‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 5 sur 163 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

gretterait, il le confesse, que < le romantisme ne fût pas né'». Et voici un témoin que M.Maurras ne récusera pas. M. Maurice Barrés reconnaît ce que trahit de romantisme 1' « émotivité » épanchée da.ns Amori et Doloj^i sacrum et s' âYOue redevable aux « grands poètes de la rêverie ». S'il a entrepris de redresser en lui le « sens de la vie >, et s'il a « trouvé une discipline dans les cimetières, où, dit-il, nos prédécesseurs divaguaient », c'est grâce peut-être à la sensibilité quelque peu exaspérée qu'il hérita d'eux. Peutêtre, par celte « hyperesthésie », dégageronsnous « des vérités positives situées dans notre profond sous-conscient^ ».

Mais M. INIaurras lui-même, s'il s'interrogeait, et s'examinait avec scrupule, ne se sentirait-il pas en dette envers ces perturbateurs qu'il maudit? Dans son style, d'un art si sobre et si fin, de si pure lignée française, avec une fleur exquise d'atticisme, dans sa prose classique, pour tout dire, n'entre-t-il jamais un atome de romantisme? Trouverait-il ce « goût de chair ^ »à telles pages de Chateaubriand, ou plutôt saurait-il traduire avec pareille vivacité la «caresse physique » de certains mots sur ses « papilles labiales et lin-

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