Voir Léon Séché, Sainte-Beuve, t. I, pp
souvenir et le regret de ses déchéances, quand il écrivit Arthur, « récit d'une vie de passions bien déplorables », où se confesse « un grand désordre de cœur». Ce grand désordre avait été le sien, puisqu'il faut voir une autobiographie dans ce roman où se livre « une nature délicate et très vite dégoûtée », disait Sainte-Beuve, qui connaissait bien l'auteur et avait projeté l'œuvre en commun avec lui. Ils s'étaient liés chez Hugo en 1829 % alors que le poète de Joseph Delorme traversait une crise morale et religieuse où les sens avaient leur part. Ulric l'attira dès l'abord. Leurs relations, probablement, se resserrèrent par des rencontres fréquentes à l'Arsenal, où Guttinguer fut assidu. On ne manqua pas, sans doute, d'y apprécier 1' « homme sensible » qu'il était et le mélange qu'il offrait de « sentiments tendres, fragiles et chrétiens " », selon le goût de l'époque. Son âge lui permettait d'avouer, pour la fille de Nodier, les sentiments d'un Ruy Gomez pour Dona Sol^ Ils s'écrivirent souvent. De nombreuses lettres de M""' Mennessier à l'auteur à! Arthur sont en la possession de M. Léon Séché. Dans son Sainte-Beuve^ très documenté, il en cite une où Arthur même est loué comme un « beau livre » et comme une
1. V. Sainte-Beuve inconnu, par le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, pp. 132, 133,
2. C'est Sainte-Beuve qui l'analysait ainsi. (W.Correspondanc de Sainie-Benve, t. I, p. 292.)