‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 100 sur 163 · Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie · texte numérisé non relu

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie

LE SALON DE l'ARSENAL 197

ges et se fît le grand sculpteur des figures contemporaines. Ce lui était « un plaisir de voir comment le génie, par une sorte de repoussé, se modèle à l'extérieur, bosselé le crâne et le front de protubérances, martèle, meurtrit, et sillonne les joues ' ». Statuaire du romantisme, il tient ce titre de Victor Hugo, qui le lui a décerné dans une note des Orientales. Aussi vivait-il mêlé au monde littéraire de l'époque, et l'on ne doit pas s'étonner que Marie Nodier l'inscrivît au nombre des amis de son père.

Nodier en avait de plus intimes en Dauzats et Deveria. Dauzats apportait de la joie à l'Arsenal. Gai causeur, vif, amusant, pour les grands comme pour les petits, par ses histoires de toute sorte, à faire rire et à faire frémir. De ses voyages fréquents, Dauzats avait beaucoup retenu, et il inventait encore. Théophile • Gautier le comparait à l'ingénieux fils de Laërte. Avant Marilhat et Decamps,il avait visité l'Orient ; — non sans péril, s'il fallait en croire les taillades et les estafilades qui décoraient ses bras, volontiers exhibés. Des paysages ensoleillés, chauds de couleur, tels que, le pinceau à la main, il savait les peindre, illustraient ses récits. Mais surtout il se plaisait aux âpres défilés oii il situait ses rencontres avec les brigands. Il eut, en Catalogne, une aventure vraie, mais où le sang ne

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