M. Frédéric Masson
d'une action », de la « mettre en scène » ; combien différents de nos « froids compilateurs de froids documents »... Il aurait dit, lui aussi, qu'il voulait sentir aux récits dupasse « de la chair et des os » \ Aussi nous donne-t-il, par la vivacité familière de ses narrations, une impression de chaude réalité. Nous avons cité M. Frédéric Masson. Un autre nom vient sous la plume. En lisant, dans /e Marquis de la Rouerie, Tournebut^ le Baron de Batz... des pages d'un intérêt si « romanesque y>, — bien que historiques, au sens d'exactitude vérifiée, — nous avons pensé, maintes fois, à Nodier. Gomme l'érudit et heureux fouilleur de « vieux papiers » % il nous initie à des conspirations ténébreuses, il nous introduit dans des prisons, il nous fait assister à des comparutions tragiques, à des évasions, à des crimes de gentilshommes, — à moins que ce ne soit des crimes de gendarmes.
Çà et là des visages lestement crayonnés agrémentent ses récits. Il a mis dans la bouche de Cazotte cette façon d'excuse : « Je ne vous ferai pas grâce d'un portrait, c'est ma manière. » Il se plaisait aux promptes esquisses, qui découpent la silhouette d'un personnage, la profilent en une projection cinématographique. Un de ses admirateurs, Victor Pavie, parle d'une « arrièrescène » qu'ouvrait, par instants, sa conversation