‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 27 sur 163 · Son père l'en avait averti (lettre du 12 ventôse an IX · texte numérisé non relu

Son père l'en avait averti (lettre du 12 ventôse an IX

chemin à la célébrité et à la fortune ; tu méditeras sur tes observations et tu choisiras, dans le calme de notre petite ville, les voies les plus honnêtes et les plus sûres pour te faire un sort indépendant du caprice et de la méchanceté des hommes ^ »

Ce « calme de la petite ville », lejeune homme ne s'en accommodera pas longtemps, et ses « méditations » y seront brèves. Moins d'un an après sa rentrée dans sa famille, une seconde correspondance entre son père et lui nous avertira de sa nouvelle fugue. Il aura cependant trouvé, dans ce court séjour à Besançon, le temps d'imprimer un livre, qui représente, il est vrai, peu de labeur : mince recueil de quelques extraits de Shakespeare *, mais dont la préface mérite un souvenir, comme le premier coup de clairon de la diane romantique.

Ce petit volume se dédiait à une femme : « A elle. » Nous n'avons pu découvrir le nom de cette « inconnue », sans doute fort en vue à Besançon : « Si j'osais la nommer, tout le monde approuverait mon hommage. » Elle n'avait été, paraît-il, entrevue qu' « un instant » de celui qui lui offrait cette gerbe de « pensées ». 11 lui avait pourtant « voué un culte », et il « l'adorait dans le silence ». Son cœur se prenait facilement, et lui-même cueillait, si nous l'en

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