Correspondance inédite, lettre VII, p
au pays de Walter Scott, qu'il aimait, et ce ne fut ni temps ni peine perdus, puisqu'il en rapporta Trilby. Enfin il a reconnu et précisé les influences des littératures étrangères sur le mouvement poétique dont il était, chez nous, l'un des promoteurs actifs. Dans sa préface aux Aventures du jeune d'Olban, il remerciait l'Angleterre, qui nous enseigna parla voix souveraine de Shakespeare ^ Mais c'était à l'Allemagne surtout qu'allait sa gratitude, et, parmi tous les Allemands, elle choisissait Gœthe, sans oublier pourtant Burger, Jean-Paul, ni Hoffmann.
A ce dernier il dut beaucoup, et d'assez bonne heure. Il y a de l'Hoffmann dans Smarra, ce «rêve d'un poète éveillé», comme l'a défini Jules Janin *. A vrai dire, Nodier avait, de nature, une inclination au fantastique. « Mon père, dit-il, était né avec un certain penchant pour le merveilleux. » Ce « certain penchant » était devenu en lui un don rare et brillant, une faculté d'invention féerique. Est-il bien sûr que, grâce à une éducation philosophique, son adolescence
l.Nous savons combien tôt il avait déclaré sa ferveur pour le grand poète. 11 devait le révéler à Victor Hugo, un quart de siècle après, en 1825, à Reims, lors du sacre de Charles X, Nous l'avons raconté dans le Correspondant du 10 février 1904. Sa préface aux Aventures du jeune d'Olban se tait sur Byron. Il lui a donné ailleurs son hommage. (Voir la notice écrite par lui, en tête de la traduction des œuvres complètes de lord Byron, par Amédée Pichot.)