‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 83 sur 163 · Lettre, non datée, à Charles Nodier · texte numérisé non relu

Lettre, non datée, à Charles Nodier

viendra avec émotion à la mort de cet aîné qui l'accueillit « jeune homme obscur » et lui prodigua « encouragement bienveillant » et « conseils judicieux ' », outre un patronage actif.

Au salon de l'Arsenal, Saint- Valry n'apporte pas la contribution d'une verve brillante. C'est un travailleur appliqué, de science probe, d'esprit terne. Bibliothécaire, il peut, du moins, causer livres avec Nodier, et sans doute aussi reliures,— à moins qu'il n'entreprenne de le convertir au magnétisme, dont il est entêté. Quand il le sait débilité par la vie de cabinet, il l'invite à la campagne, à Montfort-l'Amaury, un pays de Cocagne, d'où il lui envoie des fromages.

La gratitude fidèle de Francis Wey se manifestait par des cadeaux de bouquins, et le bibliophile, chez Nodier, se montrait encore plus sensible que le gourmet. Wey était de ces compatriotes qui se groupèrent autour de lui et qu'il orienta par le monde :

Si je vous parlais de toute la reconnaissance que vous avez développée dans mon cœur en daignant approcher de vous, combler de votre amitié et abriter sous vos conseils un pauvre jeune homme isolé, ballotté sans pilote dans un triste cahot, sans espoir et peut-être sans avenir comme sans talent, dont la seule gloire sera peut-être de vous avoir intéressé... Au surplus, elle lui suffira de reste ".

Page 1