Le volume parut cependant chez Heideloff et Campé
LE SALON DE l' ARSENAL 147
Nous le lisons manuscrit; nous l'avons cherché vainement dans le volume. Est-ce par oubli qu'il n'y fut pas inséré ?
Alexandre Guiraud, l'auteurdu Petit Savoyard^ était venu à Paris, tout droit, de son Languedoc. Il avait rencontré à l'Arsenal un compatriote qui eut son heure de renommée, Jules de Rességuier, soldat et poète, comme Vigny ; comme lui, soldat démissionnaire, mais après avoir senti la poudre, et non par dégoût d'une existence monotone et vide. Ami de Victor Hugo, attiré vers le grand homme par une sympathie intellectuelle qui devint chaudement cordiale, Rességuier entretint avec lui une correspondance affectueuse longtemps avant de le connaître *. Peutêtre le désir d'approcher ce demi-dieu, autant que l'ambition d'un haut emploi, l'engagea-t-il à venir se fixer à Paris. Dans l'automne de 1822, il quitta son château de Sauveterre et entra au Conseil d'État, ne délaissant pas, d'ailleurs, pour ses devoirs administratifs, la poésie : il compte parmi les fondateurs de la Mase française. Fut-ce dans ses bureaux qu'il vit Nodier? Son intimité avec Hugo dut bientôt l'introduire à l'Arsenal, et l'on peut penser que le sel de ses reparties, qui lui valut d'être comparé à Rivarol, lui mérita d'emblée une belle place dans le groupe des plus fins causeurs. Sur sa bienvenue dans le salon romantique, les documents nous font dé-