‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 146 sur 163 · Paul ou la Ressemblance · texte numérisé non relu

Paul ou la Ressemblance

De quel droit se montrerait-il « plus difficile •qu'eux en hypothèses historiques? » Il a donné pareille créance aux récits de Joseph Poisson, le patriarche paysan.de Quintigny, qui contait, •durant les veillées d'hiver, au coin de l'âtre. Il atteste que jamais il n'éleva un soupçon, même léger, sur la véracité de ce nonagénaire, si informé du Sabbat. Il avoue seulement que, d'autres s'étant avisés d'exploiter le trésor de cet homme vénérable et de parler, comme lui, lutins etloups-garous, son impression diminua ou plutôt s'altéra, etqu'il fit cette remarque : « Amesure que la foi s'affaiblissait dans l'historien, •elle s'évanouissaitdans l'auditoire. » Si bien qu'il en vint, lui, pour sa part, à n'ajouter guère plus d'importance aux légendes, devenues, pour les lettrés du hameau, matière à amplification, qu'à une belle histoire morale de M. de Marmontel. Il estime la foi nécessaire au conteur : « Pour intéresser, il faut d'abord se faire croire, et une condition indispensable poursefaire croire, c'est •de croire » ^ Il propose en exemple « l'abondance naïve et crédule » de ï'Odijssée. Les histoires qui la composent sont merveilleuses, mais le poète est « plus merveilleux encore par l'accent de sa sincérité ». Lorsque Alcinoiis, roi des Phéaciens, laisse échapper quelques doutes sur la vraisemblance de tant d'événements étranges, observés en quelques années de navigation,

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