Lettre du 12 ventôse an IX
et des livres : des libraires qu'il qualifie de « corsaires », d'« Arabes » et de « Juifs » ; des bouquinistes point trop chers et des livres qu'il s'est payés — quand il a pu *. Il a visité encore d'autres gens puisqu'il a décliné l'offre, que nous avons dite, d'un emploi en Egypte, n'ayant pas, écrit-il, « formé le projet d'assassiner ses parents ^ ». Enfin, il a trouvé le moyen d'approcher les « colosses de la littérature», et, s'il garde peu d'illusions sur les résultats pratiques de sa « campagne littéraire », dont il n'a retiré jusque-là qu' « inquiétude et détresse », il promet à son ami Charles Weiss de lui apporter un reflet des astres qu'il a contemplés, de lui arriver « semblable à cette pierre dont parle Pétrarque », qui « conserve pendant la nuit l'éclat des feux du soleil ^ ».
A sa famille aussi il parle de retour, ne fûtce que pour lui faire prendre patience. Une fois, il a presque arrêté une date. Pagnest a dû le ramener. Qu'est-ce qui l'a retenu ? Peut-être r « affaire » que son père touche d'une allusion crédule, — à moins que ce ne soit seulement le plaisir de s'attarder encore. Il a confié à Weiss son envie de fixer son avenir à Paris, tout au moins hors de la Franche-Comté. Il abomine Besançon, où il se croit « un nom de mauvaise recommandation ». Et il ressort bien