de la colique semble exprimées. On dirait que M. Purgon est dans coulisse, et qu'il attend, armé de pied en cap, mise en action.

Au premier acte : duo de Sganarelle et Martine {Non, Je te dis que je n'en veux ri faire.) Le livret, on le voit, débute comme prose de Molière. C'est le duo des coups de hâte Sganarelle considère le bâton comme le vi moyen d'apaiser les femmes.

Martine prend sa revanche ; Une femme a to jours dans les mains de quoi se venger rf'i mari, dit-elle. Cette scène de Molière est tradui en couplets charmants. La musique, avec £ petits dessins d'accompagnement, est des pi spirituelles.

Viennent ensuite les couplets de Sganarelli

Qu'ils sont doux.

Bouteille jolie !

Qu'ils sont doux

Vos petits gloux-gloux..., etc.

empruntés au texte de Molière. Les lihrettist y ont ajouté quelques vers.

Ces couplets, à l'origine, se chantaient sur i air de Lully. On le croit du moins. Cet air f bientôt remplacé par une autre mélodie, qui e Tenue jusqu'à nou«, par tradition. Les intorprèt

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successifs du rôle de Sganarelle nous l'ont conservée, dit M. Tiersot (Ménestrel du 35 décembre 1887). Elle sert de thème à un Noël provençal resté populaire.

Quant à l'air des Gloux-Gloux composé par Gounod, il est bien coanu. Cette petite symphonie bachique, avec ses jolis détails, est des plus piquante. L'orchestration en est variée. Les instruments viennent, à tour de rôle, accompagner les Gloux-Gloux, et indiquent spirituellement combien le vide de la bouteille cause de regrets à S^anarelle. Ce tableau de musique imitative est très réussi. Lully n'y est pour rien, et ces délicieux couplets ne figurent pas là, comme simple hors-d' œuvre. Ils sont bien dans la note de l'ouvrage.

Toute la scène, où les coups de bâton persuadent à Sganarelle qu'il est un grand médecin, est traitée en musique. C'est le trio : Motisieur, n'esï-ee pas uows? Cette scène peut par^tre un peu longue, dans la partition, mais que de jolies choses elle renferme I

Le premier acte se termine par un choeur de Bûcherons ; Nous faisons tous ceque nous savons faire. Le motif, d'abord exposé à l'unisson, sert ensuite de contre-chant à un second choeur ctianté par des paysannes. Ce morceau d'ensemble est d'un style large et bien accentué. On l'exécute quelquefois dans les grands concerts. C'est le seul morceau de toute la partition qui n'ait pas plu à Berlioz.

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Un court prologue symphonique précède second acte qui s'ouvre par la sérénade c Léandre :

Est- on a&gti Dans la bal âge.

Léandre est armé d'une mandoline, ma l'orchestre grince pour lui. Couplets charmant (Il nous faut bien toujours employer ce mi pour qualifier toutes les parties de l'ouvrage La sérénade est accompagnée d'une basse e pizzicato, et le basson vient faire discrètemeut v solo du plus piquant effet.

La harangue de Jacqueline à Géronte : E mariage, comme ailleurs, contentement pasi richesse, est traduite en musique. Ce sont It couplets de la nourrice, si bien di^goisés Jad par M"* Girard (D'un bout du monde à Vauti bout,..).

Comment a-t-on pu reprocher à Gounod d n'avoir pas mis assez de gaîté ou de comique dar son œuvre musicale ï Les couplets de la nourrie sont pleins de verve ; l'harmonie de la ritournell est des plus singulières. LuUy n'y est encore poi rien, et cependant le personnage de Molière ei rendu, dans cette chanson, avec une vérité par faite. Gounod s'est imprégné, en le modernisan du style qui convenait à la comédie. Là, il ei autant lettré que peintre et musicien.

Suit le grand sextuor de la consultation médi cale. — Morcéan capital, dit Berlioz, conçi ordonné et exécuté de main de maître.— Puis 1

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divertissement aTCC chœur (ténors et basses) Sans nous , tous les hommes deviendraient malsains, chantent, en ronde, les médecins revêtus de la longue robe et du bonnet traditionnel. L'accent comique est parfait.

L'acte se termine par le délicieux fabliau de Léandre :

Je portais dans une CEige

Un oiseau que j'avais pris. . . ■

La mélodie se développe longuement ; mais quoi de plus frais et de plus agréable! Dans cette petite pastorale, le hautbois se marie de la façon la plus heureuse avec la voix du ténor. La poésie est empruntée au rôle du Satyre dans le second acte de la Princesse d*Elide.

Un morceau d'orchestre vif et alerte précède le troisième et dernier acte. Vive la Médecine! chante Sganarelle. Voilà encore une mélodie remplie de gaîté. Des paysans viennent consulter le médecin : Sarviteur, monsieur le Docteur! Les phrases musicales de ce chœur sont bien en situation. On remarque l'effet mélodique, sur ces paroles : Faudra qu'elle gtiarisse, ou qu'elle dise pourquoi.

Le duo entre Sganarelle et Jacqueline :

Ah ! que j'en sais belle nourrice Et qui ne sont pas loin de vous. . .

; encore un morceau piquant par sa verve, par

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Bes modulations, par son accompagnementd' chestre. Ici le compositeur trouve grâce dev le rébarbatif critique de la Revue des Det Mondes : — Le musicien, écrit Scudo, en pr tant de la situation traitée par le poète, a s\. titué son inspiration à l'esprit du texte ongi: et le fait oublier.

La scène de Molière où Lucinde retrouve parole est traitée en quintette : Rien n'est pable, mon père.., et l'opéra finit gaîment le final du premier acte, c'est-à-dire pai chœur des Bûcherons.

Nous avons dit qu'on avait choisi, pour la \ mière représentation, le jour de l'anniversain la naissance de Molière. On avait réservé, p la fin de la pièce, le couronnement du buste l'auteur de Tartufe. Madame C'arvalho, eostm en Muse, entourée de tout le personnel du Th tre-Lyrique, après avoir chanté une cantate ;

gnlut Uoliërel grand génie!

La Muse est sœur de l'harmonie..., etc.

plaga solennellement, pendant la reprise chœur, une couronne eur le buste de Moli^ Gounod avait fait cette cantate, qui, disaitrappelait le final du premier acte de Sapho.

compositeur fut rappelé sur la scène, et parta l'ovation faite à Molière.

En critiquant la partition, quelques lundii trouvèrent que l'œuvre était plus symphoni

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que vocale, et ils traitèrent l'auteur d'Allemand. Tout change ! Après la première représentation du Tribut de Zamora, en 1881, nous verrons Gounod qualifié d'auteur Italien.

PHILÊMON ET BAUCIS

Nous n'observerons pas, pour les œuvres traitées dans ce chapitre, l'ordre chronologique. Nous j réunissons, en un ensemble, les opéras dont les livrets ont été empruntés à Molière et h La Fontaine.

Phîlémon et Baucis n'a été représenté qu'après Faust, au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple. Plus heureux que le Médecin malgré lui, cet opéra est resté au répertoire. C'est une œuvre oiî la mélodie abonde, œuvre délicate et charmante, mais qui, à notre sens, n'égale pas en valeur musicale l'ouvrage que nous venons d'analyser.

Quelques mois après la première représentation de Faust, on annonçait que Gounod mettait la dernière main à un nouvel opéra, et, au mois de décembre 1859, Philêmon était en pleines répétitions.

La partition promise tout d'abord à Bénazet, avait, sur la demande de M. Carvalho, passé du

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Théâtre de- Bade au Théâtre-Lyrique, Gounod, ft titre de compensation, s'eng-a^ea à écrire pour la petite scène de Bade, un autre ouvrage, qui fut la Colombe. Béuazet ne g:agnait pas à l'échange.

Pour le Théâtre-Lyrique, les auteurs remanièrent le livret. L'appétit vient en mangeant. Une fois à l'œuvre, ils se décidèrent à intercaler un acte entre les deux actes du texte primitif. Ce tableau comprenait le ballet et l'épisode de la colère des Dieux.

Philémon et Baucis fut donc représenté en trois actes, le 18 février 1860, à Paris.

— Libretto ennuyeux, dit Scudo, libretto qui ne pouvait offi-ir qu'un thème très court et sans grande variété. — Le critique de la Revue des Deux-Mondes ne veut pas qu'on touche au sujet si délicatement traité par La Fontaine, et il s'en prend d'abord aux auteurs de la pièce :

f Cette scène de vaudeville, où Jupiter, te maître dea déeaseB, joue le rôle d'un sot éconduit par une petite fille, est de la pare invention de HM. Barbier et Carré, q^ui, depuis dix ans qu'ils écrivent pour le thé&tre, n'ont pu encore faire one pièce viable (1), qui dépasse les proportions des Noces de Jeannette. St voilà les poètes qui devaient faire vite oublier ce bourgeois de Scribe, qui a fait cent pièces, comiqaes ou sérieuses, les unes plus unusantes qne les autres! >

Berlioz n'est pas de cet avis. 11 pense que depuis longtemps /"Atïémon et Baucis aurait dû être mis

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en scène, et il loue MM. Barbier et Carré d'avoir écrit un petit drame sur la touchante fable de La Fontaine :

( Beaucoup de gens les en remercieront, écrit-Il- On a dû pourtant leur dire bien des fois: il n'y a pas de pièce là dedans! C'est le grand mot 1 Partout où le spectateur ne se demande pas avec anxiété : Se marieront-ils ? Ne se marieront-ils pas? Mourra-t-il? Ite mourra-t-il pas? Sortira-t-il? Ne sortira-t-il pas ?... il n'j a pas de pièce ! »

Et Berlioz ajoute :

t L'ouvrage de MU. Barbier et Carré a complètement réussi. M. Gounod a été plus heureux encore, et sa partition me semble l'une des plus gracieuses qu'il ait écrites. >

Voyons l'ouvrage tel qu'il fut représenté aa Théâtre-Lyrique, selon la première version, c'està-dire en trois actes;

Après une introduction pastorale, bien faite, harmonieuse, où l'on remarque un solo de hautbois (solo naïvement élégant, dit Berlioz), et que l'orchestre reprend tout entier, la pièce débute par un duo entre Philémon et Baucis (Du repos voici Vheure). C'est le tableau de La Fontaine. Les vieux époux expriment le bonheur d'une union si longue et si parfaite, et leurs voix s'unissent pour chanter : Aimons-nous jusqu'au jour suprême.

M. et M"' Denis, eux, se font quelques reproches.

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