‹ Charles Guérin [microforme]Chapitre 47 sur 94 · RARE EX · texte numérisé non relu

RARE EX

Rens te ho

Quelquefois le souvenir de son premier amour passait

dans son esprit, Seulement, l'effet de ces apparitions

variait suivant les circonstances, Se trouvait-il mécontent de Clorinde, était-il formalisé des attentions qu’elle recevait de quelques autres jeunes gens, il lui semblait alors que la pauvre enfant du village, seule, savait aimer. Était-il fier de ses succès, des bouflées d'orgueil obeurcissaient-elles sa mémoire, il rougissait alors en lui-même de la petite paysanne.

Ses affaires lui donnaient bien aussi de temps à autre quelques petites inquiétudes. Son établissement de la rivière aux Écrevisses demandait beaucoup d'argent et n'en rapportait pas encore. Les fonds mis à sa disposition avaient été sérieusement entamés par les dépenses qu'entrainuient ses nouvelles habitudes. Le jugement rendu contre lui j uvait s’exécuter d'un jour à l'autre. Sur ce point, cependant, il se rassurait en se disant que M. Wagnaër saurait bien y voir, Non mariage prochain répondait à tout.

Il y avait quelques jours qu'il n'avait pas vu Clorinde, lorsqu'il trouva chez lui, au retour de l'étude, un billet à l'enveloppe dentelée et parfumée.

Mlle Wagnaër désirait lui parler le plus promptement possible.

Vivement intrigué par cette étrange missive, il vola plutôt qu'il ne courut chez madame L,... chez qui Clorinde passait l'hiver. Il trouva celle-ci recevant avec la

demoiselle de la maison la visite de deux jeunes

personnes de la même coterie. Elle conserva le calme et le sang-froid qui ne doivent jamais abandonner une femme du monde, même dans les moments les plus critiques. La conversation fut reprise au point où elle avait été interrompue par l’entrée de Charles.

—Pour moi, dit l’une des jeunes filles,je trouve en effet que Émilie n’est pas supportable. Elle s'imagine que

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