‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 133 sur 163 · Souvenirs de jeunesse, p · texte numérisé non relu

Souvenirs de jeunesse, p

nal des passions \ » Il en connut tôt Ja pleine ardeur.

Comme le promeneur à l'âme de désir ^ », qui, dans les bois de Combourg, créa sa sylphide, il eut son amante de rêve : « Mon imagination commençait à se former, dans la solitude, un type qui ne ressemblait à aucune femme, et auquel une seule femme devait complètement ressembler, quoique j'aie cru le trouver cent fois \ » Mais de cet éveil hâtif, nous possédons d'autres témoignages que des récits plus ou moins suspects d'arrangement ou de fantaisie. Il avait seize ans, lorsque, dans une lettre à son ami Weiss, il fulminait cette imprécation : « Mort, mort à Juliette ! J'ai besoin de sa mort pour vivre heureux... Ecris-moi qu'elle est morte, et tu sauras si j'ai pleuré, si j'ai proféré une plainte *. » Voilà bien de l'éclat et de la fureur. En la même année, une épître de pareille emphase juvénile le montre moins violent, et même apaisé, mais aussi romantique par la qualification de sa peine de cœur. Il avoue « une passion inutile et infructueuse », qui le fait « plus amoureux mais plus malheureux que jamais », avec ce sentiment que « le

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