‹ Charles le Téméraire et René de LorraineChapitre 11 sur 14 · HO · texte numérisé non relu

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Uwsque les sentinelles qui gardaient le reinpart Tirent s'avancer l'année lorraine, elles àon^ nèrent aussitôt l'alarme en sonnant de la trompe. ti Tous ceux de la vlUe commencèrent à prendre leurs bastons. » lisse rendirent avec la garnison aumur d'enceinte, mais les Bourgniguons virent à la joie que manifestaient les habitants d'Epinal que leur intention n'était point de combattre les assiégeants. Se sachant hors d'état de résister sans le concours des Spinaliens, ils se mirent à implorer l'intervention des gouverneurs municipaux pour avoir la vie sauve, leur'' disant : « Hélaa, Messieurs, pour Dieu, ayez pitié de nous, que nous ne mourions point et que nous nous en allions tons avec seulement un baston on la main.» Et la municipalité de répondre: «C'est ung droict et légitime seigneur et eeluy qui nous doit entretenir; n'ayez double vers luy ; vostre appoinctement ferons,par tel si que vous vous en irez saufs vostre corps et vos biens, excepté que seulement que devons aultres deux des plussuffisans demeureront, tant que toutes vos debtes et dépens soient payés et que chacun soit content ; et de nostre duc aurez sauf-conduit, pour vous en aller en Bourgogne ou où il vous plaira (1). v

René 11 tînt les engagements pris en son nom par les bourgeois d'Epinal En passant au pied de

()) Chronique, col, 80.

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la colline escarpée qui couronne le château, il ■ essuya une déchaîna d'armée à feu ; mais il reçut les clefs d'une porte de la ville, la porte de Fontaine, des mains des « gouverneurs » de la cité. Il renouvela aux Bourguignons les assurances pacifiques faites par le maire et les échevins. Puis il fit dans Epinal sonentrée solennelle, « Devant luy marchoient trois ou quatre mille bons combattans, fous bon en poinct et tous jeunes gens, tous coulevriniers, picques et hallebardes. Le duc, les comtes et la baronnie aussy, trois à trois, les trompettes devant. Beau les faisait veoir. Hommes, femmes et enfants, chacun faisait au dncbonveignant. Mille piestons estoient derrière et par ordre alloient : c'estoit chose plaisante à les veoir. Quand le duc fust losgier et toute la chevallerîe et les piestons, le duc René envoya incontinent ung hérault vers le capitaine que on chastel estoit, requit que luy rendit, ou autrement le siège devant mectroit. Quand ledict capitaine ouyt le hérault, sans luy conseiller, il congneut bien que luy et ses gens, se tenir voulaient ils estoient perdus. Ledict capitaine envoya près du prince,luy demandant grasce pour luy et ses gens, d'avoir leurs corps et leurs bagues sauves, ledict chasteau au duc rendroict. Ce qu'il lui octroya et en moins de deux heures hors dudict jhasteau tous s'en allèrent. Le duc René fit à tous ceulx de ladicte garnison tel appoinctement

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que dessus est dict. Qooy faict,les boni^^îs vîarent au duc eulx présenter, luy promettant de luy estre bons et loyaulx an temps advenir et de tous mourir pour son bon droict. Le prince mille fois les remercia, ensemble du bon qu'ils luy avoient faict, leur disant : « Si Dieu m'ayde contre mon adversaire et que de luy puisse jouyr, toujours en mesmoire vous auray comme mes amys (1). «

Les protestations de dévouement des Spioaliens étaient sincères. Ils souffraient cruellement dans leursiatérôis matériels, n'ayant plus de relations avec les autres villes de Lorraine depuis le commencement de la campagne. Quand ils se rendirent, le blé valait dans la place 2 francs le résal, et c'était à peine si l'on pouvait en trouver. Indépendamment de ces privations, dont les habitants rendaient le duc de Bourgogne responsable, ils n'avaient aucune sympathie pour le Téméraire, qu'ils considéraient comme un ennemi de leur patrie et non comme son sauveur.

René II mit une forte garnison dans Epinal .

la garde en fut confiée à 400 Allemands, commandés par les sires Adam Sorne, Gaspard Bomann et Cagneret. Ces trois chefs étaient eux-mômes subordonnés à Menaut Daguerre, spécialement chargé de la défense du château avec trente Gas-

{0 Chronique, eod. toco.

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cons, « tous gens do guerre et de bonne façon u . Avant de partit*, le duc ât assembler Allemands et Gascons sur la grande place, ainsi que la no~ blesse, la bourgeoisie et les « gouverneurs » de la ville, pois il « leur recommanda moult affectueusement de bien garder ladicte ville et cliasteau» . Ils le lui promirent. Il retournaen Alsace. Ses excellents hôtes, les Strasboui^eois, réunirent encore une armée de 6.000 hommes, « avec grosse et menue artillerie, et les ont mis au service dudit prince. Moult humblement les a remerciés et en Lorraine les a tous menés » (1).

Pendant son absence, les capitaines lorrains ne demeuraient pas înactifs. Us recrutaient des partisans chaque jour plus nombreux. Dès qu'ils apprirent l'arrivée de leur prince, ils réunirent leurs troupes, après avoir laissé dans les places des garnisons sulHsantes, et marchèrent tous ensemble au-devant de lui. Ayant opéré sa jonction avec eux, René alla camper sous les murs de Nancy. A l'exemple du Téméraire, il établit son quartier général dans la Commanderie de Saint- Jean (15 septembre 1476). Le soir du môme jour, vers minuit, il y réunit tous les chefs de son armée et leur dit : « Messieurs, je veux aller tout autour de la ville, au plus près des fossés et veoir toutes les approches, qui sont dès que mon adver-

(I) Chronique, eod. loco.

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saire la lenoit assiégée. Je suis desliberez les assaillir tous àl'entourau plus proche des fossés o. Lny ont respondu : « Monseigneur, il n'y a que bien, mais poinct n'irez, pour éviter tous dangiers. » Il leur répliqua : « Allons nous y en tous et adviserons pour cette nuict à faii-e les approches. » Il se dirigea vers la poterne du Sud-Est, suivi de sesofficiers. Parvenu au fossé, il demanda si quelqu'un pouvait le conduire dans sa reconnaissance. L'auteur anonyme de la Chronique de Lorraine s'y offrit, a Le duc luy a demandé : « Me conduiras-tu bien ez logis que les Bourgon- « gnons icy feirent ? Ouy Monseigneur, ne vous (1 doublez, tout au long jusques à la porte de la « Graffe vous mesneroi. » René lui mit la main sur une épaule, afin de ne point le perdre de vue dans l'obscurité; puis tous entrèrent sans bruit dans les tranchées ouvertes par tes ennemis lors du siège de 147b. Ils les parcoururent sans encombred'uneextrémité à l'autre. Cetteexplopation terminée, le duc tint à ses capitaines le langage suivant; « Messieurs, tout ung chacun de vous avec vos gens, faîctes environner la ville. Walter de Tanne, vous aurez la charge de la porte Saint- Nicolas jusques à la poterne (du vieil Aitre) ; et vous, Haruexaire, vous aurez depuis ladicte poterne jusques à la Tour Sar, et Seton, vous aurez le quartier de la porte de la Crafie; et vous, Honnest, depuis ladicte porte, aurez le costé dederrier

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la Cour; et chacun fasce son debvoir de faire le plus près que on pourra les approcher. » Ils se rendirent tous à leurs postes, sans tarder. Harnexaire emmenait deux serpentines. Mal gardées elles furent prises peu après par les Bourguignons qui les jetèrent dans les fosses (1). .

Cet insuccès ne découragea pas les assaillants. En l'apprenant, René s'écria : « De par Dieu, j'ay espérance que bref la ville à, moy se rendra ; toute l'artillerie que j'ay, se luy fauldra mectre. Cellelà y est ja : cesL avantaige m'ont faict. » Les paroles ironiques de leur prince rendirent aux Lorrains toute leur ardeur. Sous sa direction, ils creusèrent autour de Nancy de vastes tranchées, où ils accumulèrent l'artillerie et les approvisionnements en vivres et munitions. A l'Est et au Sud, entre la porte Saint-Nicolas et la grande tour, ils avaient " deux grosses bombardes, jectant de merveilleuses pierres. Quand elles tiroient, ceuix de dedans (la place) tous se cachoient. Bien veoient que prez esloient serrez. Rien ne leur venoit; les vivres jàleur faiUoient et dehors ou avoit les vivres à plantée à puissance. De jour etdenuict, de grosses bombardes et de menus bastons incessamment contre la ville on tiroit (2). »

La disette forçait les assiégés à user de strata-

(I) Chronique de Lorraine, co!. I (i) Idem, col. 82.

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gèmes pour se procurer des vivres au dehors malgré le blocus. L'une de ces ruses mérile d'être rapportée, d'autant qu'elle provoqua un sérieux engagement. Un Picard de la garnison, a veant que son che%'al à mangier n'avoit », résolut de l'utiliser avant sa mort. Il bourra de paille et de morceaux de bois un pourpoint et des hauts-decbdusses, les attacha ensemble, les plaça sur son cheval, les arma d'une cuirasse, de brassards et de jambards, les couronna d'un casque. Dans un des gantelets, il passa une javeline, dans l'autre les brides ; puis il fit sortir le coursier, ainsi monté, par la poterne de la Cour, au nord de la ville. De ce côté, sur l'emplacement delaPépinière actuelle, s'étendait une vaste prairie, bordée par des marais et des étangs communîquajit avec la Meurtbe. Aussitôt quelabète affamée sentit l'odeur de l'herbe, elle courut au pré, mais elle ne put même pas, comme l'âne de la fable, en tondre o la largeur de sa langue ». Les brides nouées après le gantelet du mannequin ne lui permettaient point de baisser la tête. Irritée de l'obstacle, elle courut en tous sens, attirant, comme l'avait espéré son maître, l'attention des assiégeants. Trois ou quatre Allemands, « cuydant aveoir ung aventurier » lui coururent sus, l'atteignirent et menacèrent l'homme de paille avec leurs piques, lui criant: « Rends-toi! » Pour toute réponse, le cheval, effrayé, les bouscula et recommença sa

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course folle. Le Picard, qui d'un bastion suivait les péripéties de cette burlesque aventure, crut ie moment venu de tenter la sortie qu'il méditait. Son but était apparemment de ravitailler Nancy, ou tout au moins de faire des prisonniers qu'on échangerait contre des vivres. Une forte troupe de Picards et d'Anglais s'élança par la poterne vers les Allemands qui, tout à leur pourchasse, ne l'apercevaient point. Mais Honnesteinet Seton se précipitèrent à la tête de leurs hommes au secours des Allemands et contraignirent leurs agresseurs à se replier. Au lieu de laisser ceux-ci rentrer dans la place, la garde de la poterne leva le pont-levis. Force futaux Anglais et Picards de se réfugier dans le fossé. L'artillerie et la mousquelejie des remparts les protégèrent contre les assiégeants, qui durent à leur tour battre en retraite (1).

L'insuccès de cette sortie ôta au gouverneur de Nancy, M. de Bièvre, tout espoir de ravitailler la place. Il fit abattre les chevaux de ses troupes, afin de pourvoir à leur nourriture. Donnant à cet égard l'exemple à ses subordonnés, il enjoignit de tuer « le plus beau coursier qu'il eusl » et, voulant rendre courage à ses officiers, il leur en distribua les morceaux: « Messieurs, leur dit-il, ne vous doubtez de rien, je suis bien asseuré que

(1) Chronique, eodem loco.

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M" le duc de Bourgongne bien bref vous viendra jecter hors de ce dangier. » Quand on eut mangé la plupart des chevaux , ce fut le tour des chiens. Les mercenaires anglais et picards, habitués à être largement traités, ne cachaient point leur mécontentement de faire aussi maigre chère. Ils patientèrent pourtant durant huit jours ; puis ils laissèrent éclater leur irritation et déclarèrent en termes impérieux au sire de Bièvre qu'ils refusaient de continuer plus longtemps la résistance. « Nous vous requérons, lui dirent-ils, que fictes que nous soyons rendus par ung bon apponctement. Nous ne pouvons endurer de mourir de faim. Nos chevauls sont jà la plupart morts. Il n'est possible de plus endurer. » Le gouverneur se mit à genoux devant eux, les suppliant » de tenir encore huit jours » : « Messieurs, s'écriait-il, je vous certifie, voici venir M'' le duc de Bourgogne qui nous vient secourir. » Us lui répliquèrent : « Tantûst vers le duc René irons et supplierons qu'en luy rendant la ville, saufs nos corps et nos biens, il nous laisse allir. » De Bièvre, n'ayant pu les émouvoir, protesta hautement contre leur lâcheté et leur insubordination. Il déclara que leur mutinerie le contraindrait seule à se rendre et que le duc de Bourgogne serait en droit de leur demander compte d'une capitulation aussi précipitée. Ses reproches n'eurent pas plus d'effet que ses supplications. Les mutins se con-

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tentèrent de lui dire: «N'ayez soulcy, nous vous en porterons quitte. Il vault mieux de nous rendre que de nous faire tuer (1). »

En présence de leur obstination, le commandant de place dut entrer en pourparlers avec le duc de Lorraine. Il envoya sur le n gros bellewart de la porte Sainct-Nicolas », les sires Jean Multons et Hutin de TouUons, qui, du haut du rempart, demandèrent aux assiégeants à parlementer. Le bâtard de Vaudemont, Petitjean de Vaudémont et l'écuyer Gérard s'avancèrent au bord du fossé et leur crièrent qu'ils allaient en référer à leur prince. En effet, ils se rendirent immédiatement auprès de René II, « que à Sainct- Jean estoit ». Ils lui firent part de la demande des Bourguignons. Sur son ordre, des saufs-conduits furent accordés aux parlementaires qui vinrent « bonnestement babilles » jusqu'à la Gommanderie, en traversant le camp lorrain où ils étaient accueillis avec déférence. En apercevant le duc, ils s'inclinèrent profondément et lui dirent: « Monseigneur, Monsieur de Bièvre, votre oncle (2), à vous se recommande ; il vous supplie

(\] Chronique, co\. 83,83. — V. également le récit de cette sédition dansO. deLa Marche, 1. II, ch. viii, et dans Commines, 1. V, ch. t.

(2) Jean de Rubempré, sîre de Biâvre, était fîls d'Antoine de Rubempré et de Jacqueline de Croy. Cette dernière était sœur d'Aotoioe de Croy, qui avait épousé, en 1433, Marguerite de Lorraine, tante de René. De Bièvre n'élait donc pas l'onde, mais seulement l'allié de René, qui le traitait d'oncle par déférence.

que vous luy pardonniez, et à nous avec, de ce que ei grande guerre nous vous avons menez.

Nous considérons que le seigneur naturel estes; tous d'un commun accord, la ville de Nancy nous voulons vous deslivrer, par teUe condition que sauviez nos corps, nos biens et nous laissiez aliir. » Le duc répondit: « Ce jour d'espace aurez; demain de matin tous hors en irez et vostre saufconduict aurez. Elisons mainctenant de mes gens quatre cens des plus suffisans, les mettrez dedans, lesquels ne vous feront que tout service de tout ce qu'ils" pourront (1). »

A l'heure du dîner, de Bièvre envoya au duc (I son neveu » un grand pâté de chair de cheval, « en luy advertissantque c'estoit la viande qu'ils mangeoient depuis peu de tema. » Emu de leur détresse et touché de l'attention, Bené ât porter à son oncle et à ses adversaires bourguignons les mets les plus recherchés qu'il put trouver dans son camp, <i force pastez de venaison, chappons et viandes de plusieurs façons et du vin de trois sortes et du meilleur (2) ». Nous laissons à juger si les assiégés furent sensibles à des cadeaux de cette nature, après avoir enduré tant de privations.

De Bièvre exécuta la capitulation loyalement

(1) Chronique, col. 83.

(S) Idem.

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et sans retard (1). Il fît sortir ses troupes le soir môme, par la porte de la Craffe. A peine leur avant-garde parvenait-elle au bourg de Saint- Dizier (2), que des mercenaires allemands la harcelèrent, lui prirent ses bagages et s'enfuirent avec leur butin. Les victimes de cet acte de brigandage retournèrent à Nancy et s'y plaignirent au gouverneur. De Bièvre transmit leur plainte à René, qui fît mander immédiatement ses capitaines et leur dit: « Messieurs, nous avons tous promis que les Boui^ongnons s'en iroient saufs leurscorpsetleurs biens. Au despartir, onlesdestroussa; on m'en afaict plaincte, n Les officiers déclarèrent qu'ils ignoraient ce pillage et promirent qu'un tel méfait ne se renouvellerait plus. « Bien, répliqua le duc, allons tous ensemble et les faisons dehors saillir par le pont leviez : nous garderons que nul ne leur fasse desplaisir. » Et suivi de toute la chevalerie lorraine, il alla se placer devant la Craffe et surveilla la sortie des vaincus. Lorsqu'il vit arriver leur gouverneur, il descendit de cheval, porta la main au chapeau et s'inclina. De Bièvre voulait mettre piedàterre, mais le duc, le retenant, lui dit : n Monseigneur mon oncle, humblement vous remercie de ce qu'avez sy courtoisement ma duchié gouvernée, et s'il

[1) V, le texte de la capitulation dans les prtuves de D. Calmet (t. III, col. 284).

(S) A l'ouest de Nancy. C'est aujourd'hui le « Tauboarg de Metz ■ .

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VOUS plaist, Monsieur mon oncle, avec moy voulez venir demourer, je vous entre Liendray comme ma personne, u L'hommage étaitmérité: pendant son gouvernement, de Bièvre s'était montré envers tous juste, humain et bienveillant. Il ne consentit jamais à satisfaire les rancunes de ses lieutenants, ni à exercer des représailles. Bien plus, il fît preuve d'une extrôme douceur à l'égard des Lorrains et, se conformant sur ce point aux instructions du duc Charles, il traita la Lorraine comme une province bourguignonne. Aux flatteuses paroles de son neveu, il répondit en ces termes : « Monsieur, de celte guerre ne m'enssachiez maulgré et me pardonnez; car j'aymasse mieulx que M'' de Bourgogne ne l'eust jamais commenciée. Jemedoubte qu'à la finluy et tous nous aultres n'y doyens demourer ! » Il prît ensuite congé de René et partit avec tous ses hommes pour Luxembourg (6 octobre 1476). Le siège avait duré vingt et un jours (1). Parmi les assiégés périrent Philippe de Lenoncourt, l'aîné, et Henry de Haraucourt.

(1) V, BUT ce siège la Chroniqiu, locû cit. ; — Commines, I. V, ch. t; — D. Calmei, op. cit., col. lOil à 1045;— Huguenio, Histoire de la guerre de Lorraine (Ueli, 1837).

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