‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 91 sur 163 · Marthe Vinnocente · texte numérisé non relu

Marthe Vinnocente

3. Voir l'article de Sainte-Beuve sur Jasmin, au tome IV des Causeries du lundi. Jasmin vint à l'Arsenal avec son fils, qui dansa et, à ce qu'on m'a raconté, amusa les jeunes filles par la franchise ingénue et primitive de ses façons. Edouard Grenier, dans ses Souvenirs littéraires, mentionne cette visite du perruquier gascon.

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naient qu'un masque chétif, « d'une finesse un peu chafouine » *. C'était Aloïsius Bertrand. Il récita ses vers et sa prose, ses ballades en prose, d'un travail si soigneux, ouvragées comme ■des orfèvreries. Il étonna par son art précieux, non moins que par sa sauvagerie gauche, et ne laissa guère à ses auditeurs le temps de revenir de leur surprise, puisqu'il alla si vite mourir à l'hôpital \

De ce ciseleur de bijoux à Amédée Pichot n'essayons pas l'artifice d'une transition : Amédée Pichot — quinous ramène aux hôtes ordinaires, nous dirions presque aux résidants de l'Arsenal,— ignorait l'« écriture artiste », pratiquée, avant l'invention du mot, par Aloïsius Bertrand. Ailleurs que dans ces raffinements résidait son très solide mérite. Médecin, romancier, historien, traducteur, c'était bien le plus ouvert et le plus curieux des esprits. De la même plume dont il commentait les « Opinions des médecins d'Edimbourg sur la petite vérole », il rédigeait une « note pour un supplément aux Provinciales », il collaborait au Dictionnaire de la conversalion et de la lecture, à moins que ce ne fût au Journal des jeunes personnes. Ou bien il traduisait Shakspeare, Sheridan, Goldsmith,

1. Cette appréciation est de Sainte-Beuve, qui a écrit sur Aloïsius Bertrand de très fines pages, au tome II de ses .Portraits littéraires.

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