‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 95 sur 163 · Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. I, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. I, p

LE SALON DE l'aRSENAL 187

fait les délices de Lamartine. Miclielet en goûtait fort la frêle grâce printanièrc, même après qu'on y eut découvert une érudite supercherie. Elle avait été dénoncée par Nodier lui-même, dans ses Questions de littérature légale, et par M. de Roujoux, dans ses Révolutions des sciences et des beaux-arts. Ils ne résistèrent cependant pas à la tentation de continuer ce jeu savant, le baron possédant quelques inédits qu'il ne pouvait se résoudre à garder en portefeuille. Combien problématique lui semblait leur attribution, et avec quelle liberté il les retouchait, sa correspondance avec Nodier l'atteste :

Vous me dites des choses extrêmement justes sur Glotilde et son orthographe; elle ne vaut rien, elle n'est pas du temps, mais il a fallu la suivre à cause du premier volume. Je me suis embiirelucocqiié l'imajîination pour la remettre partout, mais je ne la défendrais pour rien au monde. Je suis aussi convaincu que vous que le xve siècle n'a pas vu ces poésies, mais je ne sais quel sentiment intime me dit aussi qu'elles ne sont pas de M. Surville'. C'est peut-être une horrible injustice dont je lui demande pardon. Puisse-t-il en être dédommagé par le succès qu'elles auront ".

1. hi premier recueil fut public, en 1803, sous le pseudonyme de Ch. Vanderbourg. On découvrit son véritable auteur dans le marquis de Surville, ex-capitaine au premier régiment de France, émigré en 1791, rentré en France et fusillé dans le Velay en 1798.

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