‹ Charles Monselet; sa vie, son œuvreChapitre 11 sur 54 · V. II · texte numérisé non relu

V. II

» Je saurais difficilement rendre l'épanouissement qui se lit en moi, ajoute Monselet, à la réception de ce quatrain.

J'avais inspiré des vers à Victor Hugo, moi, moi ! Il m'adressait des vers, comme si j'étais Louis Boulanger ou Théophile Gautier. Tout ce que j'avais rêvé dans ma jeunesse ! »

Comme tous les poètes, Monselet avait une religion secrète et croyait en Dieu à la façon de sou illustre ami : son éducation religieuse avait été celle d'un Breton et il s'en fallut de peu qu'il entrât dans les ordres. Mais le clergé du xix° siècle ne ressemhle en rien au clergé du xvme : — Mer Dupanloup diffère du cardinal Dubois — et Monselet, en abbé, eût poussé trop loin la comédie. Il faut plutôt voir en M. de Cupidon un fataliste : — avec Gérard de Nerval, il croyait également à la métempsycose.

Philosophe, Charles Monselet a supporté sans le moindre murmure une existence remplie d'épreuves: lui-même a rimé le quatrain suivant :

... J'aurais pu souffrir davantage, Mais, de lionne heure, plein d'orgueil, J'eus toujours le rare courage De cacher les pleurs de mon œil...

De caractère doux et patient, Monselet joignait en outre à toutes ses qualités un cœur d'or : — pour le mieux prouver, je transcris ici ces vers adressés à Mme veuve Monselet, mère de l'écrivain, — et datés de 1875, quelques années après la mort de M. Monselet père, survenue le 28 janvier 1871 :

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