‹ Charles le téméraireChapitre 8 sur 11 · LES DEUX COUSINS · texte numérisé non relu

LES DEUX COUSINS

Pendant toutes ces promenades du roi de France, le comte de Charolais était à Gorcum, en Hollande.

Un beau jour, Olivier de la Marche, écuyer du comte, arriva près du duc de Bourgogne; il venait, delà part de son fils, lui donner connaissance d'un fait qui ne manquait point de gravité.

Une espèce de bravo, nommé le bâtard de Rubempré, longtemps serviteur du duc, mais depuis une année au service du roi de France, venait de se laisser prendre à Gorcum, au moment où il s'informait de la façon de vivre du comte, de ses heures de promenade, et de quelles personnes il était d'habi-

tude accompagné. Arrêté dans une église où il s'était réfugié, ledit bâtard avait si mal répondu, que le comte ne doutait point que cet homme n'eût mission du roi de France de l'enlever, comme il en avait été, deux ans auparavant, de Philippe de Bresse ; ce qui confirmait les soupçons du comte, c'est que les compagnons du bâtard, à la nouvelle de son arrestation, s'étaient sauvés, laissant leur barque dans le port d'Hermus. Ils étaient une quarantaine.

Convaincu ou non convaincu, chacun parut être de l'avis du comte.

Ainsi, Louis XI venait de jeter le masque, et c'était en ennemi déclaré qu'il fallait le traiter désormais.

Le comte de Charolais profita du moment. Il y avait longtemps que cette paix dans laquelle il était obligé de vivre lui pesait. La trahison des Croy était patente ; sous le souffle invisible qui les pous*

sait, leur puissance était devenue presque royale : ils occupaient la marche allemande, le Luxembourg; la marche anglaise, Boulogne et Guignes ; la marche française, les villes de la Somme ; le Hainaut était dans leurs mains ; ils recevaient le vin royal et seigneurial à Valenciennes ; tout cela leur était venu en deux ans, coup sur coup. Quand le roi de France était derrière les gens avec son ambition, les gens marchaient vite !

Le comte fit voir tout cela au duc, qui le voyait depuis longtemps, et, dans un manifeste, il déclara une guerre à mort aux Croy. Les plus timides des favoris se mirent à l'abri ; un d'eux, voulant tenter une dernière ressource, se réfugia près du bon duc. Philippe lui promet de le protéger, prend un épieu, sort en chancelant, appelle à son aide. Mais personne ne vint; au contraire, on se sauva plutôt. Tout le monde croyait le vieux duc mort et enterré: on le prit pour son fantôme.

A partir de ce moment, le jeune duc change de peau; il laisse là celle du comte de Charolais et revêt celle de Charles le Terrible, comme on l'appela d'abord.

Son premier acte fut de faire mettre à mort le trésorier de son père ; vieille rancune d'enfant prodigue! probablement ce trésorier lui avait refusé de l'argent. Puis, le 24 avril 1465, il créa un impôt qu'il fallait payer en mai; en même temps, ordre était donné à toute la noblesse de Bourgogne et des Pays- Bas d'être sous les bannières le 7 mai.

On y fat.

Le 7 mai, Charles passait la revue de quatorze cents hommes d'armes et de huit mille archers, sans compter les coulevriniers, les cranequiniers, les coutilliers, les gens de charroi.

Contre qui tous ces préparatifs? Il était évident que c'était contre l'universelle araignée, comme dit Châtelain.

Charles, si peu politique et si peu patient qu'il fût, profitait du bon moment : il y avait grande émotion contre le roi parmi les princes.

Quelle nouvelle tyrannie Louis XI avait-il donc commise?

Il avait voulu réglementer la chasse.

« Le seigneur, dit Michelet, enferînait ses manants comme sous portes et gonds ; du ciel à la terre, tout était à lui : forêts chenues, oiseau dans l'air, poisson dans l'eau, bête au buisson, l'onde qui coule, la cloche dont le son au loin roule... »

Làoiî le seigneur avait droit, la bête avait droit— cerf, sanglier, chevreuil, lièvre, lapin, de brouter et retourner le blé vert;— pigeon, de le manger en épis.

Un jour cependant, si cerf, sanglier ou chevreuil faisait trop de dégâts, le seigneur venait avec meute chevaux, valets ; il chassait le cerf, le sanglier ou le chevreuil, et ce qui était resté debout, de îa den' du cerf ou de la défense du sanglier, était mis bas

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SOUS les pattes des chiens et les pieds des chevaux.

En Dauphiné, en même temps qu'il désennoblissait les gentilshomm*es en ennoblissant les vilains, la première idée d'une réforme de la chasse était venue à Louis XI ; il s'était un jour essayé chez le seigneur de Montmorency. Ayant eu l'honneur de recevoir le roi chez lui, le noble sire voulut lui faire les honneurs d'une grande chasse; à cet effet, il réunit et accumula dans la cour de son manoir filets, panneaux, épieux et une foule d'autres engins de destruction.

Le roi, sans rien dire au maître, donna ordre à un ancien serviteur d'aller mettre le feu à ces engins, qui furent tous brûlés; de sorte que la chasse ne put avoir lieu.

Un édit était tout prêt, disait-on, ordonnant que, dans un délai de quatre jours, à dater de celui de la publication, tous ceux qui avaient filets, rets ou pièges, eussent à les remettre aux baillis royaux.

Par ce même édit, il était défendu aux princes et

seigneurs, de quelque condition qu'ils fussent, de chasser, sous peine corporelle et pécuniaire.

Un gentilhomme de Normandie avait chassé et pris un lièvre, malgré la défense du roi, disant qu'il était roi sur ses terres ; Louis XI, pour lui prouver que non, lui avait fait couper une oreille

Ce n'est point que Louis XI détestât la chasse : au contraire, il l'aimait tant, que toutes ces défenses, assurait-on, n'avaient d'autre but que de la réserver à lui tout seul.

Puis le roi faisait quelque chose de bien plus étrange et de bien autrement honteux : il payait aux paysans le dégât que leur faisaient ses bêtes !

On avait lu dans les registres de ses dépeuses :

« Un écu à une pauvre femme dont les lévriers du roi ont étranglé la brebis. »

« Un éeu à une autre doBt le chien du roi, appelé Maguet, a tué l'oie auprès de Blois. »

« Un écu à une autre dont les chiens et les lé-

vriers ont étranglé le chat, près de Mont-Louis, route de Tours à Amboise. »

Enfin : « Un écu à un pauvre homme dont les archers, en traversant son champ pour aller joindre droit au grand chemin, ont gâté le blé. »

Il n'y avait donc plus de seigneurs, il n'y avait donc plus de manants, si le roi, qui était le seigneur des seigneurs, comptait avec les paysans.

Tant il y a que les seigneurs s'émurent.

Le roi leur avait déjà pris la guerre, et voilà qu'il leur prenait la chasse; que leur resterait-il donc?

Le plus rancunier de tous les princes était le duc de Bretagne, lequel était presque un roi, et avait le plus à perdre à la subtilité de cette main jalouse, qui se glissait partout, se posait sur tout.

Il résolut cependant de jouer le jeu du roi. Il lui envoya une grande ambassade. Louis la reçut à merveille, et s'amusa à vouloir gagner le chef tîc celle ambassade ; puis, un beau jour qu'il croyait

l'avoir séduit, celui-ci partit, lui enlevant son frère, le duc de Berry.

On allait, selon l'habitude du temps, faire la guerre à l'aîné avec le cadet; c'était encore ce qu'il y avait de mieux quand on ne pouvait pas la faire au père avec le fils.

Aussi, le 22 mars, le duc de Bretagne se déclare ennemi de quiconque sera l'ennemi du duc de Bourgogne, et cela, sans en excepter monseigneur le roi.

Trois armées allaient donc marcher contre Louis XI.

Une armée bourguignonne et flamande sous les ordres de Charles ;

Une armée bretonne sous les ordres du duc de Bretagne ;

Une armée de mécontents sous les ordres du duc de Bourbon.

Il y avait de quoi effrayer un plus grand guerrier que Louis XI , et peut-être fut-ce parce qu'il n'était pas grand guerrier qu'il ne s'effraya point.

Notez que , sur les vingt-sept provinces du royaume, il n'en possédait que quatorze.

Seulement, il avait un nombre respectable de francs archers, quelques solides compagnies d'ordonnance, une belle et bonne artillerie.

L'argent manquait.

Bah l à lin homme du génie de Louis XL l'argent ne manquait jamais ! L'argent pouvait manquer à Louis XI pour faire emplette d'un chapeau neuf; mais il trouvait deux cent mille écus pour acheter les villes de la Somme.

Ne comptait-il pas de bons amis à l'étranger, parmi les marchands de Venise et les banquiers de Florence? et croyez-vous que ce fût gratis qu'il permettait à Pierre de Médicis, son ami et féal conseiller, de joindre à ses armes les trois fleurs de lis de France?

Puis il avait, le bon roi Louis, depuis longtemps

en tête une idée qu'il désirait mettre à exécution. I. la

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L'occasion était bonne.

Cette idée, c'était la poste ; la poste aux chevaux , qui amena naturellement la poste aux lettres. C'était une imitation des anciennes postes de l'empire romain ; mais Louis XI, comme Molière, prenait son bien où il le trouvait.

De quatre lieues en quatre lieues, il y aurait un relais où l'on fournirait des chevaux aux courriers du roi, — à nul autre, sous peine de mort.

Le roi payait la somme, énorme à cette époque, de dix sous par cheval pour chaque relais franchi, c'est-à-dire pour chaque course de quatre lieues.

Cette fois , il était bien véritablement l'araignée au centre de sa toile : les nouvelles venaient de la circonférence au centre ; les ordres rayonnaient du centre à la circonférence.

Puis il fit une alliance avec la Bohême et Venise.

Venise lui prêterait des galères ; la l'ohême attaquerait le Luxembourg*

Ses autres alliés, dont on s'était tant étonné, ne lui manquèrent point alors.

Sforza envoya son propre fils Galéas dans le Dauphiné, avec huit cents hommes d'armes et trois ou quatre mille fantassins. Ferdinand, le bâtard, tint les Provençaux en alerte avec ses vaisseaux. Le comte de Foix. donna ses Basques.

Le roi se mit en campagne. Son intention était, à force de célérité, et en se transportant d'un bout de la France à l'autre, de battre ses ennemis séparément.

Ce fut latactique employée, depuis, par Napoléon.

L'armée française était peu nombreuse, mais parfaitement ordonnée ; si bien que personne, excepté l'ennemi, n'avait peur de la voir venir; laboureurs, hommes d'Église, marchands, étaient aussi en sûreté au milieu de cette armée qu'ils l'eussent été dans Paris même. « Jamais, dit un contemporain, on ne vit si gracieuse guerre. »

Louis poussa droit au Bourbonnais, Il laissa Bourges derrière lui, sans s'inquiéter ni de la ville ni de sa garnison, tactique qui se rattache encore au génie moderne. Il emporta Saint-Amand, Montrond, Montluçon en trois jours. Sancerre, voyant la douceur avec laquelle on traitait les vaincus, se rendit d'elle-même.

Au bout d'un mois, tout eût été fini en Berry, si les gens du duc de Bourbon n'eussent tenu Bourges, et en Bourbonnais, si le maréchal de Bourgogne n'eût tenu Moulins.

Louis comptait, en outre, sur une famille pour laquelle il avait fait énormément : c'était celle des Armagnacs.

Il avait écrit au comte qu'il l'attendait, lui et ses garçons, et d'Armagnac avait répondu que sa maison avait toujours été bonne servante de la maison de France, et qu'elle ne manquerait point au roi, à qui elle devait tant.

En effet, pendant quinze ans, sans que l'on s'ex» pliquât pourquoi, Louis avait comblé le bâtard d'Ar magnac : il lui avait donné le Comminges et les gouvernements de Guyenne et de Dauphiné, attachant en quelque sorte au ceinturon de son épée la clef des Alpes et celle des Pyrénées.

Ce bâtard d'Armagnac était un misérable condamné pour meurtre et pour faux , et qui avait épousé sa propre sœur !

En dernier lieu, il l'avait, fait duc de Nemours, lui donnant des biens immenses autour de Paris, dans les diocèses de Meaux, de Châlons et de Sens. De plus, il érigea la donation en duché-pairie, et fit asseoir le titulaire entre le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne.

Un matin, le roi reçoit enfin la nouvelle de l'arri- •?ée de ce Nemours, et, à son grand étonnement, la demande d'un sauf conduit.

te messager, en effet, avait une seconde mis-

sion : c'était de s'entendre avec l'évêque de Bayeux, qui était dans l'armée royale, pour livrer Louis XI aux princes ; une fois entre les mains des princes, le novateur couronné était contraint d'accepter un conseil de famille composé de l'évêque de Bayeux et d'un autre évêque au choix de ceiui=ci, de huit maîtres des requêtes et de douze chevaliers.

Louis XI éventa le complot. Nemours passa 'aux princes, et le comte d'Armagnac leur conduisit les six raille Gascons qu'il avait promis au roi de France.

On crut Louis perdu ou tout au moins découragé. Point! il connaissait admirablement le pays : c'était celui où, autrefois, il vivait fait la guerre à son père ; il s'agissait d'étonner les princes par la rapi dite des manrauvres ; il marcha sur Verneuil, prit la ville et la rasa, fit attaquer sous ses yeux Gannat par le maréchal de Comminges, Sallazar, Giresme et Guillaume Cousinot. En quatre heures, la ville

fut emportée d'assaut; le roi se fit apporter un œuf qu'il goba tandis que l'on emportait le château; puis il s'en vint coucher à Aigueperse. Le lendemain, son armée occupait les villages de Mosat et de Marsat, et offrait la bataille à l'armée des princes.

Les princes n'osèrent accepter. Le duc de Bourbon alla se cacher dans un moulin. Le duc de Nemours vint trouver le roi, lequel, avec la faiblesse étrange qu'il avait pour lui, écouta ses protestations, et lui accorda une trêve comprenant l'Auvergne, le Bourbonnais, le Berry, et même les marches de Bourgogne, si les Bourguignons s'abstenaient d'hostilités.

De leur côté, les princes jurèrent qu'ils serviraient le roi envers et contre tous comme leur souverain seigneur.

Cette campagne n'avait réussi que par un miracle de stratégie. Au reste, il était temps qu'elle finît: le comte de Charolais n'était qu'à dix lieues de

Paris, et le roi en était à près de cent; or, en perdant sa capitale, Louis risquait de perdre son royaume; il savait parfaitement cela.

Mais il n'avait rien omis pour tenir Paris en bonne disposition: il y avait laissé Charles de Melun, un de ses plus habiles et, à ce qu'il croyait, un de ses plus fidèles lieutenants, assisté de maître Jean la Balue,évêqued'Évreux, nommé tout récemment, et auquel le roi avait laissé entrevoir le chapeau de cardinal.

Charles de Melun proclama les anciennes ordonnances sur la garde de la ville; le guet fut rétabli ; les chaînes des rues, enlevées aux bourgeois sous Charles. VI, furent réparées et remises en état.

Louis avait écrit aux habitants de la capitale : il les reraerr-iait de leur loyauté, dont ils n'avaient pas encore donné preuve; il leur déclarait que Paris était la ville qu'il aimait le mieux au monde, et leur annonçait qu'il allait y envoyer accoucher la reine.

En même temps, tous les prédicateurs prêchaient pour le roi.

La campagne admirable qu'il venait de faire, l'artillerie de JeanBureau, à laquellerienn'avaitrésisté, étaient bien pour quelque chose dans les prières des prédicateurs. Le clergé aimait peu Louis XI.

Le comte de Charolais et le comte de Saint-Pol étaient à Samt-Denis.

Ils avaient, une fois, voulu entrer en pourparler avec maître Jean de Popincourt, seigneur de Sarcelles, et maître Pierre Lorfèvre, qui étaient de garde à la porte Saint-Denis, et demander des vivres pour les Bourguignons ; mais les deux capitaines avaient refusé la conférence, et, au premier mouvement hostile, avaient tiré sur les Bourguignons.

Le comte attendait les princes: il ignorait qu'ils eussent été battus et qu'ils eussent fait leur soumission.

11 se présentait comme lieutenant du duc do

B'rry, frère du roi; partout, sur son passage, au nom du duc de Berry, il abolissait les tailles et les gabelles ; à Lagnj^ il ouvrit les greniers à sel et brûla les registres des taxes.

Tout à coup, le comte de Charolais apprit que le roi revenait victorieux, et avec l'intention de lui livrer bataille. Il passa aussitôt la Seine au pont de Saint-Cloud, et marcha au-devant de son adversaire pour l'empêcher de rentrer dans Paris.

Puis il attendait, par l'Anjou, le duc de Bretagne et le duc de Berry ; en marchant vers Fontainebleau, il se rapprochait toujours d'eux de quelques étapes.

Louis avait lancé en avant le duc du Maine, avec ordre de disputer le passage aux deux auxiliaires ; mais le duc du Maine ne s'était pas jugé assez fort pour risquer de leur couper le chemin : il les avait laissés suivre leur route sur Chartres, et était allé rejoindre le roi à Beaugency.

Que ferait le roi? marcherait-il au duc de Bre-

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tagne? marcherait-il au comte de Ciiarolais?

Son avis était de rentrer dans Paris sans combattre ni i'un ni l'autre; mais, si bon stratégiste qu'il fût, il était peu probable qu'il réussît à accomplir cette manœuvre.

Le sire de Brezé croyait les Bretons plus faciles à défaire que les gens du duc de Bourgogne: il était donc d'avis que le roi attaquât les Bretons. Puis ii ajoutait que parmi les Bretons se trouvaient le sire de Lohéac, le sire de Bueil et le comte de Dunois, tous anciens serviteurs du roi Charles VII, et qui, sans doute, n'oseraient pas combattre son fils.

— Mais, vous, dit en riant le roi, vous avez autrefois signé cette ligue du Bien public, sénéchal !

— Bon ! répondit celui-ci en riant à son tour, ils ont ma signature, c'est vrai, sire; mais, vous, vous avez ma personne.

— Ahçà, sénéchal, demandale roi,avez-vous donc peur, que vous me conseillez d'éviter la bataille?

ift.

-- Pour cela, non, sire, repartit Brezé, et je le ferai ^ien voir à la première occasion.

«- Eh bien, alors, dit le roi, marchons sur Paris et hardiment.

C'était le roi Louis qui était plus acharné que les hommes de guerre !

Tout au contraire, le comte de Charolais, se voyant isolé, trouvant les Bretons lents à venir, n'eût point été fâché, lui, d'éviter la bataille; seulement, ce n'était point l'affaire du comte de Saint- Pol, qui voulait être connétable.

Le 14, le roi écrit à Paris qu'il arrivera le 46, et ordonne à Charles de Melun, sonlieutenant général, de lui envoyer deux cents lances, avec le maréchal de Rouault. Puis il continue son chemin.

Le i6 au matin, il était à Chartres; il avait marché toute la nuit.

Arrivé là, ir sut que l'armée du comte de Charolais était à Monthéry.

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