‹ Charles le téméraire (volume 2)Chapitre 12 sur 34 · DEVOTIONS A NOTUE-DAME DE CLERY · texte numérisé non relu

DEVOTIONS A NOTUE-DAME DE CLERY

Peinlant que \c romtn nnHait ainsi son temps, le roi utilisait le srii, i-rjucucinl son Pnris, maison à maison, rue à rue, place à place; ayant d'abord deux cents lances, puis quatre cents, j)uis mille.

Alors, il nomma le comte d'I-.u à la place de Charles de Mchui, tout en cajolant fort celui-ci, l'appelant son clicr ami, et lui donmmt de l'argent fju'il prenait on no sait où.

Louis XT, au reste, s'était (M>ndiul i)ien saj r .if à ce retour. ( )n avait cru voir rentrer Marius ou S\ Ha; point: c'était .Xii^'ustc. L'évoque de l^aris vint lui faire des remonlrances ; non-seulement le roi les écouta avec une patience admirable, mais encore.

quand le prélat eut fini, il lui demandasa bénédiction. Il réduisit plusieurs taxes ; entre autres, celle qui frappait le vin au détail, et rendit le droit d'en vendre, avec toute immunité, aux ecclésiastiques, aux membres de l'Université, aux officiers royaux. Il allait partout à pied par la ville, suivi du peuple qui criait : « Noël ! » Dans une de ces courses, il rencontra un élève du Chàtelet qui, le jour où les Bourguignons s'étaient présentés à la porte Saint-Denis, avait couru par les rues en criant : « Paris est pris f Vivent les Bourguignons ! » Ce clerc, par une mansuétude toute particulière des juges, n'avait été condamné qu'à un mois de prison, au pain et à l'eau, et à être battu de verges ; on le promenait à travers la ville dans un tombereau d'ordures. Le roi s'informa quel était cet bomme et quel crime il avait commis. On s'attendait qu'il allait le faire pendre, surtout lorsqu'on le vit appeler le bourreau et lui parler bas,* mais il se contenta de dire à celui-ci :

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— Frappe fort et n'épargne pas ce paillard; car m'est avis qu'il l'a bien mérité.

Le roi avait fait venir des francs archers de Normandie; seulement, la noblesse normande, convo- (juée par lui, ne venait pas. Il jeta les yeux autour de Paris; il vit que les princes s'étaient réunis à Klampes. mais que celte réunion n'avait eu d'autre résultat que de leur montrer l'impossibilité matérielle et politique d'une ligue comme la leur.

Matériellement, le pays ne pouvait pas nourrir cinquante mille hommes qu'ils étaient, dont dix mille de cavalerie; ils furent donc obligés de s'éj)arpiller de Montlhéry à Sens.

Chaque armée était un peuple ennemi des autres peuples; chaque chef était un prince ennemi des autres princes : d'abord, Armagnacs et Bourguignons, ces vieux alhirtes qui avaient si longtemps lutté dans Paris, croix rouge et croix blanche ; puis Allemands et Italiens, Gibelins cl Guelfes, Bretons

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et Provençaux, Est et Ouest ; un duc de Berry, malingre, souffreteux, faisant le dégoûté à la vue du champ de bataille deMontlhéry, tandis que l'Alexandre, le César de cette journée, le comte de Charolais, faisait la roue, daignant à peine parler, ne riant plus que pour se moquer de ceux qui arrivaient quand tout était fini.

— Il paraît qu'il y a eu beaucoup de blessés, disait le duc de Berry; c'est grande pitié! J'aimerais mieux que les choses ne fussent point commencées que d'être la cause du malheur de tant de gens, et vous-même avez une blessure, mon cousin de Charolais?

— Que voulez-vous, mon cousin de Berry! répondait le comte en se rengorgeant, cela prouve que j'étais arrivé à temps pour livrer bataille, moi.

Puis, se retournant vers les Bourguignons :

— Entendez-vous, disait-il, comment parle ce cher parent? Il est ébahi par sept ou huit cents

hommes qu'il voit blessés et se traînant par la ville, ^^ens qui ne lui sont rien, qu'il ne connaît pas. (1 s'ébahirait bien autrement si la chose le touchait ; il serait homme à faire facilement son marche et à nous laisser dans la crotte. Le souvenir des anciennes guerres de son père, le roi Charles, et du du<' de Bourfzogne, mon père, pourraient lui revenir, en mémoire, et Français et Hretons se tourner contre nous.

Tandis que les princes se disputaient, le roi, qui n'avait pas comme eux trois ou quatre volontés à mettre d'accord, parlait sans rien dire, pour aller (liliLîcriler la noblesse de Normandie. C'était assez hardi de (juitler Taris dans un pareil moment; mais assez facilement le roi risquait ces sortes de coups de lùle qu'il appuyait sur certains calculs. Leur réussite le mettait dans une suprême joie et dans une incroyable satisfaction de lui-même.

D'ailleurs, Louis XI avait confiance dans son nou-

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veau lieutenant le comte d'Eu, et plus encore dans le petit peuple de Paris.

Quant aux bourgeois, ils n'aimaient pas fort le roi: ils le trouvaient trop semblable à eux, trop bourgeois lui-même.

Aussi les princes furent-ils avertis par quelquesuns de ces derniers du départ du roi pour la Normandie, et, sur cette nouvelle, se rapprochèrent-ils jusqu'à Lagny.

Lorsque les gens du Parlement et les notables bourgeois virent les princes à cinq ou six lieues seulement des portes de Paris, ils allèrent trouver le comte d'Eu, le priant d'envoyer des ambassadeurs à Leurs Altesses pour s'accorder sur une bonne paix.

Le comte d'Eu répondit que c'était bien son intention et que, la première occasion s'en présentant, il ne la laisserait point échapper.

L'occasion ne se fit pas attendre : le duc de Berry dépêcha quatre hérauts avec quatre lettres; l'une de

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ces lettres était adressée aux bourgeois, l'aulrc au J^arlement, l'autre à l'Église, l'autre à l'Université.

Les princes demandaient (ju'on leur envoyât si\ notables pour discuter les conditions de la paix.

La ville leur en envoya douze.

Guillaume Chartier, évéque et idiot; Thomas Courcelles, un des juges de Jeanne d*Arc; l'Olive, prédicateur; les trois Thuillier: l'un théologien, l'autre avocat, le troisième changeur; six chanoines sur douze.

La députation trouva les princes au château de Beauté. Le du(î de Berry les reçut assis. Le héros de Monllhéry était près du prince, debout et armé de toutes pièces. Ainsi se tenait aussi Danois, malgré ses soi\ante-si\ ans et sa goutte.

Le duc de Berry ne dit rien ; le comte de Charolais laissa échai)per (juelques menaces, tout en disant denx mots de MdiillhtTy ; mais Dunnis sJLinili.i aux députes (jue, si l'aiis n'avait pas ouvert ses

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portes avant dimanche, lundi on donnerait un assaut général.

On était au vendredi, les députés n'avaient pas de temps à perdre.

Le samedi, grand conseil à Paris, et, comme on le pense bien, grand émoi.

Sous les fenêtres de l'hôtel de ville étaient les arbalétriers et les archers de la ville, pour assurer aux délibérants toute liberté d'opinion.

Mais, à deux cents pas de là, sur les quais, le comte d'Eu passait la revue de trois mille cavaliers, de quinze cents piétons, d'archers à cheval et d'archers normands à pied.

Cela voulais dire: « Messieurs les bourgeois, prenez bien garde à ce que vous allez faire. »

Cependant, les bourgeois délibéraient. Quelquesuns disaient que ce serait par trop malhonnête de refuser la porte àu^ princes, et qu'on devait les laisser entrer, chacun avec sa garde de quatre

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cents hommes; seize cents hommes en tout.

Tel avis, qui avait l'avantage d'olVrir un de ces termes moyens qui sourient à la bourgeoisie parce qu'ils ne l'engagent point dans un parti définitif, allait peut-être passer, lorsqu'on entendit des cris dans la rue, et ce bruit d'orage lointain que fait la multitude.*

C'était le petit peu[)le de Paris, lequel cherchait, pour les pendre etleurcouper la gorge, ces brigands de députés qui voulaient introduire les pillards dans la ville.

La démonstration était positive, les démonstrateurs étaient nombreux.

Le comte d'Ku laissa le peuple s'égosiller sous les fenêtres de l'holei de ville, à la grande terreur des bourgeois; puis il entra dans la salle des séanees, invitant les députés à aller rendre compte a MM. lis priuLcs du résultat de lour délibération.

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Les députés prirent l'avis de la majorité des notables et partirent.

C était le dimanche.

La réponse était qu'on ne pouvait s'engager à rien avant de connaître le bon plaisir du roi.

— Alors, dit Dunois de sa plus grosse voix, à demain l'assaut!

— Comme il vous plaira, monseigneur, répliquèrent les bourgeois.

Le lendemain se passa sans que l'on vît arriver personne : au contraire, ce furent les gens du roi qui sortirent et qui ramenèrent soixante chevaux.

Le 28 août, le roi rentra dans Paris avec une armée de douze mille hommes, cinquante chariots de poudre et sept cents nuids de farine. Louis XI connaissait les Parisiens, fidèles tantqu'ils ne manquent de rien : il tenait à les faire vivre en abondance;

et, en effet, Paris regorgeait de pain et de vin. Los princes tenaient le haut de la Seine; mais le

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roi tenait le bas. Les vivres, au lieu de descendre, remontaient.

Le roi fit remonter jusqu'à des pattes d'anguilles de Mantes, qu'il fit vendre à moitié prix à la criée du Châlelet.

Pendant ce temps, les assiégeants crevaient de faim ; c'était tout le contraire de ce qui se passait dans les sièges ordinaires.

Le duc du Maine eut pitié de son neveu, le duc de Berry : il lui envoya une charge de pommes, de choux et de raves.

C'était la seconde fois que les bourgeois voyaient rentrer le roi en force, après avoir essayé de le trahir; c'était la seconde fois qu'ils craignaient sa vengeance. Le roi se vengea, mais doucement; ii se contenta de nieltr." Ii<>rs de la ville les trois ou quatre députés «|ui avannl parlé de recevoir les princes; quant à l'évéquc (iuillaume Chartier, la

seule vengeance que le roi en lira fut de ne lui par-

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Ilt de sa vie et de lui faire son épilaphe après sa mort.

Avec tout ce monde, il fallait bien cependant que le roi eût l'air de vouloir combattre. Il annonça qu'il allait marcher à l'ennemi; en conséquence, il s'en alla prendre l'oriflamme des mains de l'abbé de Saint-Denis; mais, de peur qu'il n'arrivât malheur au saint drapeau, il l'enferma soigneusement dans son palais des Tournelles.

Il comptait sur la faim et sur les négociations.

Pour savoir où en était, comme appétit, l'armée des princes, il permit aux Parisiens d'aller vendre des vivres à ces pauvres diables d'aifamés.

Les Parisiens profitèrent de la permission.

.Tean de Troyes va nous dire comment les assiégés trouvèrent les assiégeants.

« Les joues velues, pendantes de malheureuseté, sans chausses ni souliers, pleins de pous et d'ordures, ils avolenl (elle rage de faim aux dents, qu'ils

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prcnoient les fromages sans les racler el mordoicnt à inrme. »

Les marchands rapportèrent ce ^*ils avaient vu. C'était tout ce que le roi voulait savoir. 11 fit fermer les portes de la ville et coupa court à l'exportation des vivres.

Les assiégeants en furent nMuits au\ raisins verts.

Kiilrc temps, Louis XI négociait; la diplomatie, c'était sa grande force.

Les premiers qui vinrent à lui furent les Armagnacs. Le roi, peu rancunier, traita avec eux; — il est vrai qu'il devait leur revaloir cela plus tard.

Puis le comte de Saint-Pol arriva ensuite : il voulait être connétable. Il causa longtemps a\Tc Louis XL cl sans doute, celte fois, eut-il le fourreau, s'il n'cul pas encore l'cj)ée.

nn entra en pourparlers avec Jean de C.alahre, — le môme auquel Antoine de la Salle dédi;i Fon ro-

man du Petit Jehan de Saint ré et de la Dame des belles cousines ; — mais avec lui la chose échoua.

Peut-être était-il trop exigeant ou n'avait-on plus besoin de lui.

Le roi, en effet, regardait par -dessus la tête de tous ces gens-là.

Le 2G août, il avait envoyé de l'argent aux Liégeois.

Le 50, les Liégeois se révoltèrent et défièrent le duc de Bourgogne à feu et à sang.

Le 4 septembre, les princes demandèrent une trêve; elle fut accordée.

Cette trêve était établie de part et d'autre pour traiter de la paix.

A quelles conditions ?

Louis XI en rit la première fois qu'on les lui proposa.

AuducdeBerry, la Normandie et la Guyenne; au comte de Charolais, la Picardie ; au duc de Bretagne,

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la Sainlonge : — il est vrai que c'était pour les Écossais; — au duc de Lorraine, la garde des évec\\6^ de Toul et de Verdun, et crnt mille ëcus d'or comptant pour l'aider à conquérir Naples et Metz.

Le roi fil traîner les négociations en longueur.

(>e qui devait le sauver le perdit.

Il avait pour lui le f)as peuple, mais contre lui le clergé, les seigneurs et les bourgeois.

Chaque ville avait sa garnison de soldats, mais chaque ville avait aussi son seigneur et ses notables.

Ces seigneurs et ces notaliles donnèrent bien du mal au pauvre Louis \I prndant tout son règne! Sa vie fui un long jeu, un éternel manche à manche ! Il est vrai (juavant de mourir, il gagna la belle; mais il lui fallut pour cela faire poignarder d'Armagnac cl couper le cou àSaint-Pol et a Nemours.

Au moment ou il croyait tout tenir dans sa main, tout lui mancjue.

C'est d'abord le duc du Maine qui, à loul hasard, se fait assurer ses charges par le duc de Bcrry.

C'est ensuite le contrôleur général des finances Doriole qui, trouvant sans doute les finances du roi en mauvais état, va soigner celles de son frère.

C'est le commandant de Pontoise qui écrit au maréchal de llouault qu'il le prie de l'excuser près du roi, attendu qu'à son grand regret, il vient de livrer la place aux princes.

C'est madame de Brezé, la veuve du Brezé tué à Montlhéry, qui, sans doute bien renseignée sur la mort de son mari, livre Rouen , de complicité avec l'évêque de Bayeux.

C'est le comte de Nevers, enfermé dans Péronne, qui ne livre pas la ville, mais se fait surprendre et emmener prisonnier. Le roi vit qu'il était en déceincy comme disent les joueurs ; s'il ne traitait pas un jour ou l'autre , quelque Perrinet Leclerc allait livrer Paiis et lui-nicmc.

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In malin, on trouva la Raslille toute grande ouverte et ses canons encloués ; mais aussi faut-il (lire que le gouverneur était le père de Tancien lieutenant de Paris Charles de Melun.

Le roi traita : cVlait l'homme des grands sacrifices ; chirurgien sans pitié, nul ne savait mieux que lui se couper les membres.

Il est vrai que, comme aux écrevisses, les membres coupes lui repoussaient, et que, presque toujours, de son bras manchot, il empoignait, pour ne plus la lâcher, quohiue nouvelle province.

\.G roi alla trouver le comte de Charoiais.

— La paix est faite, lui dit-il. Les Normand^ v.mi. lent un duc, j'h bien, ils l'auront!

Le roi avait dû passer une mauvaise nuit , celle jui précéda le jour nù il avait pris celle décision.

La Normandie ! ctdcr la .Norniaïuiie, la |)iuviti<jc ijui payait, à clic seule, le tiers des impôts du royaume, la bonn? vache nourricière <fti . ' la

France I faire un duc de Normandie, c'est-à-dire • remettre à un traître — un duc de Normandie , quel qu'il le fût, le devenait forcément, — remettre à un traître les clefs de la France ! ouvrir aux Anglais la Seine, cette grande route qui va du Havre à Paris !

Céder la Saintonge aux Ecossais ! reconnaître ce vieux don de Charles VII, qui, dans un moment de détresse, avait payé une armée d'une province, c'était neutraliser la Rochelle, qui aurait l'ennemi à dos !

Céder la marche de Champagne au duc de Lorraine! Trahir Toul et Verdun, des alliés de plusieurs siècles, et cela, sans môme que le duc de Lorraine rendît hommage I

Il fallut passer par là ; le principal était de débarrasser Paris et ses environs de tous ces grugeurs de province. Quand il n'y aurait plus que des traités, bon ! les traités se font sur papier! Scripta

marient! Oui, les c'crits restent, c'est vrai, mais tant qu'on ne les brûle ni ne les déchire.

Le roi croyait ôtre délivré de tout ce monde-là. Le r> novembre, il s'en va tendrcmonl dip' adieu au comte de Cbarolais à Villiers-le-Ik*l.

Alors, celui-ci lui annonce une nouvelle bien inattendue : il lui annonce qu'il épouse la princesse Jeanne, fille de France !

— Mais, mon cousin, dit le roi, vous avez trente an, et ma fille en a deux !

— J'attendrai treize ans, repartit le comtede Cliarolais. Cm n'est pas trop payiîr l'alliance avec la (illede mon seigneur suzerain, surtout lorsque celte lillr nra|»purlc la lJiauipa;,'n('.

— Ah ! dit Louis, elle vous apporte la ClKunpaj,'ne ?

— Comment donc ! dit le comte, avec tout ce qui s'y rattache : Langreset Sens, Laon et le Vermandois.

— i'ius elle vous apportera, reprit Louis, plus vous aurez de peine à attendre, beau cousin.

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— Non; car, en attendant, vous me donnerez le Ponthieu,

— Allons, va pour le mariage et la Champagne... dans treize ans.

— Et le Ponthieu tout de suite.

— Ma foi, oui, le Ponthieu tout de suite. Et le roi signa.

Le comte de Charolais partit enfin,

— Pàque-Dieu ! dit le roi, je crois que j'ai bien fait, sinon, il allait me demander rile-de-Francc pour son fils, et Paris, en attendant, pour lui-même !

Puis, se mettant à genoux :

— Bonne Notre-Dame de Cléry, dit-il, je jure de te faire faire , par notre orfèvre André Mangot, un Louis XI d'argent représentant notre personne, si tu permets que je reprenne, même petit à petit, tout ce que mon cher frère et mes bons cousins viennent de me prendre d'un seul coup.

Le ^5 novembre suivant , le roi allait en pèleri-

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nngc à Notre-Dame de Cléry pour renouveler son vœu.

En roule, il reçut une lettre du due de Berry, qui lui annonçait qu'il élaiten (|uerelle avec le due de Bretagne à propos de son duehé de Norniandie.

Louis XI montra la lettre au due de Bourbon.

— Voyez, dit-il, mon frère ne p»''iit sVntondr»' avec mon eousin de Bretagne. Je nv vcu.\ jias qui^ deux si bons amis se brouillent; je reprendrais plu- Int à mon frère le duehé de Normandie.

El, en elVet, ce fut |)ar laque commcnçaLouisXl.

Mais n'oublions pas que c'est la vie de Cluules le Téméraire que nous essayons d'écrire, et suivons «e digne prince sous les raniparls de Liégfi.el de l)i liant.

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