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Alexandre Dumas, ibid

LE SALON DE l' ARSENAL 119

savourait le bien-être de la digestion. Il causait littérature, bien entendu, à moins que ce ne fût philologie ou bibliographie, ou bibliomanie... Un mot, pourtant, lui rappelait le botaniste et l'entomologiste qu'il avait été jadis, dans la vallée de Novillars, au pas de ses explorations avec M. Girod de Chantrans, et après, au temps de sa vie traquée, dans les montagnes du Jura, quand les gendarmes lui laissaient du répit. On pouvait, d'ailleurs, l'interroger sur la physiologie, la sociologie, la pédagogie, le droit constitutionnel, le budget et les bateaux à vapeur '.

« Quand il ne sait pas, il invente », disait son ami Dumas, qui le définissait « un sac à paradoxes ». Le sac s'ouvrait à l'improviste, et c'était un jaillissement soudain. Sainte-Beuve a comparé l'interlocuteur de Nodier à un promeneur dans les bois : « Vous mettez le pied sur je ne sais quoi d'indiscernable et de remuant dans les broussailles. Gela part en sursaut, quadrupède, oiseau ou reptile, avec un bruit dans la feuillée '... »

Il ne causait pas seulement; il disait des con-

1. Il touchait à tout dans ses articles des Débats (années 1815, 1816...) — Gustave Planche disait : « Il peut causer de plain-pied avec M. Latreille ou M. Guillaume de Humboldt, ce que ni vous ni moi ne pourrions faire. Il sait les étymologies, les racines et les origines des langues, la paléographie, comme Heyn, Heinsius, ou M. Hase. Il sait l'histoire des Estienne, des Aide et d^s Manucj .. » Portraits littéraires (1836), . t. I, pp. 143 et 144.

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