Préface des poésies inédites de Clolildede Surville
sait que j'ai toujours aimé à mêler quelque traité de morale dans mes moindres historiettes ^ » Il voulait que tout conte aboutît à une leçon. Pour lui, le plus piquant récit ne valait « pas un fétu », s'il n'en résultait un enseignement, et il félicitait Perrault de tirer « de ses contes les plus ridicules de saines et graves moralités ». Ne souscrivons pas sans réserve à cet éloge ; mais associons-nous aux sévérités du nouvellier pour les écrivains insoucieux d'une bonne action sur les âmes, avides seulement de la « renommée quotidienne qu'on obtient avec de l'argent » et de « l'argent qu'on parvient toujours à gagner bien ou mal, quand on a de la renommée » *.
Donc, Nodier moralise, mais sans rigueur, avec un sourire. Ne le jugez pas sur ce vers de misanthrope:
Trois hommes, c'est bien peu, pour en trouver un bon '.
D'instinct, il répugne à croire au mal. Il estime, avec Marc-Aurèle, qu'on n'est méchant que par ignorance, et il classerait volontiers, comme certains de nos psycho-physiologistes, tous les criminels parmi les fous. Aussi se déclare-t-il contre la peine de mort. Michel, de la Fée aux
1. VAmfileur de livres, au tome II des Français, publication illustrée, qu'édita Adolphe Delahays.