A M"" Nodier (j4nnaZes romantiques
s'offraient à lui, avec ceux de raison et de sagesse, quand il voulait caractériser cette femme dont « les yeux à fleur de tête » lui rappelaient ceux de Minerve. Une fois, pourtant, dans sa vieillesse, grâce peut-être au recul du temps, il lui trouva une « physionomie de poète ». C'est dans une lettre à Jal, où, gracieusement, il associait à la pensée de l'auteur de VAnge gardien celle même de M"^^ Jal :
Je n'ai pas revu M™« Taslu. On craint de revoir après tant d'années ce qui a été un idéal dans la jeunesse, et elle était à certains égards un idéal par ce mélange de poésie, de raison et de candeur. Je la revois toujours en idée, telle que nous la trouvions dans ces charmantes soirées de l'Arsenal, non loin de M""^ Jal si belle, si simple et si bonne. La mémoire a aussi ses galeries de portraits qu'un rayon parfois vient éclairer^.
M"' Tastu a composé, avec dédicace « à M"° Nodier », en janvier 1826, une pièce où elle chante la jeune fille,
Brillant rameau d'une tige choisie, Féconde et dès longtemps chère à la poésie*.
« Douce femme que je voudrais oser nommer ma sœur 1 — disait d'elle M"" Desbordes-Val-
1. Nous avons publié cette lettre dans les Déba.ts du 19 décembre 1904.