Ibid., lettre X
Nodier à Paris, un accident. Il y avait mené, lors de son premier séjour, une existence étroite. Combien de fois son père lui avait-il conseillé l'économie, avec un regret touchant de ne pouvoir le mettre « en état de figurer avec plus d'agrément dans les brillantes compagnies oii il était admis* ». Sur une somme de cent francs à lui versée — du moins elle devait l'être, mais ne le fut point — par une débitrice de sa famille, il lui était recommandé de payer sa nourriture d'un mois et le loyer de sa chambre, et de s'acquitter encore pour les deux tiers du mois suivant, celui de son retour*. La question pécuniaire tiendra plus de place encore dans la correspondance de l'an X que dans celle de l'an IX. Les Nodier se privent pour l'entretien de ce fils, mais n'y peuvent subvenir assez régulièrement au gré de M"" Pagnest, qui parfois fait grise mine à son pensionnaire. On s'efforce de l'adoucir par des prévenances. A Besançon, le mari de l'hôtelière est reçu à dîner, et, sans doute, ce voiturier se sent flatté de manger à la table d'un juge. Mais il faut prendre avec sa femme des « arrangements », et c'est pour le pauvre magistrat un gros souci. Souscrire des lettres de change lui répugne. Il signera des billets à terme, pourvu que les échéances en soient assez espacées'. Il l'écrit à Charles en