Correspondance inédite, lettre XXIX, pp
voilure ; mais il prévoit le jour où il devra repartir à pied. Il ne touche de ses appointements que de rares louis, de temps à autre, A peine arrive-t-il à se vêtir et à remonter 1' «équipage» de sa femme, « presque aussi délabré » que le sien. Faute d'argent pour acheter une montre, il en porte une d'emprunt. Il s'était promis de payer ses créanciers de Besançon, mais il ne peut satisfaire aux réclamations les plus pressantes, et il ne sait comment « ennoblir l'àme de fer de ses vampires».
Ce n'est pas que, de temps à autre, il ne se reprenne à espérer une situation meilleure, et même la fortune. Sir Robert, qui a parlé de lui laisser, avec ses biens, son titre, est, paraît-il, «en sollicitations auprès du gouvernement ou en instance auprès de la justice », pour le faire légalement son fils. D'autres projets occupent, au reste, le « révérend ». — Car ce baronnet est d'Eglise, comme Sterne. — N"ambitionne-t-il pas d'installer à la campagne, non loin de Paris, une imprimerie « magnifique », d'où sortiront ses éditions savantes de nos classiques ? Déjà il a jeté son dévolu sur le château de la Source, près d'Orléans, qu'habitèrent longtemps milord Bolingbroke et la marquise de Villette, et dont se lisent « de pompeuses descriptions dans la correspondance de Voltaire ». Nodier, qui en écrit avec enthousiasme ' à Charles Weiss, pense à