Préface de la Fée au-x Miettes
« Ulysse se garde bien de lui répondre par des raisonnements ; il se borne à continuer, et Alcinoûs n'insiste plus K » Quand, au salon de l'Arsenal, adossé à la cheminée, Charles Nodier, avec sa finesse nonchalante, disait le Génie Bonhomme, Jean- François les Bas-bleus, la Combe de l'homme mort... ou peignait les magiques voluptés du brave Michel, dont la vieille épouse aux longues dents se changeait, la nuit, en la jeune princesse Belkiss ^, si quelqu'un laissait paraître du scepticisme, j'imagine qu'il n'en avait cure et continuait simplement, tout comme Ulysse. Et le sceptique, pris au charme, devait finir par un acte de foi. L'auditeur qui « croit le poète » est la récompense du poète « qui croit ce qu'il dit ». Nodier fut ce poète. Et, croyant à ses récits, tout le premier, il s'y amusa. Comme l'enfant imprésario de marionnettes, comme le Wilhelm de Gœthe, il fut « parmi les enchantés et parmi les enchanteurs » '.
11 a nommé Henri de Latouche « l'Hésiode des esprits et des fées. » Jules Janin s'est plu à lui conférera lui-même ce titre. Emile Montégut a voulu seulement le promouvoir chef du « parti légitimiste » de la féerie française. « Plus féerique que les fées nationales », et