Victor Pavie, les Revenants
2, Souvenirs, épisodes et portraits, t. II, p. 22i).
et profonde » prompts à s'éteindre, quand il le veut, et à rentrer leur regard comme « dans un invisible étui ». Foy, le jeune colonel du 5* régiment d'artillerie à cheval, nous rassérène par la vue de son « embonpoint frais et fleuri », de ses « formes potelées », de « ses joues rosées », de sa « bouche vermeille » ; grâces « un peu féminines », qui contrastent avec une énergie et une fierté mâles. Ainsi, par son art de peintre, autant que par son entrain de narrateur, Nodier « fait vivant ».
Sa prétention, quoi que nous ayons concédé à cet égard, et quoi qu'il ait concédé lui-même, est aussi parfois de faire vrai, non de la vérité relative que nous l'avons vu promettre, mais d'une exactitude en quelque sorte absolue et objective. Car il lui arrive de se contredire, et il est, par excellence, l'être « ondoyant > défini par Montaigne, son ami. Donc, il se pique, à certaines heures, de nous donner « de l'histoire positive », « de l'histoire historique »,et il nous fait, à l'occasion, remarquer que, pour être « vrai avant tout », il sacrifie des effets dramatiques et les « règles de l'art » *. Et si cette « abnégation d'artifice» ne lui paraît pas devoir nous rassurer tout à fait, il assure qu'il raconte de visu. A qui mettrait en doute les exploits d'Hyvert et des «compagnons de Jéhu» il déclare : « J'ai vécu avec ces gens-là, j'ai couché sur leur paille, j'ai