X AVANT-PROPOS
science et le culle des monuments antiques, » a inspiré à mes contemporains des études et des ouvrages dignes des encouragements d*un autre François P''(l), je n*étais pas le seul enfant d'Arles à qui un père ou un oncle lettré disait quelquefois en montrant du doigt la butte dcsMouleirès et la chapelle Saint-Pierre : « G*cst derrière cette chapelle que s'éclipsa le général de rEmpereur.»On pourra voir dans TAppendix pourquoi celte première leçon d'histoire me fut peut-être répétée plus souvent qu*à d'autres. J'y rejette un fragment d'autobiographie auquel je ne voudrais pas donner une importance exagérée, quoiqu'il se fonde pour uioi sur dos preuves morales en même temps que sur des témoignages matériels. J'y ai déjà fait allusion plus d'une fois dans les ouvrages — (trop nombreux, hélas!) — que j'ai successivement publiés depuis trente ans, soit avec mon nom, soit avec des pseudonymes.
J'étais bien loin de penser, en commençant ces études , que Charles- Quint y jouerait le beau rôle, et que mon impartijalité me forcerait de tirer parfois à boulets rouges sur François h^ On en sera encore fort surprisdansma ville natale, et je risque d'y perdre tout-à-faitma nationalité, tant a le père des arts et des lettres » y est resté populaire, depuis que le Père Bovis, falsîGant l'histoire, imprima sérieusement que a François vint en personne empêcher Charles de passer la Durance, alla chasser les Espagnols de Rome et délivra Clément YII de sa prison, etc.» (2).
Oui, moi aussi, nourri des souvenirs que je viens d'évoquer, moi aussi, sous l'innuence de la tradition domestique , comme Arlésien et comme Français, je me croyais né, pour ainsi dirc^ l'ennemi personnel de Charles- Quint. Sans doute, je n'avais pas appris l'espagnol exprès pour chercher des armes contre lui, mais je me félicitais de pouvoir plus facilement eu trouver en consultant les documents écrits dans la langue de Cervantes. Les idées libérales s'emparant de moi, sous la restauration, comme de la plu* part dos jeunes adeptes de la politique, j'avais d'abord choisi pour sujets de mes premiers tableaux d'histoire l'insurrection des Comuneros et le double épisode de l'invasion de la Provence par Charles-Quint. Si j'^avais publié ces travaux à l'époque où je les annonçai comme sous presse sur la couverture d'un autre ouvrage, le lecteur eût entendu gronder dans la préface et dans le volume, le canon du siège de 1536. Je suis,
(1) J'aime à signaler ici les excellentes études archéologiques de mes compa< triotes Honoré Clair, Jacquemin, Estrangin, etc., etc.
(2) Voir la Couronne royale des rois d'Arles^ par le révérend père Bovis, page 686.