‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 34 sur 163 · Lettre du 12 ventôse, an IX · texte numérisé non relu

Lettre du 12 ventôse, an IX

« monuments sublimes» et les joies de l'amitié ne lui avaient pas suffi et qu'il avait cherché d'autres délices*. Bientôt il s'y était jeté avec ardeur, et, sa frénésie romantique aidant, c'avait été un paroxysme de fièvre.

Régime épuisant. La lassitude ni le dégoût n'avaient tardé. Presque en même temps qu'il écrivait : « Je vole de plaisir en plaisir », il parlait de sa « force éteinte » de ses « organes brisés ». « Je suis très âgé, disait-il, dans dix ans, je serais un cadavre. » Ou bien, il se sentait « brûlé» et le besoin le prenait d'un« rafraîchissement ». Il rêvait de fuir aux champs, dans la solitude, avec son ami Weiss. Ils se cacheraient tous deux à Giromagny ; ils marcheraient sous les sapins, sur les bruyères ; ils iraient, herborisant, chassant les insectes, cueillant, sur les feuilles de bouleaux, « ce beau capricorne rouge à écusson noir », baptisé par Nodier peltifer, ou « cet autre, moins élégant, mais dont les antennes s'étendent à trois pouces derrière lui ». Que d'harmonies profondes leur feraient savoureuse cette retraite, « poètes^ naturalistes, amis^.. »

Il voulait fuir à Giromagny, chez sa nourrice, non à Besançon. C'était pourtant à Besançon qu'on le rappelait, en dépit de ses répugnances

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