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CHAPITRE III

LA JEUNESSE DE CH. NODIER (suite) BESANÇON : LUCZOT, l'ÉCOLE CENTRALE ET DE BESSES

Après Girod Chantrans, deux autres naturalistes ont eu une influence heureuse sur l'éducation scientifique de Nodier : l'ingénieiu' Luczot, dont il a déjà été question dans le chapitre précédent, et le professeur à l'Ecole centrale de Besses ; l'exposé de leur rôle constitue deux paragraphes inédits de la vie de Nodier.

§ 1 . Nodier et Luczot de la Thébaudais

Luczot de la Thébaudais a été certainement un des initiateurs de Nodier aux sciences naturelles ; mais ce n'est pas à lui seul qu'il faut atti'ihuer ce rôle, comme on pourrait le croire, d'après une plii-ase de M. de Gaillon [VI, 943, note 1].

Pendant longtemps, Luczot ne nous a été connu que par le titre de la Dioxertation sur le rôle des antennes, où son nom est associé à celui de Nodier, et par quelques lignes qui le concernent dans la correspondance de Nodier avec Weiss et Pertusier [VI et X].

Mais la mention sur les registres de VEcole cenlrnle du Doubs(^) d'un Luxot (sic), ingénieur, parmi les auditeurs du cours d'histoire naturelle de De Besses, la découverte de passages plus explicites de la correspondance de Nodier- Weiss, tron(iués, mal lus, ou su[)primés par M. Estignard [X],

(1) Conservés dans les Archives du Doubs et à la Bibliothèque de Besançon.

enfin rindicntiun dans le Sf)ecics de l'entomologiste Dejean [XXVIII], d\m Luczot, inijénieur en chef du Morbihan, m'ont permis de retrouver les traces de ce naturaliste et d'en établir la notice biographique (!'.

François-Marie-Julien Luczot de la Thébaudais C^) est né à Bain (Ile-et-Vilaine), le 21 septembre 1769 ; il fit ses études au collège de Rennes et entra à l'Ecole des Ponts et Chaussées de Bretagne, en 1788 et à celle de Paris, en 1792.

Le '20 fructidor an II, il recevait sa commission d'ingénieur ordinaire et était nommé en cette qualité à Besançon, oi^i il arrivait probablement en septembre 1793.

Ch. Nodier paraît s'être lié de bonne heure avec Luczot, jeune encore (24 ans) et s'occupant avec passion de l'étude des insectes ; cette liaison remonte probablement à 1794 ou 1795, car en 1796, Nodier est déjà très familier avec le jeune ingénieur ; il écrit à Pertusier « de chez Luczot » [VI, 936] ; dans une autre lettre, « Luczot n'ira pas au théâtre » ; il étudie, en 1797. les insectes de la collection Luczot, « son collaboratenr et son ami » (préface des Descriptions.... inédites); le nom de Luczot revient, du reste, fréquemment, à cette époque (1796-97, puis 1798, 1799) dans les lettres de Nodier à Pertusier [VI] et l'on y voit que le jeune ingénieur était très lié, non seulement avec Nodier, mais avec ses camarades, Pertusier, Deis, etc., appartenant presque tous, à l'association des Philadelphes qu'ils venaient de fonder (3).

1) .Je dois, à ce propos, adresser mes remerciements à M. Mouret, ingénieur en chef des Ponts et Ctiaiissées à Besançon, et à M. H. Desbordes, chef du !«■■ bureau du personnel au Ministère des Travaux publics qui m'ont très obligeamment facilité ces recherches, en me communiquant les états de service de Luczot.

(2) Fils d'un conseiller au Parlement de Rennes ; M. de Gaillon le nomme à tort, Luczot de Lesthiboudois [VI, 943.]

(3) Voy. De Gaillon ; VI, 936, 943, 948, 949 9.V2, 9.57, 961, 962, 969] : dans cette dernière lettre 10 janv. 1799), Nodier, inquiet de Luczot, réclame des nouvelles de son ami, en ce moment « au centic; d'une nouvelle Vendée ». — Pour l'histoire des Philadelphes. voy. Note additionnelle.

A cette époque, encore, plusieurs de ces jeunes gens se rencontraient au cours d'histoire naturelle professé par De Besses à l'Ecole centrale ; on lit, en effet, sur la liste des auditeurs du cours pour 1795-1796 : « Nodier jeune, Deys, LuxoT ingénieur, Ordinaire cadet, etc. » (Arch. du Doubs) ; Luczot fait en juillet 1797 le portrait de Nodier et Pertusier envoie à Luczot, la même année, l'ouvrage de Geoffroy sur les insectes [VI, 948, 949].

La collaboration de Luczot et de Nodier s'affirme en 1797 par la publication de leur Dissertation mr le rôle des antennes (Ij, dont Nodier dirigea probablement l'impression ; Luczot, venait, en effet, d'être nommé ingénieur ordinaiie dans le dépai'tement des Côtes-du-Nord cl fructidor an VI) ; en quittant Besançon, il séjournait à Paris (oi^i la correspondance Pertusier le signale à la fin de 1797 et au commencement de 1798), avant de se rendre chez lui, à Hédé près Bennes, et de rejoindre définitivement son poste.

Luczot ne devait plus revenir à Besançon et Nodier ne plus le revoir, sauf peut-être pendant leur commun séjour à Paris, sur la fin de leur vie. Dans une lettre à Weiss, du 20 juin 1812, Nodier écrit : « Luczot que je n'ai pas revu depuis 14 ans » [X, 76] ; malgré la séparation, les deux amis ne cessèrent cependant pas de correspondre fréquemment et le plus souvent sur des sujets d'entomologie.

Une lettre de Nodier, adressée en 1802. de Paris, à Weiss, contient un long paragi'aphe consacré à notre ami Thëbaudais ; ce passage a été omis dans l'édition Estignard [X, lettre VI, p. 11]: « J'ai appris avec un plaisir infini que vous aviez reçu des nouvelles de notre ami Thébaudais, car ce n'est que sous ce nom que j'en parle avec vous ! •• : le reste de ce

1 Outirard a soutenu que Luczot en était l'auteur véiitable et Nodier le simple blanchisseur [Superch. liltér , III, 337, ; nous examinons plus loin cette question (chap. VIII; et la réponse de M. de la Fi/.eliéie (Bull, du Bibliophile, mars 1857, p. 131.)

long paragraphe inédit discute une question étrangère à notre sujet, l'organisation de la société les Philadelphes.

Dans sa réclamation à propos des Eléments d'Histoire naturelle([e\)\xmév'\\( Décade 'philosophique, \^0^),Ch.'^odi\ev rappelle « la découverte de MM. Luczot de Thébaudais et Nodier. »

En 1808, dans une lettre du 30 avril adressée à Weiss, non publiée par M. Estignard, et commençant par ces mots : « Je reçois une lettre.. », Nodier lui annonce que Luczot l'invite à aller passer quelques mois chez lui (à Hédé).

Une lettre postérieure, de fin 1808 (•), de Nodier, informe Weiss qu'il va attendre son embarquement pour la Louisiane, dans la maison de Luczot. à Hédé (-).

Luczot s'est occupé beaucoup d'entomologie, sui'lout des Lépidoptères: la préfacedes Descriptions manuscrites de 1797 et les mentions c( du cabinet de M. Luczot », prouvent que Luczot avait déjà formé, à cette époque, une importante collection d'insectes; on lit aussi, dans la même préface, que les deux amis s'étaient partagé l'étude de la faune de la Franche-Comté, Nodier se réservant les Coléoptères et les Hémiptères, Luczot les Lépidoptères.

Après son départ de Besançon, Luczot continue en Bretagne, avec une grande activité, ses observations entomologiques ; une lettre de Nodier, de 1808, nous apprend que « Luczot qui a poussé au plus haut période ses recherches en entomologie, se propose de publier dans quelques années un Species plus complet qu'aucun de ceux qui existent. » [X, lettre XXI].

(1) Cf. X, lettre XXXT, p. 38; cette lettre a été éciite après la moi't du père de Ch. Nodier, par conséquent après le 9 octobre 1808.

(2) Le nnot Hédé a été supprimé dans Estignard, le copiste ayant lu « dans la maison de Leuzot ». — Hédé est un clief-lieu de canton d'Ile-et- Vilaine, à 21-24 kil. au N N.W. de Rennes, où la famille de Luczot avait une habitation; AL Durand, juge de pai.x à Hédé, n'a plus entendu parler des Luczot, depuis 1858. {In litt., 1908.)

Plus tard, Luczot paraît avoir abandonné ce projet, mais il avait pronnis sa collaboration à Nodier pour les ouvrages d'entomologie auxquels son ami travaillait dans sa retraite de Quintigny ; Nodier annonce, en effet, à Weiss, le 25 avril 1812, que Luczot lui a promis de faire les figures de son Muserim entomnlogicum l)et dans une autre lettre du 15 mai de la même année, à propos des mêmes figures, Nodier affirme « qu'il se sent en état de les faire assez proprement, si, dit-il, Luczot me les néglige » '2).

On verra plus loin (|ue le départ de Nodier pour l'Illyrie l'empêcba, malbeureusement, de terminer ces ouvrages où il se serait montré un véiilable entomoloj^iste, au sens scientifique du mot; depuis lors, le nom de TAiczot ne se retrouve plus dans sa correspondance.

Mais on le rencontre dans des ouvrages d'entomologie; le comte Dejean cite Luczot, en 1828, dans son Species des Coléoptères ({. IH, p. vi), parmi ses correspondants : « Luczot, ingénieur des ponts et chaussées du Morbihan, à Vannes, s'occupe d'entomologie et m'a donné quelques insectes de Terre-Neuve. »

Après avoir rem|i!i les fonctions d'ingénieur ordinaire dans les Côtes-du-Nord, de 1798 à 1803. Luczot avait été envoyé à Nantes, le 1"'' prairial an XF, pour diriger les travaux des ports de commerce ; puis, le 7 germinal an XII, dans le département d'Ille-et- Vilaine pour diriger les travaux de jonction de la Vilaine à la Rance ; il avait enfin été nommé ingénieur en chef du Morbihan, le 20 janvier 1819.

Luczot prit sa retraite à Vannes, le 4 juillet 1829 et vint s'installer à Paris, où il mourait le 28 novembre 1844, la même année, — coïncidence remarquable, — mais quelques

(1) Le copiste de M. Estignard a transformé les mots « quoique Luczot me les eût promises », en : « et qui m"ont été promises » fX, 124].

(2) Même transformation, par le même copiste, des mots « si f.nczot » en « si on me » : [X, 125] ; n'ayant pas su lire le nom de Luczot, et craignant de se tromper, le copiste a préféré le supprimer !

mois plus tard que Cli. Nodier ; les deux amis qui ne s'étaient pas perdus de vue, malgré une longue séparation, ont donc pu se revoir et causer, dans leur vieillesse, des recherches de leurs jeunes années; on n'a cependant pas la preuve qu'ils aient repris leurs relations pendant cet assez long séjour dans la même ville.

Le nom de Luczot se i-elrouve encore plus tard dans les traités d'entomologie : un Luczot, ofticier de marine, descendant ou pai'ent probablement de l'ami de Nodier, est cité comme ayant fait des observations intéressantes sur les mœurs des Hexodon, curieux insectes de l'Ile-de-France et de Madagascar. (\Taui'. Girard, I, -467).

Quelle a été la part d'influence de Luczot sur les éludes d'histoire naturelle de Nodier? Il me parait qu'elle a été au moins aussi grande que celle de Girod-Chantrans, mais d'une autre nature : Girod-Chantrans avait essayé d'intéresser le jeune Nodier à l'ensemble des sciences naturelles; Luczot s'était spécialisé dans celle de ces sciences que Nodier cultivait avec le plus de plaisir, rentoiuologie : ils s'en occupèrent tous deux, dans le même esprit, avec l'enthousiasme de la jeunesse et la vivacité d'imagination qui leur faisaient établir, un peu prématuiémeiit, des théoi'ies physiologiques aussi délicates que celles de Tusage des antennes chez les insectes. Des deux ouvrages scientificjues écrits par Ch. Nodier à cette époque, la Dhserlnlion est le [jroduit avoué de la collaboration des deux amis; mais l'autre, resté m;;nuscrit, les Description>i d'espèces nonvellas, iiuoique signé de Nodier seul, peut aussi revendiquer un [)eu de la [tateruité de Luczot.

§ 2. Nodier et l'Ecole centrale : De Besses

Rappelé par son père, Nodier quitte Novillars en octobre 1794 et revient à Besançon continuer ses études sous la surveillance paternelle (t).

La création de V Ecole centrale du département du Doubs, en 1795 2)^ va permettre à Nodier de compléter, en suivant un enseignement méthodiijuo, ses connaissances scientifiques, particulièrement en matlièmatiques et en histoire naturelle.

L'Ecole centrale avait été installée, [lar arrêté du 23 floréal an III ( 12 mai 1795) «lans les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites, le Lycée actuel ; l'enseignement y était donné dans dix cours publics dont les professeurs étaient : De- BESSES. pour l'histoire nalui-elle; Demeusy, les mathématiques ; Guillemet, la physique et la chimie; Briot, puis J. Droz, les belles-lettres; J.-.I. Ordinaire, la grammaii-e générale; Proudhon, la législation, etc. <^)

Nodier s'intéressa non seulement aux sciences natui'elles, mais aussi aux mathématiques; il écrit à Pertusier : « Deis travaille à l'histoire naturelle et il pourra bien èti'e un Pline quand je serai un Newton » ( \'1, 942) ; et plus tard, le 20 nivô.se an Vil: ((j'apprends les iiKithémali(jues et mon arithmétique est déjà finie » (VI, 969.)

(tj Des biographes le font envoyer à ce moment à Strasbourg, pour y apprendre le grec sous la diiectiou du fougueux terroriste, l'ex-capucin Euloge Schneider ; d'autres placent ce voyage, à la fin de 1703; cl. Nodier, Euloge Schneider léd. Heuduel, Ylil p. 52, 57, 67) ; M"'" Mennessier- Nodier, Vlll, 20 ; M. Michel Salomon. XIX. t5 et note (>), p. 18.

(2) Les Ecoles centrales ont été créées pai- décret de la Convention du 25 février t795 ; voy. Droz, XXXVI, 51

(3) Les biographes de Nodier ne citent ordinairement que J Droz. son parent, parmi ses professeuis à lEcole centrale ; voy. M""^^ Mennessier- Nodier, Vlil. 33, etc.

Mais c'est renscignemciil de Debesses et son influence sur Nodier que nous devons examiner .-in tout dans cette étude sur Nodier naluraliste.

La commission tle l'Ecole, dont Giiod-Chanlrans taisait partie, avait eu beaucoup de peine à trouver un professeur d'iiistoire naturelle ; le seul candidat qui s'était présenté au concours, le 4 pluviôse an III, le citoyen Léglise, avait été jugé insuffisant; un autre inscrit avait fait défaut; devant celte disette de candidats, le jury avait cru devoir demander un professeur au Ministre de l'Intérieur qui lui désigna Jean- Antoine Debesses, professeur à l'Institut de Paris, comme très capable de remplir ces fonctions (1; ; le jury accepta cette proposition et Debesses fut ainsi nommé, sans concours, professeur d'Histoire naturelle (^13 floréal an IV— 'J mai 1796.)

Jean-Antoine de Glo de Gesses dit Ghonel, était un personnage très remuant, d'un caractère bouillant, courageux et actif, — nous apprend une biographie manuscrite (2), — et dont l'existence a été, en eflet, très mouvementée; né le 15 octobre 1754, à Besses, commune de Silhac (Ardèche), il tait ses études classiques chez les Jésuites au collège de Tournon ; embrasse d'abord la carrière militaire, puis l'état ecclésiastique (1780); à la Révolution, partisan des nouvelles idées, il renonce à la prêtrise (en 1792) et se retire à Besses; la tourmente un peu apaisée, il vient à Paris, vers 1795, où il professe, comme il a été dit, plusieurs cours à l'Institut ; il séjourne ensuite à Besançon, comme professeur à l'Ecole centrale, puis comme procureur général du Lycée, de 1796 à 18(J4; en février 1«(J4, il rentre dans la carrière ecclésiastique, comme aumônier du Lycée de Versailles, puis comme

(I) « Ce citoyen avait professé le commerce et l'agriculture à l'Institut de Paris et avait des attestations des professeurs les plus instruits d'histoire naturelle, de cliimie et de minéralogie. » (Lettre du Ministre de l'Intérieur ; Archives du Doubs, liasse L, 38(i .

[2j Connnuniquée par des inemljres de sa famille (i/t lilL, 1895j.

curé de Viroflay (Seine-et-Oise) où il meurt, le 28 avril 1825. (*) De Besses, très zélé, très actif, s'occupa beaucoup de son enseignement à l'Ecole centrale et de l'organisation du jardin botanique qu'il avait installé dans une partie des jardins du Collège (2.

Son cours, bisannuel, qui avait lieu tous les jours pairs, à 10 heures du matin, et les démonstrations au jardin botanique qui le complétajent, avaient obtenu un grand succès ; Droz en donne l'attestation suivante.

L'enseignement de Debesse était aussi agréable que compréhensible, et ce gem'e de mérite lui attirait de nombreux auditeurs. Ses leçons avaient lieu le plus souvent en plein air, en face de la nature, selon l'expression de François Xeufchàteau. La minéralogie et la zoologie lui étaient moins familières que la botanique; aussi celte dernière science faisait le sujet piùvilégié de ses travaux Au jardin botanique, il montrait la certitude de l'observateur sérieux. Dans sa ciiaire, la parole et le crayon suppléaient à l'absence de la nature, et, dans les deux cas, ses exposés comme ses discussions brillaient par la logique, autant -que par l'élégance et la clarté. Il pi'ofessait avec goût, et son zèle témoignait d'un grand amour de la science. Ce sentiment se manifesta de la façon la moins équivoque dans les lalteurs qu il entreprit pour met lie son appai'eil de culture au niveau de son enseignement. .Mais ses soins écliouérent devant l'indillérence el les mescjuines économies de l'administration. (3)

Le cours était aussi complété par des excursions botaniques M ; ajoutons que De Besses avait préparé une Flore du

(I). le donne une Notice biographique plus complète de De liesses dans mes Botanistes franc- comtois (en préparation).

(2) Voyez sur ce Jardin botanique Oroz, XXXVi, t. II, p 104-11)8 el Archives du Doubs. liasse L, 386 ; voy. aussi mon Histoire des jardins botaniques de Besançon (en préparation, et dans Soc. Einul. du Doubs, iSOO. -1895 (9 fév ), 19U5. etc.

(3) Droz, XX.Wl p. 1 15-110. Voy. aussi le Plan d' Enseignement que De Ijesses a publié, an IX [Cours d'Histoire naturelle, p. 1(J à iGj.

(4) Voy. Dii DessilS, Plan d'Enseignement..., an IX, p 12.

départemenl du Doub», d'uprès l'Iierbier tlo Girod de Cliantrans, mais cet ouvrage n'a pas été publié.

Tel est l'eiiseigneinenl que Nodier suivit à l'Ecole cetitrale et donld prolita assurément, bien que sa spécialisation précoce dans l'entomologie, — science moins familière à De Basses que la botanique, — ne lui permit peut-être pas d'en retirer le même prolit. Au surplus, on a conservé le souvenir du brillant examen que Nodier soutint à la lin de son année d'études.

L'élève le plus distingué de son cours était Cli. Nodier. Dans le premier compte rendu des examens pidjUcs, il avait émis en entomologie des opinions tellement savantes ou avancées, que le jury, dans l'emliurras, ne put les accueillir que sous réserves. 11 est juste d'ajouter qu'il devait cette supériorité aux soins particuliers de Girod de Ghantrans. (XXXVI, 116, note.)

Ne conviendrait-il pas d'y associer le nom de Luczot, son collaborateur, son ami, son condisciple, puisqu'il suivait aussi les cours de De Besses? Voici, en etï'et la liste des auditeurs, conservée dans les Archives du Doubs.

Levasseur, directeur du génie ; Giraud, oliicier du génie; Dangel, adjoint du génie ; Luxot (sic), ingénieur ; Compagnie, Petitpierre, Ordinaire cadet, Gardet, Loriot, Cbarles, Plantain, Clerc, ot'liciers de santé; Dey (sic), Nodier jeune, Camus, France, Guillaume, Matliieu, Perrin, Ménétrier, Piosl, Besson, étudiants, Le Cloux, élève médecin.

OuDiNAïKb: cadel est Désiré Oi'dmaire (1773-1847, qui l'ut protésseur d'bistoue nalurelle à la preunère Faculté des sciences de Besançon (1810-1815);

Loriot est probablement Pierre-Alexis Loriot ('1753-1823), médecin, pharmacien, botaniste, dont nous parlerons dans nos BoLanUtes bisontints.

Un a vu plus haut (ju'un autre camarade et ami de Nodier, Deis, étudiait aussi avec passion riiistoire naturelle.

En résumé, Nodier doit moins à De Besses qu'à Girod de Chantrans et qu'à Luczot ; De Besses était surtout botaniste ; et si Nodier profita des leçons de l'Ecole centrale dans cette branche île l'histoire naturelle pendant ses excursions dans les Vosges et le Jura, pendant son professorat à Dole, et dans ses promenades aux environs de Paris ou dans son voyage en Ecosse, il délaissa assez tôt la botanique pour s'intéresser presque exclusivement à l'entomologie.

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