‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 143 sur 163 · Dans Thérèse Aubert · texte numérisé non relu

Dans Thérèse Aubert

qui est plus significatif. L'amant d'Amélie met le ciel et la terre en demeure d'attester son « extase » devant la pâle jeune fille aux cheveux noirs et aux yeux « trop longs », mais d'un bleu inexprimable, et il n'est « pas un atome dans la création » qui ne s'anime « pour sentir et pour répondre * ». Nodier a dit encore ce que « le génie rêveur de la nouvelle école » trouva dans la contemplation des ruines, et il était qualifié pour célébrer cette source d'inspiration, lui qui avait « au corps le démon ogive * ».

Il n'est pas jusqu'au goût romantique de l'exotisme qui ne se soit déclaré en lui, et de très bonne heure. Il n'avait guère que seize ans lorsqu'il confiait à Charles Weiss qu'il trouvait fade l'aird'Europe et sentait le «besoin d'aller respirer les aromates d'Orient^ ». Lui aussi eût écrit, s'ill'avait pu, son Itinéraire de Paris à Jérusalem. N'ébaucha-t-il pas avec Amédée Pichot le projet d'une fugue au pôle Nord? Il alla, du moins, en Ecosse,

1. Vandenesse, méditant sur la terrasse de Glochegourde, sent toute la nature s'harmoniser avec son cœur : « Je contemplai tour à tour Montbazon et Azay, regardant la vallée jaunie dont le deuil répondait alors comme en toute occasion aux sentiments qui m'agitaient. » {Le Lys dans la Vallée.)

2. Il lavait, tout comme Victor Hugo, à qui pourtant il le reprochait en badinant. Hugo raconte : « Nous nous étions « donné à chacun un diable. 11 me disait : vous avez au corps « le démon Ogive. — Et vous, lui disais-je, le diable Elzévir. » (Choses vues.)

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