George Sand
LE SALON DE l'aRSENAL 171
la « muse » plus jeune, objet de tant d'hommages, sans omettre non plus Nodier, qu'avec un peu d'emphase il compare à un « cèdre des montagnes », il chante celle qui assemble autour d'elle une cour de peintres, de musiciens, de poètes :
Le luth et le pinceau, quand votre voix commande,
Prodiguent à l'envi les accords, les couleurs ;
Ce sont là les tributs dont on vous doit l'offrande,
Chaque gloire à votre guirlande
Est fière de mêler ses fleurs.
Comme Fontaney, Ulric Guttinguer était un mélancolique. Alfred de Musset le peignait « triste et courbé », en proie à des « douleurs sans bornes », et regardait dans son âme
Gomme un enfant plaintif se penche sur les eaux.
Il lui enviait, d'ailleurs, ce « front pâli sous des baisers de femmes », et devinait au fond de son cœur le conflit de « deux mondes ». Guttinguer était, en effet, un être double : un mystique et un sensuel cohabitaient en cet « ange du ciel tombé», qui oubliait trop souvent son origine en certaine joyeuse compagnie, où, l'aîné pourtant et de beaucoup, il avait, dit-on, l'air du plus jeune K
« Ange », il le redevint presque, avec le vif