‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 7 sur 163 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

des plus tôt éveillés, des plus matineux, disait Sainte-Beuve, mais des moins provocants et des plus détachés. Le détachement fut la vertu maîtresse de Nodier. A une époque périlleuse, un chouan de ses amis lui garantissait la vie sauve parce qu'il n'était, d'aucun côté, lié d'un lien rigide : « Tu tiens à tous lesparlis par quelques idées, et tu te dérobes à tous par quelques répugnances. » C'est encore plus vrai de Nodier artiste que de Nodier politique.

M. André Hallays a, certes, raison de recommander à l'historien de notre littérature, comme le «titre principal de l'auteur de Jean Sbogar, la part qu'il prit au triomphe du romantisme ». Un fait, au besoin, suffirait à montrer combien grande fut cette part : « Il a collaboré à deux publications où tout le romantisme devait chercher ses modèles, ses arguments et son érudition : la Collection des chefs-d'œuvre des théâtres étrangers et les Vojyages pittoresques dans l'ancienne France. Du premier de ces deux ouvrages devait sortir la poétique de Cromwell et de Hernani; du second, le goût du gothique, la révélation du moyen âge, l'inspiration de Notre-Dame de Paris \ » Ajoutons qu'après avoir annoncé et initié le romantisme, il l'hé-

1. Voir, dans le Livre dn Centenaire dn Journal des Débals, l'article de M. André Ilallays sur le Journal des Débais et le romantisme.

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