L'expression est encore de M. Frédéric Masson
2. Vieilles maisons, vieux papiers, c'est le titrede la série de volumes où M. Lenôtre recueille ses feuilles volantes.
et où des vues du vieux Paris, de Venise, de Tries te.., faisaient toile de fond. Sur ces horizons changeants, se détachaient « au gré de sa mémoire, des figures légendaires : généraux de l'Empire, diplomates du Consulat, agents du Directoire, orateurs de clubs... » ' Il a dessiné en pied Pichegru qui l'avait laissé jouer, enfant, avec la dragonne de son sabre. Nous avons déjà rencontré dans ses Mémoires la repoussante physionomie de l'ex-capucin Schneider. Regardez la galerie qui s'allonge à travers ses « Souvenirs » et où s'alignent Malet, Oudet, Foy, Real, Fouché, Saint-Just... Souvent il ne lui suffit pas de jeter un contour. Il creuse une physionomie, la détaille. Malet, par exemple, nous apparaît « ample » et « robuste » avec ses « épaules larges et un peu voûtées, son « cou court », son front bas, mais « très développé », et « blanc, pur... sans rides », son nez aux arêtes saillantes, au « méplat vaste et charnu », aux « narines épanouies », sa « bouche » épaisse et un peu proéminente » son « menton rogné et anguleux » \ Du « grêle » Fouché nous considérons le masque travaillé, marqué par la vie, la « pâleur particulière » d'un « ton froid, mais vivant, comme celui que le temps donne aux monuments » ;nous subissons l'inquiétante puissance de ses yeux à la « fixité curieuse, exigeante