AMNE THIBAULT DE LA NORAYE, P, DE MONSTIER, JULIENNE DE PELAGREY
Nous soussigné, maire de Versailles, certifions que les trois signatures ci-dessus sont celles de madame Thibault de la Noraye, de madame de Monstier; et de madame de Pelagrey, anciennes religieuses et dignitaires du couvent royal de Saint-Cyr, et que foi doit y être ajoutée, Versailles, le 22 septembre 1819.
Le marquis de Lalonde (et scellé).
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A cette époque, c'est-à-dire dans l'automne et l'hiver de 1832, l'opinion publique était très agitée par des discussions dans la presse et dans ln législature sur la constitution du Conseil législatif.
Ni les jeunes amis de Charles Guérin paraissent un peu montés contre ce respectable corps, ils ne font que refléter l'exaltation de la jeunesse canadienne d'alors. Le Conseil commit la faute énorme de faire emprisonner M. Tracey, gérant et rédacteur du Vindicator, et M. Duvernay, propriétaire de la Minerve. Des assemblées publiques furent immédiatement convoquées sur plusieurs points du pays, et principalement à Montréal et à Québec.
Dans cette dernière ville, on adopta des résolutions très énergiques et à la sortie de l'assemblée, des jeunes gens guidés par quelques citoyens anciens et influents, allèrent saluer à 11 prison les deux journalistes martyrs, parcoururent les rues le soir en chantant la Paris nue et lu Marseillaise, et allèrent faire une espèce de charivari au juge en chef Sewell, orateur du Conseil législatif,
Ce fut là le commencement d'une agitation politique qui ne cessa pas jusqu'aux insurrections de 1837 et de 1838, qui en furent les dernières conséquences,
On fit aux deux journalistes, à leur sortie de prison, une ovation des plus populuires avec drapeaux, musique, procession et encore la
Parisienne et la Marseillaise. On les escorta jusqu'à Saint. Augustin. À Montréal, ils furent reças et conduits en procession à leurs demeures, malgré tout ce que les autorités avaient pu faire pour empêcher cette manifestation. On leur offrit un banquet civique et on leur présenta à chacun une médaille d'or commémo. rative de tous ces événements,
Dans le printemps, M. Tracey fut invité à se porter candidat pour la cité de Montréal. L'oligarchie furieuse fit des efforts inouis, L'élection dura du 26 avril au 22 mai. et ce jour-là, M. Tracey fut déclaré élu par une majorité de 4 voix seulement,
Mais, la veille, les rues de Montréal avaient été ensanglantées, Les troupes avaient été appelées pour supprimer une émeute, elles avaient tiré, et cinq personues, toutes appartenant au parti libéral, les nommés Languedoc, Billette, Chauvin, Cousineuu et Creed, fureut tuées. À dater de ce jour funeste, les animosités nationales et politiques allérent toujours croissant jusqu'aux désastreuses catastrophes de 1837 et de IS358.
M. Trncey est mort jeune et n'a pas vu se développer Îles événements qui étaient contenus en germe dans la lutte qu'il avait commencée contre le Conseil législatif. [la laissé la réputation
d'un grand talent et d'un beau caractère,
M. Duvernay est mort cette année (IS52) et ses funérailles à Montréal ont été une des plus crandessolennités de ce genre qui aient eu lieu dans le pays. Tous les corps publics et toutes les sociétés nationales y ont assisté en grande pompe, pour rendre témoignage à la mémoire d'un homme courageux qui a été un des premiers pionniers du journalisme français en Canada, qui à souffert l'emprisonnement en 1832, l'exil en 1837 et en ISSN, et qui par-dessus tout a créé lu Société Saint-Jeun-Bupliste,
Comme les articles ineriminés de la Minerve ot du Vindicator, en 1832, ont eu une très grande portée dans notre histoire, nous td avons pensé qu'on les lirait avec intérêt,
(De la Minerve du 13 junuie r IS32,)
“ Qu'avons-nous à craindre en demandant un conseil éleetif ? Na ‘serait-ce pus un moyen d'augmenter la force du peuple ; d'ouvrir “la carrière parlementaire à une foule d'hommes de talents et “ pleins de patriotisme qui brigueront l'honneur d'être les Organes “ de leurs concitoyens et auront le soin de se bien conduire, afin
“ d'éviter la disgrâce de perdre leur titre d'honorubles ! Je crois que “ la chambre doit saisir cette occasion de rendre nos institutions “ plus démocratiques, et nous acheminer par lu voie de la sagesse “et de la raison vers le but auquel tous les hommes bien pensants “ doivent tendre, le pouvoir souverain du peuple ; nous l'atteindrons “par ce moyen.
“ S'il me convenait de donner des avis, je diruis peut-être que les ‘ nominations de conseillers faites et annoncées sont, à peu d'excep- “tions près, si pitoyables et le pays a été si bien joué et trompé par “toutes les belles promesses d'outre-rner, que la chambre devrait “résoudre qu'elle est d'avis,et le pays la soutiendra, que si la mère “patrie se refusait à accorder un conseil législatif électif, nous ‘“insistions et demandions avec fermeté l'abolition entière d'un “corps aussi nuisible que l'a été, l'est et le sera le conseil législatif “nommé par la couronne.” “ Le conseil législatif actuel étant peut-être la plus grande “ nuisance que nous ayons, nous devons prendre les moyens de “ nous en débarrasser et en demander l'abolition, de manière à “ l'obtenir.”