‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 140 sur 163 · Correspondance inédite, lettre XII · texte numérisé non relu

Correspondance inédite, lettre XII

En 1806, Nodier mit au jour d'autres pages, écrites, nous le supposons, durant ses semaines dévie errante dans les montagnes du Jura*. Ces nouvelles miscellanées se nommaient les Tristes ou Mélanges tirés des tablettes d'un suicidé. Titre et sous-titre significatifs. Une préface, qui annonçait l'œuvre comme le « fruit sauvage » d'un cœur « impétueux et malade », invoquait le patronage de René et d'Obermann. Ajoutonsque le suicidé inconnu dont « les tablettes » avaient fourni la Nouvelle Werthérie, les Jardins d'Oberheim, le Tombeau des grèves du lac, la Blonde Isaure, Ophélia... se tuait faute d'un couvent oii il pût abriter son désespoir. Ainsi se retrouvait le ton du Peintre de Salzbourg et des Méditations du Cloître*.

Nodier devait garder longtemps ce ton-là et, maintes fois, le reprendre, après l'avoir quitté. Jules Janin ' aima dans Adèle la cousine germaine de Lolotte.

Adèle est de 1820*. Deux ans auparavant,/ea/z Sbogar avait paru. Roman « documentaire », avant l'invention de ce mot, Nodier en emprunta

1. Nous remplissons le vœu le plus cher de Nodier par nos allusions fréquentes à sa vie de conspirateur.

2. Notons que les Méditations du Cloitre, parues en 1803. furent incorporées dans les Tristes.

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