PRÉFACE III
venu. Me voilà donc tenté d'implorer grâce pour mon Nodier.
Le romantisme compte, pourtant, plus d'un défenseur \ Et ne se défend-il pas lui-même, — je ne veux pas dire par la gloire consacrée de ses œuvres anciennes, mais par ses productions d'aujourd'hui ? Si, en effet, nous en parlons comme d'un mort, c'est, du moins, un mort ressuscité. M. Charles Maurras le tient pour bien vivant dans des cervelles féminines où il remarque des perversions diverses, en même temps, d'ailleurs, qu'il y voit briller de précieux grains de poésie 2. M. Jean Moréas, ennemi non moins déclaré du grand Genevois et de sa descendance, exprime seulement l'espoir que «nous secouerons un jour le cauchemar romantique'». Enfm M. Lasserre déplore que le romantisme, auquel«nous ne croyons plus», n'ait pas « cessé de nous accabler ».
Ce dernier terme est-il tout à fait juste? Des critiques non suspects se refuseraient à en user. M. Jules Lemaître, dont on connaît le sentiment sur l'auteur de la Nouvelle Héloïse, re-
1. Entre autres, M. Gaston Deschamps (Voir le Temps du 23 avril 1907) et M. André Chaumcix, qui reconnaît cependant une part de vérité dans la thèse de M. Lasserre (Joiirna.1 des Débats du 20 août 1907).
2. Voir, dans V Avenir de Vlntelligence, la série d"étudcs réunies sous ce titre : le Romantisme féminin.