‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 132 sur 163 · Souvenirs, épisodes et portraits, t. I, p · texte numérisé non relu

Souvenirs, épisodes et portraits, t. I, p

mot : romantisme. Et il fut l'un de nos premiers romantiques, j'entends l'un des plus tôt éveillés, — Sainte-Beuve n'a-t-il pas écrit: « le plus matinal au téméraire assaut* »? Dès 1801, il blasphémait Aristote pour exalter Shakespeare ; il raillait ces productions « dont la forme régulière et l'exacte symétrie semblent défier le compas », et réclamait pour «la seule sensibilité» le «droit de juger le génie *. » Ainsi, l'année même où parut Atala, il signifiait au monde sa profession de révolte contre le code classique. Il n'était pas besoin que René lui enseignât la maladie nouvelle. Dès son enfance, une couleur de tristesse avait assombri ses rêveries '. Il s'est peint à onze ans, « tourmenté » d'on ne savait « quel vague avenir d'amour et de poésie », et « irritable », « chagrin » '*. Déjà, il pouvait parler de « sa mélancolie ombrageuse » ^ Ne le soupçonnons pas de s'être composé à plaisir, et après coup, une physionomie, celle qui convient, en sa prime jeunesse, à « l'homme romanesque », tel qu'il l'a défini. Francis Wey, son biographe informé, a vu, sur son adolescence, briller « une sorte de crépuscule mati-

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