CM A RI- ES LK TKMKHAIKK
il ne voulait pas user de clémence, il était impossible qu'il se montrât.
Et, cependant, les ordres donnés |)ar le comte laissaient quelque espoir aux vaincus.
Le jour de son entrée, Charles, sous prétexte de les soustraire à la fureur de la soldatesque, avait enjoint que les prêtres, les femmes et les enfanis fussent réunis dans les é^Mises.
Le lendemain, une escorte les alla prendre dès le matin, et les conduisit hors de la ville.
C'était un triste cortège et qui fendait le cœur aux liourguignons eux-mêmes. Quand ces malheureuses femmes et les pauvres enfants surent qu'on les emmenait et qu'ils laissaient à la justice ou j)lutot à la vengeance du comte leurs pères et leurs maris, ils poussèrent des sanglots à attendrir les pierres du • hemin, et, en quittant l;i ville condamnée, cetti* mère qu'ils ne devaient plus revoir, ils jetèrent des eris si douloureux, si lamentables, si prolontçés, que
tous les cœurs en saignèrent comme d'une blessure.
La ville resta trois jours sans que le vainqueur parût rien décider.
Les yeux tournés du côté de Liège, Charles regardait, comme sœur Anne, s'il ne voyait rien venir: il ne voulait pas que les Liégeois le surprissent au milieu du meurtre et du pillage.
Le mercredi 27, le duc tint conseil à Bouvignes. Le résultat de la délibération fut que Dinant serait anéanti.
Trois jours lui étaient accordés encore.
Le jeudi et le vendredi, il serait pillé; brûlé le samedi; puis ses cendres seraient dispersées, jetées au vent.
Le bon duc aurait, en outre, sa justice, c'est-à-dire lafacultéde pendreetdenoyerquibonlui semblerait.
On pendit et on noya huit cents personnes !
Pendant ce temps, les soldats pillaient la ville, et les capitaines pillaient les soldats.
CHARLES LF TKMÉKAIRE. 2H^
Le samedi, on n'eut pas besoin de mettre le feu : dès le vendredi 29, à une heure de Ja nuit, le feu avait pris au logis du comte de Clèves, neveu du duc. L'incendie gagna avec une telle rapidité, que Ton ne put sauver les trésors du clergé ni faire sortir les riches prisonniers enfermés dans les églises. Tout fut brûlé; quatre tours tenaient encore et ne s'étaient point rendues : elles s'écroulèrent sur ceux qui les défendaient. Le feu couvrit la ville comme une inondation de flammes, comme une marée dont la fumée était l'écume; puis, quand tout fut dévoré, (ju'il ne resta plus que des ruines, (jue des débris calcinés, on appela les gens de Bouvignes afm de niveler tout cela. On les payait à tant la journée pour cette besogne, qnc de grand cduir ils eussent faite pour rien.
Le clironitjueur de Liège, Adrien de Vieux-Bois, vint voir cette destruction; et, de ce (jui avait été uiitî des villes les plus lU)n^^anl^ s du pays wallon.
il ne retrouva d'entier qu'un autel de Saint-Laurent, et qu'une très-belle image de Notre-Dame, resiée seule au portail de son église.
Et les pauvres femmes que l'on avait fait sortir de la ville avec les enfants, que devinrent-elles lorsque leurs pères et leurs maris furent pendus ou noyés, leurs maisons brûlées et émiettées?
Jean de Troyes va nous le dire avec sa naïveté terrible : , *
« Et, à cause de cette destruction, les pauvres habitants furent réduits à mendier, et aucunes jeunes femmes et filles abandonnées à tous vices et à tout péché pour gagner et soutenir leur vie. »
Ah! bon duc! ah! bonne duchesse de Bourgogne! en supposant que Dieu ne vous ait pas demandé compte des morts, j'ai bien peine à croire qu'il ne vous ait point demandé compte des vivants !
Quant au cowte de Charolais, on ne l'a jamais appelé le bon duc- les contemporains l'appelaient
CHAULES LK TÉMKRAIUL. -> ♦
le Terrible; la postérité l'appelle le Téméraire ; Tiii^toire, un jour, l'appellera Vïdiot.
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ou LA HO.NNK NOTRE DAMK EXAIXE LE MOI LOI Ls \\
Revenons au bon roi Louis Xï.
Nous l'avons laissé allant en pèlerinage à Notre- Dame de (^léry et disant au duc de Bourbon : « Je vois bien qu'il me faudra reprendre à mon frère 1( fiuclié de Normandie, qui est une cause de brouille entre lui et le duc de Brela^me, »»
El, en elVcl, ilèlail uru'ent de reprendre ce duché.
Cependant, 1 investiture s'était faite dans toutes les formes.
L'épée était tenue par le comti' de Tancarville. connétal)le bérédital de Normandie ; l'élcndard était porté par le comte d'Harcourt. man'ulial bérédital
de la même province; enfin, l'anneau ducal qui liançait le prince avec la Normandie lui avait été passé au doigl par Thomas Bazin, évêque de Lisieux.
Mais le roi avait dit en apprenant cette dernière cérémonie :
— Bon ! mon frère Charles n'est que fiancé : peut-être arriverons-nous avant la consommation du mariage.
Louis XI était comme tous les gens d'esprit : il ne pouvait s'empocher de faire des mots, et souvent un bon mot le consolait d'une mauvaise afTaire.
Voici d'où étaient venus ces premiers dissentiments entre le duc de Bretagne et le duc de Normandie, dissentiments dont nous avons vu le roi loucher un mot au duc de Bourbon.
Le duc de Bretagne avait voulu conduire à Rouen le duc de Normandie; Tannegui du Châtel s'y opposait, et il avait bien raison : au moment d'entrer à Rouen, Bretons et Normands étaient en querelle.
<:iiai;li:s le tkméhai k i:. 291
Le duc de Brelagiie se flattait de tenir son cousin en tutelle; celui-ci, qui recevait hommage du duc de Bretagne, voulait, au contraire, lui commander comme un souverain.
Puis, de même que les maîtres se disputaient la précniinence, les serviteurs se disputaient les charges.
Les deux princes, ne pouvant s'entofidre sur l'entrée à Kouen, restèrent à Sainte-Catherine.
iiient<M le hruit se répandit que le duc de Normandie, une fois arrivé à Kouen, devait faire arrêter le duc de Bretagne et le livrer au roi.
Même chose était dite par les Normands à \'cndroil de leur duc.
Le sire d'Uarcourl, qu'il crût ou non à ce hruil, s'en alla dire à Ihntel de ville de Kouen (|ue monseigneur Charles n'était j)()int en sûreté avec les Bretons.
Toute la ville courut aux armes; les bourgeois,
conduits par le sire d'HarcourI, s'élancèrent horsdes murs et ne s'arrêtèrent qu'à Sainte-Catherine. On s'empara de force du nouveau duc; on le hissa, vêtu de sa robe noire, sur un cheval sans housse, et on lui fit faire ainsi son entrée dans la ville.
Le duc de Bretagne, furieux, se retira chez lui avec ses gens, et, tout en se retirant, pilla tant soit peu les villes par lesquelles il passait.
Qui était cause de tous ces troubles? qui suscitait tous ces malentendus ?
Faut-il faire à nos lecteurs cette injure de croire qu'ils ne l'ont pas deviné?
Le roi s'avançait toujours pour faire son pèleri-
nage.
A Caen, il rencontra le duc de Bretagne, qui s'en retournait tout mal content; il lui fit de grandes amitiés, donna cent fois tort à son frère, s'engagea à défendre monsieur de Bretagne envers et contre tous, fit destendresses sans nombre àDunois, ausire
OHAULKS LK TKMÉRMIlE. 293
«le Lolicac, au comte de Damniarliii, a tous les familiers (luducdeHrela^'ne, promettant de ne jamais pardonner aux d'IIarcourt, aux do Bueil, enfin aux (Tcaturcs (lu duc de Normandie.
Mais, comme, malgré ses belles paroles, le duc de IJrelagne paraissait douter, le roi lui acheta sa neutralité.
(Combien?
Cent \iiigt mille écus d'or, rien que cela ; mais qu'étaient cent vingt mille écus d'or près de la Normandie?
D'un autre côté, le duc de Hourbon, qui avait fait le duc de Normandie, eut, pour le défaire, la lieutcnance de tout le Midi; en raison de quoi, l.ouis \I \v mit à la trie de ses troupes, l'iMumena avec lui et le chargea de se faire remlre les clefs des villes (ju'il lui avait enlevées.
Le duc (le Uourbon, ayant toujours le roi derrière lui, prit successivement K.Nrcux, Vernnn, Louviers,
tandis que le comte de Meluii, qui comprenait la nécessité de faire sa paix avec le roi, reprenait Gisors et Gournay.
Le pauvre duc de Normandie n'avait plus que Rouen. Il écrivait lettres sur lettres au comte de Charolais ; mais le comte de Charolais étant occupé à brûler Dinant, et ne lui répondant pas, il fut obligé de quitter Rouen, et se réfugia à Ronfleur. Là, il voulut s'embarquer furtivement pour la Flandre; mais le malheureux prince avait tout contre lui, même le vent : il fut rejeté à la côte, et, ne craignant rien tant que son bon frère Louis, il alla se mettre à la merci du duc de Bretagne, qui lui donna pour résidence son château de l'Hermine, près de Vannes.
Pendant ce temps, le roi entrait à Rouen. Ceux qui avaient tant pressé son frère d'y entrer venaient le trouver à son tour, lui demandant indulgence.
Mais lui :
CHAULKS Li: TÉ.MÉUAIUK. 2i^5
— Vous n'en avez pas besoin, disait-il. Oln'ir à mon tr(>re, c'était ni'olTéir à moi-rat^me, puisque je l'avais nommé votre duc Mais la ehars;e était trop forte pour un si ï-.ùhJo esprit. La faille commise est donc mienne cl non point votre.
Toutefois, dès celle époque, Louis XI était déjà suivi, dans ses voya^^es, de son irrand prévcU Tristan, homme très-intelligent, auquel le roi n'avait (ju'unsigne à faire, et qui comprenait à l'instant même. La nuit venue, la personne désignée par ce signe était j)risc sans bruit, bâillonnée, mise dans un sac et jetée à la rivière. Le lendemain cette personne manquait; elle avait disparu, elle ne reparaissait point, voilà tout.
La Normandie coulait cher: elle coulait une lâcheté, l'abandon de. Diiiiint.
La Normandie prise, le comte de ('.bandais s'effraya; le roi courtisait Saint-Pol: c'était comme si le roi eût dit : <( l^renez-parde, mon cousin ! après la Normandie, la Picardie ! >.
Cepeiidanl, le comte avait toute conliance en Saint- Pol, qui venait de lui donner un rude coup de main contre Dinant.
Saint-Pol, en etïet, était bien connétable du roi de France; mais rien de plus. Il était l'ami d'enfance, Tami d'armes du comte de Charolais; il avait tout son bien en Bourgogne, et un fils d'un premier mariage qui vivait à la cour du duc.
Par où prendre un pareil homme?
Saint-PoI était amoureux! amoureux de cœur, où plutôt d'ambition, de la belle-sœur du duc de Bourgogne, de la sœur du duc de Bourbon ; il était amoureux de la haute alliance, de la royale parenté; il s'adressait au comte de Charolais, qui lui faisait remarquer que la dame n'avait que vingt ans, tandis (]uc lui, Saint-Pol, en avait soixante.
(^elui-ci répondait:
— Vous êtes bien fiancé, à trente et un ans, à la 111e du roi de France, qui n'en a que trois!
CHARLES LE TÉ.MEUAlUE. 297
Le roi proliladu moment; ilfitunsi^'neàSainl-Pol.
— Vous voulez vous marier? vous voulez une Ijaute alliance? lui dit-il. J'ai tout cela à votre disposition, non-seulement |)Our vous, mais encore pour votre lils, non-seulement pour votre lils, mais "iicore j)(>ur votre fille. Je vous donne, à vous et à votre lils, mes dcu\ nièces de Savoie, et votre tille épousera leur frère. De cette façon, vous et votre
lils serez mes neveux, votre (illc ma nièce. Ce n'est
i*()inl assez: vous aurez la succes.^ion de mon oncle
le comte d'Ku Kncore: vous aurez (iuise. Kncore: vous serez gouverneur de lU)uen.
Du coup, Saint- l'ol céda.
Saint-Pol acquis, il fallait accjuérir If duc cl le hàtard de lioOrhon.
Le roi donna; — il savait si liifii reprendre!
Il lit le bâtard amiral de Fraïuu' et lui donna une de scN lill. s iialurellcs. In bâtard ii«' pouvait pas demander da\anlagc.
Ces Bourbons claicHt fort rcmuanls, mais sans romparaison avec leurs descendants, qui eurent depuis dans les veines le sang des d'Albret, des Foix et des Gonzague; ils ne portaient point encore dans leurs armes cette fameuse épée en pal du connétable, avec l'ambitieuse devise Penetrabit ! Il est vrai qu'il y avait déjà le mot de Louis II faisant bâtir sa fameuse tour de Bourbon l'Archambault : « Qui qu'en grogne, c'est mon plaisir! »
En somme, Jean de Bourbon n'avait point d'enfants à l'avenir desquels il dût songer ; s'il en avait, on aviserait.
D'ailleurs, la puissance du duc de Bourbon était faite de pièces et de morceaux ; son duché était faufilé, pas même cousu : Berry, Auvergne, Beaujolais, Forez, Sologne, Orléanais, Vclay, Vivarais, Limousin, Périgord, Quercy, Roucrgue. Le roi lui donna le tiers du royaume, mais il n'y avait aucun iien entre toutes ces provinces ; une seule, comme la
CHARLES LK lEMÉRAIRE. 299
Hrola^'oe ou la Normandie, était bien autrement à ^•raiiidre: c'était non-seulemcnl une province, mais une race! Tandis qu'au contraire, le duch(^ de Bourbon, tel que le faisait le roi, n'avait aucune cohésion ; •n pouvait faire biittre Rerry contre Bourbonnais , Sologne contre Auverj^ne, Limousin contre Forez.
Seulement, le roi n'était plus assez riche pour acheter les maisons d'Orléans et d'Anjou.
Il les brouilla, — en mariaiil Le liU de Dunois à une troisième nièce, et faisant du vieux bât.ird le président de la fameuse commission des trente-six.
ijuantà Jean de Calabre, il avait en ce moment des visées en I^spa^'ue: les Catalans luiollVaient le trAne d'Ara.iîon.
Louis \I lui envoya vinf^t mille écus, et lui en fil offrir cent mille pt)ur aller rcclanier du duc de t*r.'tapnc son frère le duc de Berry.
Il y avait bien encore la Bastille qui tracassait le roi; il ne voulait pas se brouiller avec Charles de
iÙO CHABLES LE TEMERAIRE.
Melun tant que son père tiendrait la Bastille ; mais il arriva qu'un jour, vers la fin de mai 1466, maître Jehan le Prévôt, notaire et secrétaire du roi, « entra dedans la Bastille Saint-Antoine par moyens subtils, et mit dehors le gouverneur. »
Ces moyens subtils, quels étaient-ils ? Le chroniqueur ne le dit pas.
Mais le roi put se brouiller avec Charles de Melun, lui oter ses offices et le mettre en prison.
Ah ! le roi commençait à respirer.
Il avait Saint-Pol pour connétable, il avait le duc de Bourbon pour lieutenant, il avait le duc de Bretagne pour geôlier, il avait Dunois pour président de sa commission des trente-six, et le duc de Calabre pour sergent royal. Avec cela, il pouvait se moquer du comte de Charolais et le mettre au défi de recommencer la guerre du Bien public.
Le comte de Charolais apprit toutes ces nouvelles coup sur coup: il en devint comme enragé. Nous
avons VU sur qui tomba celte rage: sur la pauvre ville de Dinant.
Alors, il établit à Brui:cs une espèce de congrès |)our aviser aux moyens de faire la guerre au roi de France.
Des ambassadeurs du duc de Bretagne, du duc do Ftcrry, du duc de Calabrc, du duc de Bourbon et du connétable s'y trouvèrent.
«les trois derniers venaient-ils pour représenter leur maître ou pour espionner le comte ?
On espérait prendre Louis par la Savoie. Le vieux duc était mort ; son fils Amé IX régnait. Il avait épousé madame Yolande de France, sœur du roi ; celle-ci haïssait son frère ets'étail faite Savoyarde : entre les deux alliances, Bourgogne et France, elle conseillait à son mari celle de Bourgogne.
On en était là, lors(|ue Philippe le Bon fut tout à coup saisi d'une Fiouvelle et violente atla»jue d'apoplexie.
M. de Charolais était à Gand. Mande aussitôt par un courrier, il arriva àBrugesvers midi, le 15 juinll46r).
Il ne fit que sauter à bas de son cheval et courir à la chambre du duc.
Le moribond était sans mouvement , presque sans connaissance.
Le comte se jeta à genoux près de son lit , sanglotant et criaat :
— Donnez-moi votre bénédiction, mon père , et si je vous ai offensé , pardonnez-moi !
Le confesseur du duc était à son chevet.
— Monseigneur, dit-il, s'il vous reste quelque connaissance , si vous entendez la prière de votre fils, témoignez-en par quelques signes.
Alors le mourant fit un effort, tourna l'œil vers le comte et sembla lui serrer faiblement la main. Ce fut tout ce que le comte en put tirer.
Le soir, entre neuf et dix heures, Philippe le Bon rendit le dernier soupir.
CHARLES LE TÉMÉIIMUE. 303
De celle mori, toute prévue qu'elle était, le comte sembla devenir fou. Cet homme auv passions iniomptécs semblait vouloir tout vaincre, m^mc la mort! Il se précipita sur le lit, se tordant les mains, hurlant de désespoir. Rien ne le put calmer que sa douleur même, qui s'épuisait par son excès. Durant plusieurs jours, il ne pouvait, sans fondre en larmes, rencontrer un serviteur ayant appartenu à son père.
Les obsèques eurent lieu le dimanche 21 juin. Klles furent splendides.
Philippe le Uon laissait à son fils des trésors immenses et auxquels celui-ci était bien loin do s'attendre*.
Le vieux duc avait soixante et douze ans; il avait ré«,mé jusle un demi-siècle. Trois fois il avait été marié : la première fois, à madame Michclle, lille du roi Ciharles VI ; la seconde, à Honiic d'Artois, fille du comle d'Iji ; la troisième, à Isabelle dfî Portutral , dont il av:\il eu trois enfants : Jodoc
:iOi CHARLES LE TÉMÉRAIRE.
et Antoine, qui moururent en bas âge , et le duc (Charles, qui lui succédait et dans la personne duquel devait s'éteindre la descendance mâle de la seconde maison de Bourgogne.
LA CUEILLOTTE
A cette mort du vieux duc , son successeur acquérait non-seulement, comme nous l'avons dit, des richesses immenses, mais encore ce qu'il attendait avec une bien autre impatience que tous les trésors de la terre, l'exercice libre et entier de sa volonté.
Il est vrai que, depuis un an ou deux, Philippe le Bon n'était plus qu'un fantôme ; pourtant arrivait-il parfois que le fantôme se plaçait entre son tils et le but que poursuivait le jeune prince.
Charles le Terrible allait donc désormais allier ces deux mots : vouloir et pouvoir.