Cité par Victor Pavis, dans les Revenants, p
tes. Alors, il se levait, s'appuyait à la cheminée,, redressait un peu sa taille fléchissante, et, l'éveil de son œil bleu avivant sa pâle figure, il détaillait, d'une diction fine et lente, assaisonnée d'accent comtois, l'aventure de « Trésor des Fèves » ou la « fin tragique du chien de Brisquet ». De temps à autre, un mot d'archaïsme savoureux décelait le familier de nos Gaulois.
On écoutait, on suivait le geste de sa main longue, emmanchée à un bras maigre. Car Nodier était « aussi amusant à regarder qu'à entendre ». Enfin il s'arrêtait, il allait se rasseoir, et, avec un abandon de paresse délicieuse, les jambes croisées, — de grandes jambes qui « semblaient ne pas oser se développer», le pantalon rejoignante peine les pieds *, — il passait la parole à un autre : « Assez de prose... Des vers, des vers*... »
Il ne manquait pas de gens à relever cette invite :
Chacun avait, maître ou garçon, Sa chanson...
rimera, quelque vingt ans plus tard, Musset, évoquant la gaieté de ces dimanches.