‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 131 sur 163 · Avertissement, p · texte numérisé non relu

Avertissement, p

offrir une transition entre l'historien qu'il fut et le faiseur de contes.

Il se disait < pauvre nouvellier ». Supprimons l'adjectif d'humilité. Nouvellier ; c'est sa fonction. Sans doute, il s'en évade autant qu'il peut, tendant, jusqu'à la rompre, la corde qui attache au piquet « sa chèvre », mais il y revient. Nouvellier, voilà son titre ; nouvellier et poète, — celui-ci pénétrant celui-là, non pas seulement quand il se fait inventeur de féerie, mais dans ses récits les plus exempts de merveilleux. Le poète, en effet, accompagne un peu partout, à la sourdine, et souvent très haut, le conteur. Il a, du reste, une chanson à lui, claire et agile.

« Cette histoire m'en rappelle une autre... et j'en dirai tant qu'il en viendra *. » Cette phrase eût annoncé la vraie vocation de Charles Nodier, si déjà, et depuis longtemps, elle n'avait eu fait ses preuves : dire des histoires, tant qu'il lui en venait, et il en était intarissable.

Pour les dire, il avait sa manière, et aussi pour les inventer. Cette manière se définit d'un

Page 1