‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 112 sur 163 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

On entourait, on adulait la jeune enchanteresse. Nodier dissimulait à peine son orgueil paternel. Il le confessa, un jour, à Emile Deschamps, qui, •des années après, écrivait à M"' Mennessier :

Il me parla de sa chère Marie, et me rapporta quelques vers de vous, dont je fis semblant de ne pas me souvenir, et il me dit : « Si vous saviez quelle joie, pour un père, de se sentir surpassé par sa fille 1 » Il avait déjà dit cela devant moi, chez Soumet, le jour où il fît sa visite de candidat. C'était un refrain de son •cœur '...

Il aimait à se décharger et à se reposer sur «lie, sa lieutenante, mieux encore, la « grande maréchale de son palais ^ ». Aux côtés de sa mère, elle en remplissait l'office avec un tact, qui était celui du cœur autant que de l'esprit. Victor Pavie, qui a raconté son désir de collégien, son ambition naïve de se faire entr'ouvrir la porte de l'Arsenal et son émotion en y pénétrant, a dit avec quel art délicat de prévenance Marie Nodier rassurait, dès l'abord, « le plus gauche, le plus obscur des écoliers ^ ».

jyjme Nodier aussi avait égard à l'amour-propre des humbles, leur faisant même réception qu'aux illustres. Pas plus le mérite personnel

1. Lettre à M"* Mennessier-Nodier (Versailles, 23 novembre 1848).

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