CHAPITRE XI
Retour du Témëraihe en Lorraine
Laissanl une forte garnison à Nancy, René emmena le reste de son armée à Saint-Nicolas, où il lai était plus facile de la ravitailler. 11 y reçut un messager qui accourait en hâte de Neufchâteau pour l'avertir de l'approche du Téméraire. René assembla ses capitaines. Us l'assurèrent de leur dévouement et il fut résolu qu'on attendrait l'armée bourguignonne pour lui livrer bataille. Toutefois, il était nécessaire de reconnaître son importance. Ce fut l'objet d'une expédition que dirigea le bâtard de Bulgnéville. A la tête de « cinq ou six bien montez, portant la croix de Saint-André (1) », il se rendit d'abord dans sa ville (2), y donna ses instructions, puis il se diri-
«) Insigne des Bourguignons. Les Lorrains avaient pour emblâme la croii à double branche transversale.
[3] Bulgnéville, alors si6ge d'un Gef, est aujourd'hui un cheMieu de canton de IS.OOO âmes (arrondissement de Neufcbateau). U se trouvait k droite de la route que suivait lo Téméraire. Le duc, en effet, passait par Bourmont et se dirigeait vers Neufchateau lorsqu'il fut abordé par le sire de Bulgnéville.
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gea vers l'ennemi qui n'était plus fort éloigné de cette place. Il l'aborda résolument, se donna pour un partisan du duc de Bourgogne et, tout en chevauchant, offrit de lui livrer une forteresse voisine, dépourvue de défenseurs : « Je sçais, dit-il, toutes les entrées. Se croire me voulez, nous irons tous à la découverte. Bien vous mesneray. J'en suis asseuré que là gaignerons ; les biens de dedans, nous les aurons, m Une douzaine d'hommes d'armes bourguignons le suivirent. En arrivant à Bulgnéville, ils trouvèrent les portes ouvertes et entrèrent sans dé&ance, « cuydant l'aveoir gaigniez u . Mais le bâtard avait pris ses mesures : des soldats par lui cachés fermèrent les portes et les Bourguignons furent faits prisonniers. Un page s'échappa seul. Il courut informer du piège le duc de Bourgogne, qui « fust bien esbahi et courroucé », mais ne voulut point s'attarder à faire le siège de Bulgnéville, qui ne se trouvait d'ailleurs pas sur son chemin. Il ignorait encore la reddition de Nancy et marchait en toute hâte vers cette ville, espérant arrivera temps pour en secourir la garnison (1).
Gomme il approchait de Toul, il reçut une délégation de ses habitants qui lui dirent : « Se nous vous mectons dedans, vous sçavez que le duc René a une forte armée. Elle nous feroit tous les
(I) Chronique, col, 86.
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maux qu'elle pourroit pour éviter les dangiere. Aux deux faubourgs et es viUaîges à l'entour, vous porrez logier, des biens de la cité assez en auriez. » Les Toulois avaient déjà tenu la môme conduite prudente envers le duc René lorsqu'il traversa la Lorraine, au printemps de 1476, pour aller au secours des Suisses. Charles ne pouvait donc se froisser d'une neutralité aussi impartiale (1). Il fut du reste non moins bien traité que ne l'avait été son rival : « ceulx de la cité des biens lui envoyèrent à planté (2). »
S'il n'eut qu'à se louer des égards et de l'hospitalité qu'il rencontra dans les faubourgs de Toul, il y trouva, par contre, la nouvelle fort décevante de la prise de Nancy, Il en manifesta une vive irritation, «jura Salnct-Georges que, devant qu'il fust les roys, de toute la ducbié seigneur ea seroit, luy et ses gens le duc René chasseroit ou tous morts y demeureroient (3). »
Le 1 5 octobre, le Téméraire quitta les environs de Toul, après y avoir campé un jour. Il projetait d'occuper Pont-à-Mousson, afin d'y prendre une base d'opérations que l'ennemi ne pourrait tourner. Il y établirait aisément ses communications avec le Luxembourg et y appellerait les troupes
(4) V. toutefois, eu sujet de ceUe neutralité : Digot, lit, p. 303, et Ravold, p. fi29.
(3) Chronique, loco cit.
(3) Idem.
de Campobasso, postées à Thionville. Ea apprenant la marche forcée de son adversaire du côté du Nord, le duc de Lorraine se hâta d'abandonner son camp de Saint-Nicolas et de gagner Pont-à- Mousson, où il parvint le 17, en même temps que Charles arrivait à Dieulouard (1) . A Autreville (2), les deux armées s'étaient aperçues tout à coup, séparées seulement par la Moselle. Elles avaient tiré l'une sur l'autre « de grands coups de serpentine 1). La nuit avait mis fin à cette escarmouche et René avait profité de l'obscurité pour dislancer les Bourguignons. A minuit il entrait dans la place qui formait l'objectif des deux ennemis (3).
Charles, qui manquait d'approvisionnements et ne pouvait se ravitailler sur la rive gauche de la rivière, la passa dès qu'il s'aperçut de la disparition des Lorrains. Sur la rive droite, il campa dans les villages qu'avaient abandonnés ses adversaires, après y avoir allumé de grands feux pour faire croire à leur présence pendant la nuit. Il y fut approvisionné par l'évêque de
(1 ) Dieulouard, forte bourgade sur la rive gauche de la Moselle, est, en droite ligne, h 20 kilomètres de Toul, à 7 de Pont-à-Mous- SOQ, à 17 de Nancy, au poiat d'ialersectioa des routes veosut de ces trois villes.
(2) Autreville est un village bâti sur la rive droite de la Moselle, à 15 kilomàlres de Nancy, 10 de Pont -à -Mousson et 27 de Saint - Nicolas.
(3) Chronique, toco cit.
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Melz, Georges de Bade, son fidèle allié, qui n'avait pu lui prêter secours de l'autre côté de la Moselle, oùla route était coupée par Pont-à-Mousson. Il était grand temps que des vivres parvinssent à l'armée bourguignonne : il y avait deux jours qu'elle n'avait mangé. Grâce aux Messins, elle fut abondamment pourvue.
Les habitants du comté de Vaudémont s'étaient armés, avaient formé de véritables milices, et trois cents d'entre eux vinrent à Nancy. Le sire de Ribeau pierre, gouverneur de la place, prié par eux de se mettre à leur tête, n'osa quitter son poste et les laissa partir pour Pont-à- Mousson, où ils espéraient rejoindre leur prince. Au delà d'Autreville, ces malheureux furent assaillis par les Bourguignons et taillés en pièces. Quelquesuns échappèrent à grand peine en se jetantdans un bois (18 octobre). Le lendemain, dès le matin, Charles rangea ses troupes en bataille sur la côte Sainte-Geneviève (1). A leur vue, René sortit avec une forte artillerie de Pont-à-Mousson et vint se poster à Alton (2). Le bois de Loisy i3) l'empêcha de prendre contact avec l'adversaire. La journée se passa en combats d'artillerie et les Lorrains rentrèrent, vers dix heures du soir,
(I) Au Sud-Est de Pont-à- Mousson.
(3) Alton, village â 3 kitom. Ëst-Sud-Ëst de PoQ(-à
(3) A 5 kilom. Sud-Est de ceUe Tille.
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dans la ville, sans avoir pu déloger l'ennemi de ses positions. Us avaient eu soin, avant de partir, d'allumer des feux qui fissent croire à leur présence.
Le jeudi 20 octobre 1476, le duc de Bourgogne vint se présenter devant la forteresse de Mousson, bâtie sur une côte escarpée qui commande le pont de la Moselle, dont le nom, joint à celui de la colline, était depuis longtemps déjà devenu celui de la ville de Pont-à-Mousson (l). René eu sortit, à la tète de toutes ses troupes, et ouvrit un feu nourri sur l'armée ennemie, formée en trois corps. La journée se passa en escarmouches et en canonnades. « Le duc René eût bien désiré que toute son année eust donné dedans ; maïs les Allemands respondirent que bataille ne donneraient pas tel jour qu'estoient esté occis les Innocens. » Force lui fut de céder devant ce scrupule religieux ; mais il ne leur permit pas un ■ repos, durant lequel ils eussent pn être surpris : il les tint pendant toute la journée sous les armes. La nuit venue, il eut recours à son stratagème habituel ; il fit allumer trois à quatre cents feux, puis il donna l'ordre de rentrer dans la place. Les Allemands, furieux de n'avoir pu consacrer ce jour de fête à des réjouissances, ne se couchè-
(1) On arn que Pont- à-MouSBOn était construit sur la rire gauche de la rivière ; Mousson domine l'autre rive.
rent pas cette nuit-là : à la faveur de l'otscurité, ils « rompirent bouticles, coffres et autres choses ; tout fourrageoient. » Les bourgeois se plaignirent amèrement. René convoqua aussitôt les capitaines allemands et leur dit : u Messieurs, comment et quelles nouvelles j'ay entendues que vos gens sont esmeus et qu'ils rompent les bouticleset coffres de leurs losgis. Messieurs je vous prie tous que nous soyons d'accord et qu'ils ne fassent tels dommaigesà leurs hostes. Vous sçavez queceuls de ceste ville nous font et ont faict tous services qu'ils peuyoient ; ils ne sont poinct nos ennemys. Jevousprieqaeleuralliez demonstcer. Syje leur doisaulcune chose, je promects de les bien contenter (1). » Les officiers réprimandèrent leurs soldats ; mais des mercenaires de cette époque n'étaient point soumis à une discipline sévère. Ils trouvaient d'ailleurs fort naturel de traiter unecité alliée en pays conquis (2), Aussi plusieurs de ces soudards ne restituèrent- ils point les objets qu'ils avaient volés. Bien plus, ils crièrent à la trahison et se mutinèrent, de complicité avec leurs chefs de bandes. Ils prétendaient que dans
(1) Chronique, col. 86.
(2| V. entre autres, sur les déprédations et eicèa do toute nature que commettait, jusqu'aux xviii° siècle, la soldatesque dans ses propres garnisons, le travail de M. Petitot-Bellavône, iDtituié • Affaires militaires de Verdun aui n^iV et xtiii" siècles {Mémoiret de la Société ptiilomatiqite de Verdun, 1883) et noire article des Annales de l'Ett (janvier 1891).
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les meubles forcés et vidés par eux se trouvaient des habits, des hocquetons, portant la croix bourguignonne de Saint- André et que, parconséquent, les Mussipontains avaient des intelligences avec l'ennemi. Leurs récriminations sont formulées en ces termes dans la Chronique de Lorraine [1) : « Une fois pour toutes, icy plus ne demeurerons : nous cognoissons que c'est toutes trahisons; nous pourrions tous estre perdus. Vecy que par trois fois devantleduc de Bourgogne onnousa présentez : on ne luy a livré nulles batailles, heshoiictons que céans on a trouvez, ausquels la croix de Saint-André estoit, c'est un mal qu'on vedrait nous fare. Dictes au duc Eené qu'il se deslibero de despartir incontinanl, car se on ne nous ouvre les portes, nous les romprons ! « Et sans attendre aucun ordre de René, ils se dirigèrent en masse vers le rempart, se firent ouvrir la porte de Maidières(2) et se répandirent en désordre sur larive gauche de la Moselle, où ils ne craignaient pas une attaque des Bourguignons, demeurés sur l'autre rive. Le duc et ses chevaliers prirent les armes et coururent après les déserteurs. René s'avança au milieu de ces révoltés et leur adressa une bar2ingue, dont la teneurnous est ainsi trans-
(1) Col. 87 desyrfUDM de dom. Calmet (t. III]. (3) A l'ouest de la place, lirait sod Qom du village de Maidièref, très proche de la ville, dont il est aujourd'hui presque un faubourg.
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mise par notre Chronique (1) : « Messieurs, se serait-il écrié, pour Dieu, mectez-vous en bataille, afin que nous ne soyons perdus pauvrement.
Vou véez à ung traict d'arbalestre nos ennemys : s'ils veoient que nous soyons desvoyez et sans ordre, ils nous feroient grand deshonneur. Je veuls vivre et morir avec vous. Je vous promects, foy de prince, de vous sy bien contenter que de moy vous vous louerez. » Son éloquence les convainquit. Ils reprirent leur ordre de marche habituel , « les coulevrines ensemble , les picquiers de mesme, les hallebardiers aussy » . Par bonheur, un épais brouillard avait masqué au Téméraire les mouvements désordonnés des lansquenets.
Y avait-il réellement un complot tramé par quelques habitants de Pont-à-Mousson contre leur duc î Un fait est certain : à peine avait-il reformé son armée que son adversaire entrait dans la place par la porte « de Mousson», sans rencontrer aucune résistance de la part des bourgeois. Il leureûtété facile, cependant, d'annoncer à René l'approche de l'ennemi. Us ne l'en informèrent point et, quand il voulut rentrer en ville, il vit l'étendard bourguignon flotter sur ses murs. N'ayant ni des troupes, ni des engins suffisants pour faire un siège, il s'achemina vers le Sud et
[1] Eoden loco.
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ne s'arrôta qu'à Liverdun (1), après une marche de six lieues. Parvenu devant cette forteresse, il rassembla ses officiers et, pour relever leur courage, il leur conta l'histoire suivante : « Messeîgneurs, de ce ne suis esbahis ; je vous certifie que dernièrement ung simple homme me dict :
« Monsieur, n ayez soulcy de Monseigneur de Bourgogne; hors de limitte de Lorraine le trouverez; à luy vous et vostre année vous présenterez et ferez manière à luy de vous livrer bataille. A la fin, vous l'abandonnerez et en Lorraine retournerez. Ledict duc de Bourgogne guère ne différera que en ladicte Lorraine retournera. A ceste heure irez quérir secours et là jouyrez de luy et de son armée toute. " Je cognois que la chose doict ainsy advenir et hastivement iray quérir mesamys les Suisses (2). »
René fit passer la Moselle à son armée au gué de Liverdun. Les chevaliers prirenten croupe les fantassins et les transbordèrent tous en plusieurs voyages. « Ledict duc luy-mesme en passa plus de trente en sa part. » Il conduisit ses troupes à Nancy, dont il confia, la garde à Menant et Gratien d'Aguerre, à Petit-Jean de Vaudémont, à Pierre Cotterole, aux enfants d'Aigrement, à
(1) Bourg fortiSé s'élevant sur le sommet, puis dévelaDt sur las penies d'une cOle escarpée qui bordo la rive gauche de h Moselle, à 13 kilom. Nord-Ouest de Nancy par la route.
(2) Chronique, ool.87.
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- p3 -- Vautrin du Fey, au capitaine Fortune et à Piedde-fer, ayant chacun sous ses ordres des soldats éprouvés. Avec le reste de son armée il partit pour Saint-Nicolas-du-Port, où il établit son quartier général. « Ledict duc René estoit en grande mélancholie et, pour le plus troubler, le soir eust six de ses chivaux bruslez. Toute l'armée en armes se mict, cuydaat aveoir le duc de Bourgogne, encore que lui et son armée estoient au Pont.» L'inquiétude des Lorrains était compréhensible, car ils se savaient de beaucoup moins forts en nombre que leurs adversaires.
Le duc reçut à Saint-Nicolas une députation de la bourgeoisie nancéienne, qui venait lui demander combien de temps la capitale devait se défendre contre un nouveau siège de l'ennemi. Il leur répondit que dans les deux mois de ce siège il les secourrait et il les pria instamment de tenir ce laps de temps. Ils le lui promirent et lui assurèrent qu'ils avaient assez de provisions pour deux mois. En leur donnant congé, il leur recommanda de bien traiter leur garnison (1).
De Saint-Nicolas il envoya ses ordres à toutes ■les places de son duché, qui n'étaient pas tombées au pouvoir da Téméraire. Il chargea le capitaine Malhortie de commander, comme par le passé, la ville de Rosières -a ux-Salines ; il nomma
(1) Chronique, loco cit.
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Honnesfein gouverneur de Lunéville, Henry et Ferry de Tanlonville, gouverneurs de Mirecourt; Vautrin de Vabécourt et Pierre du Fey, gouverneurs d'Epinal. Il plaça Gondreville sous le commandement du bâtard de Vaudémonl, le château et le bourg de Vaudémont sous les ordres de Collignon de Ville. Il envoya Vaultrin Wisse à Bruyères, les sires de Hardémont à Arches, Jean d'Haussonviile à Saint-Dié et Haraesaire à Remiremont. Entre toutes ces places il répartit les mercenaires allemands, à l'exception d'un petit nombre, qu'il emmena jusqu'à Raon l'Etape. Là il n'eut plus d'argent pour payer leur solde. Il leurdevait 200 à 300 florins. lisse révoltèrent de nouveau et ne rentrèrent dans le devoir qu'après avoir été payés (1). Il les laissa tenir garnison à Raon, et accompagné seulement de douze cavaliers, il partit en toute bâte pour la Suisse, afin d'y demander du secours.
Il fut « moult honorablement » reçu à Bâle ; mais il rencontra chez ses alliés peu d'empressement à lui venir en aide. Il en découvrit promptement la cause. Un légat du pape, le cardinal
(1) L'argent nécessaire à ce paiement fut sporitanément prêté au dnc par un bourgeois de Raoa, nommé Cachet [Aubert Bolaûd, op. cit., p. 231). — Dom Calmet (op. cit., col. 1049) ajoute que a quelques damas et bourgeoises engagèreot leurs bijoui ; • et en note il cite, à l'appui de non récit, une vie manuscrite de René 11, qui n'est pas parvenue jusqu'à nous.
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de Triuli, Lucquois de naissance et tout dévoué audue de Bourgogne, avait été chargé par Sixte IV et parle Téméraire de négocier avecles Cantons. « Il leur avait dict et remonstré comment ledict seigneur de Bourgongne mal conseillé fust d'avoir pris guerre contre eux, lequel cognoissoit bien qu'il n'avoit cause ne droict. » Il ajoutait que Charles était désireux de devenir leur ami. Les Suisses, aimant la paix sur toute chose et très respectueux des actes de la papauté, étaient dans une perplexité fort grande. « Dirent au duc René: « Ayez ung peu de patience, jusques à ce que tout nostre Conseil assemblé soit. « Le duc bien esbahi estoit; leur dict ; « Messieurs je vous supplie que vous ne vous laissiez poinct abuser. Se maduchiéavoyt.soyez certains que pourlesbataillesque luiavez livrées,avec l'empereurou le roi de France feroit alliance et bien bref grande guerre vous feroit (1). »
[h] Chronique, col. 88. — V. sur ces pourparlers Jean du Lad, Dialogue cilè ; — deBarante, op. dt, X[, p. 120 et s\ '