Réponse aux stances de Charles Nodier
2. Cette « vive Odyssée » était le récit en vers spirituelle-
LE SALON DE l'aRSENAL 135
A quoi Musset répondit avec grâce:
Si jamais ta tête qui penche
Devient blanche, Ce sera comme l'amandier,
Cher Nodier :
Ce qui le blanchit n'est pas l'âge,
Ni l'orage ; C'est la fraîche rosée en pleurs
Dans les fleurs.
Avant cette joute avec le père, il avait eu avec
ment dégingandés d'un voyage de Paul de Musset, avec l'éditeur Hetzel et son ami Obeuf, à Pontchartrain, et de leur couchée dans une auberge, où le frère du poète eut la chambre d'un roulier, où Hetzel dormit dans un poulailler, et Obeuf on ne sait où. Sur le point de partir pour l'Italie, Paul de Musset était allé à Versailles faire visite à M"" Aubernon, femme du préfet de Seine- et-Oise. Ne l'ayant pas trouvée, il avait été dîner à Meudon, chez Hetzel, qui recevait, ce jour-là, M. Obeuf, maire de Bellevue. Tous trois, au dessert, résolurent une expédition à Pontchartrain, et le cheval d'Obeuf fut attelé aussitôt. Le récit de cette nuit comique mit en verve Alfred :
Paul, un soir, par la gauche rive.
Arrive, Croyant voir M™« Aubernon.
Mais non 1
Où faut-il, en quittant Versailles,
Qu'on aille ?
Retrouver Hetzel à Meudon ?
Va donc !...
Ces vers ont été publiés par M. Lorin dans le Bulletin de la société archéologique de Rambouillet (1889).
la fille un joli commerce de vers, engagé voici à quel propos. Edouard Grenier, débutant de lettres, accueilli par Nodier avec bienveillance» venait quelquefois lui montrer ses essais poétiques. Or, au printemps de 1843, il lui soumit, entre autres pièces, un sonnet dédié à Musset. « Laissez-le-moi, lui dit Nodier, il peut nous rendre un vrai service. Depuis quelque temps. Musset nous néglige... votre sonnet pourra le ramener. Ma fille va le lui envoyer, et il faudra bien que l'ingrat revienne ou dise pourquoi il nous boude *. » M"' Mennessiermit, en effet, les vers à la poste, dans une lettre d'elle au poète oublieux.
Il sut gré au sonnettiste, mais dut faire passer par l'Arsenal ses remerciements, le jeune rimeur ayant écrit illisiblement son adresse :
Dimanche soir
On a dû vous remettre, madame, une lettre pour votre protégé. Je serais bien coupable de vous l'avoir portée si tard, si je n'avais à vous donner une excuse que vous agréerez, j'espère ; c'est que j'ai manqué mourir la semaine passée. J'ai été pris d'une fièvre nerveuse, fort sot mal que je ne souhaite à personne, et je ne fais que revenir à la clarté du jour..
J'ai écrit selon vos volontés le moins mal que j'ai pu, c'est-à-dire encore très mal.
Le ciel m'a refusé l'esprit de faire ou de recevoir un compliment. J'ai besoin d'être aimé pour moi-même