‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 157 sur 163 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ne sont pas appelés à êlre découvreurs... Ce qu'ils croient inventer, c'est presque toujours ce que des peuples antérieurs ont rebuté par sagesse ou abandonné par dégoût. » Il n'avait nulle foi à la perfectibilité, si fort à la mode au temps de sa jeunesse et même après : « Perfectibilité n'est pas un mot ancien, et j'en rends grâce à la raison de nos aïeux... Dire que l'homme est perfectible, c'est supposer qu'il peut changer de nature ; c'est demander la rose à riiysope et l'ananas au peuplier. » On pourrait ainsi extraire de Charles Nodier des idées qui sont mieux que de la littérature. A propos de l'éloquence à la Convention, il qualifie, en passant, la souveraineté populaire de « principe accablant ' ». En voilà peut-être assez pour lui mériter un peu de considération comme penseur politique.

D'autres aspects, omis par nous, de ce riche et divers esprit, seraient à envisager. Nodier fut moraliste. Je n'en voudrais pour preuve que cette pensée, à la Joubert : « Il n'est pas vrai que l'on fasse du sentiment avec de l'esprit" ». Moraliste, non, certes, ex professa, mais au courant de ses fables. Il s'en rendait le témoignage: « On

1. Mallet du Pan la comptait parmi les «dogmes désolateurs>. Rapprocher le mot de ,Taine sur le suffrage universel : c Un chancre toujours coulant. » (Lettre à Ernest Havet, 24 mars 1878. p. 45 du tome IV de Talne, Sa vie et sa correspondance.

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