RER TETE EEE NET TEE CETTE TT LENTILLES
3 Juillet.
Qui a écrit les vers qu'il y a sur la page précédente ? Quelque folle sans doute ! Hélas ! cette folle, c'est moi; et je vois bien, à l'air que tout le monde prend avec moi, qu'on me considère telle. ..Que la volonté de Dieu soit fuite !
— Non, pauvre Marichette, non, vous n'êtes pas folle ; vous aimiez, vous êtes isolée et malheureuse, et vous voulez persister dans votre isolement et votre malheur en ne vous confiant à personne. Vous avez laissé les occupations grossières, les durs travaux que vous aviez su vous rendre doux et aimables, et vous avez défait en quelques semaines l'ouvrage de deux années. Vous vous êtes placée vous-même en dehors de tout ce qui vous entoure, et vous ne savez plus où vous êtes. Quels songes vous tourmentent dans cet asile où vous vous êtes réfugiée contre la chaleur du jour et l'ennui de toutes choses ? Votre sommeil est agité, votre poitrine oppressée; et de vos lèvres brûlantes s'échappent des sons confus et inarticulés.
Elle rêvait, la pauvre jeune fille, qu’elle était près d'un précipice et que Charles, comme cela lui était déjà arrivé, était à pour la sauver. Mais il lui semblait que Charles hésitait. Tout à coup il paraissait de l’autre côté une autre jeune fille beaucoup plus belle, qui implorait du secours d'une voix lamentable. Alors Charles s'éloignait et faisait un long détour pour sauver l’autre jeune fille. Pendant ce temps, elle glissait...ulissait et elle allait tomber...lorsqu’elle fut éveillée par une voix qui ne lui était pas inconnue.
—Miunuz'elle Marichette, v’là-t-1l longtempsque j'essaie à vous réveiller! C’est que j’avons de bonnes nouvelles à vous apprendre. J’savais ben que j'vous trouv'rais sous les sapins. C’est toujours icite que vous v’nez quand vous partez sans rien dire, avec votre beau livre rouge qu'est tout doré. Dame aussi, j'sommes venue ici tout drette. C'est qu’'j'en ai des nouvelles et des fameuses! Quoi! une lettre que j'pense ben qu'est de ce Mossieu., .que c’est du papier plus doux que de la soie, que c’est tout parfumé !... et un beau p'tit cachet ous qu’il y à des oiseaux dessus. Mais voyons, j'ai beau fouiller partout sur moë, je ne la trouve plus. Grosse bête que j'suis, va! je l'avons laissée à la maison.
— Il n'y a pas de faute, /« mère, seulement je vais avoir de la peine à m’y rendre, quoique je ne devrais pas en parler, si ce que vous dites est vrai. Je suis bien fatiguée, je faisais un bien mauvais rêve quand vous êtes venue : Je rêvais que je glissais dans un précipice. ...
— Dame! vous n'étiez pas sur des roses non plus; vous étiez couchée ben mal à votre aise sur c’te grosse roche : sa fait rêver, cu; et pis vous avez la fièvre, car vos joues sont rouges ..fictivement (1) j'eré ben qu’vous auriez glissé dans l’russeau, si j’n’étais pas v’nue.
Marichette prit avec la vieille le chemin de la maison,
() Pour effectivement.
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